The Hauting Melody (la Mélodie Fantôme) au Nouveau Théâtre de Montreuil

 
 
 

The Hauting Melody (la Mélodie Fantôme)

Conception et mise en scène Mathieu Bauer

Avec Mathieu Bauer, Thomas Blanchard, Sylvain Cartigny, Matthias Girbig, Pauline Sikirdji, Kate Strong

au Nouveau Théâtre de Montreuil du 22 janvier au 14 février 2015

The Haunting Melody

Tiens, et si on faisait du hors sujet et qu’au lieu de parler de cinéma ou de séries, je vous parlais de théâtre, de mémoire, de musique et de moi?

Pourquoi? Parce que ce soir, j’ai vu une pièce de théâtre qui s’appelle The Haunting Melody mise en scène par un certain Mathieu Bauer, et je suis rentré chez moi la tête plein de frissons, de pensées et de souvenirs.

Je ne vais pas assez au théâtre à vrai dire, je n’ai pas le réflexe d’y aller alors que j’adore ça, j’adore en lire, j’adore à chaque fois que j’en vois. J’aime et apprécie la profondeur qu’on ne peut pas retrouver au cinéma par exemple, l’interaction entre les gens qui nous offrent le spectacle et le public, ce silence palpable qu’il y a par opposition à ce qui se passe sur scène, ou le fait de savoir que les acteurs m’entendent rire quand je ris me fascine.

Bref, je suis en train d’enfoncer des portes ouvertes, mais je suis comme ça, un peu comme un chiot, je m’émerveille de tout et remue la queue à la moindre occasion. Parlons donc de cette pièce en particulier.

Je ne savais absolument pas de quoi ça parlait en allant la voir, je savais juste que ça parlait de musique et d’horreur. En entrant dans la salle, je me suis assis et après quelques minutes, la lumière s’est allumée sur la scène, présentant un décor de studio d’enregistrement. Avant même qu’un mot ne soit prononcé, on est déjà dans la mise en abîme.

Un personnage apparaît et nous informe que nous sommes dans le studio d’enregistrement de la bande son d’un film d’horreur, et que cet enregistrement se fait depuis 10 jours déjà avec la présence du compositeur, de l’ingénieur son, du réalisateur, de la chanteuse/pianiste, l’acteur et l’actrice principale.

Le décor est posé, l’ambiance aussi.

Parlons en de l’ambiance: j’ai pensé sans cesse à cette harmonie entre les différents arts, j’ai beaucoup pensé à De Palma en fait. Au début parce que ça m’a rappelé la prémisse de Blow Out où Travolta doit trouver le cri parfait pour un film d’horreur fauché, puis petit à petit, ça s’est approché de plus en plus de Phantom of the Paradise parce que clairement, quelque chose hantait ce lieu où les protagonistes se trouvaient. Ce qui les hantaient, c’était les mélodies de leur passé.

Et voilà, on a là le cœur du sujet, cette mélodie qui hante, celle promise par le titre de la pièce.

Parce qu’après avoir suivi les personnages commencer une journée de travail relativement classique, nous apprenons que l’Actrice est à la recherche d’un air qui l’a obsédée il y a un temps mais dont elle ne se souvient plus, ne sait plus comment ça s’appelle et ne sait plus le fredonner. Cet air inconnu va parasiter le bon déroulement des choses comme une bonne chanson pop parasite notre esprit.

Alors qu’elle recherche sa madeleine, nous verrons tous les autres protagonistes se souvenir d’airs qui leurs trottent dans la tête, les chanter avec amour ou machinalement parfois. Mais c’est hyper bien joué, chanté, et la communication avec l’audience est clairement là. Si bien qu’à un moment, on nous a demandé de chanter la chanson qu’on avait dans la tête là, à ce moment précis afin d’aider l’Actrice à trouver son air.

A travers cette histoire, on a presque un traité philosophique qui parle du rapport de l’Homme à la musique, et surtout à la musique populaire, la musique facile. On nous donne des pistes sur la raison qui fait qu’on aura plus souvent Toxic de Britney Spears en tête plutôt que Triggerfingers de John Zorn, ou sur la manière dont la musique qu’on écoute et dont on se souvient fait de nous qui on est.

La pièce parle de ce qu’on ressent quand une chanson qui nous obsède nous quitte puis finalement, par le plus grand des hasards, nous revient.

Sauf qu’une fois revenue, on veut la faire fuir, encore.

Le propos est simple mais puissant, et malgré un tout petit ventre mou, il est passé à son public avec brio. J’ai été conquis par la mise en scène, le jeu absolument dingue des acteurs et la manière d’utiliser le décor, le son et la chanson.

C’est une œuvre complète que signe ici Mathieu Bauer, et je lui souhaite d’en signer plein d’autre des comme ça!

J’aurais bien été tenté de vous raconter la fin, mais au cas où vous réussissez à voir la pièce avant le Dimanche 15 Février 2015 (la dernière étant le 14), je n’aimerais pas vous gâcher la surprise.

D’ailleurs, en parlant de mélodie qui hante, je me rends compte que je me sens pareil en sortant du théâtre, et aujourd’hui plus que les autres jours, parce que je ne sais pas si un jour je reverrai cette pièce, si elle sera rejouée, mais elle se joue dans ma tête et je sais que j’y penserai souvent et longtemps, même si j’en oublierai peut être le titre.

Merci d’avoir pris le temps de me lire les enfants, je vous fais tous des gros poutous et je vous conseille VIVEMENT de vous ruer sur cette pièce géniale qu’est The Haunting Melody, ça pourrait, comme le dit l’affiche, changer votre manière d’écouter de la musique.

Skreemer

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About Skreemer

Comme le dirait son bon pote Brassens, « Autrefois, quand j’etais marmot, J’avais la phobie des gros mots, Et si je pensais «merde» tout bas, je ne le disais pas… Mais Aujourd’hui que mon gagne-pain c’est de parler comme un turlupin, Je ne pense plus «merde» pardi ! mais je le dis. » En plus de tout ça, Skreemer a un goût certain pour la bagarre verbale avec les cons, les livres, les films et les bandes dessinées. Ses biscuits préférés sont les Hello Kitty à la fraise et il a toujours du Coca-Light et des clopes chez lui au cas où une demoiselle passerait. Par contre, il fait de longues phrases sans fin, avec plein de virgules dedans et n’aime pas les tomates. De plus, il est petit en taille et compense en utilisant du verlan.