Critique: La Dernière Piste

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Meek ‘s Cutoff

De Kelly Reichardt

Avec Michelle Williams, Paul Dano, Bruce Greenwood, Will Patton, Zoé Kazan

États-Unis – 2011 – 1h44

Rating: ★★★☆☆

2

Un convoi de trois roulottes part pour l’ouest américain. Mais dans un passage par les montagnes des Cascades, les voyageurs se retrouvent isolés et perdus dans un désert de pierre…

Kelly Richardt est une réalisatrice intrigante. Pas vraiment connue ni de vraie de notoriété. Pourtant, c’est une véritable course de fond qu’elle a entamé depuis son troisième long-métrage Wendy & Lucy, road movie d’une fille et d’un chien. Quant à son dernier film, Night Moves, il est en critique sur notre site. Entre temps, il y eût La Dernière Piste, film de genre comme les deux autres, un western précisément. Il y a une volonté de capter les grands espaces, des plans d’ensemble ou de demi-ensemble fixes, d’un point de vue assez lointain. Cela amène à percevoir les personnages comme des fourmis, le film propose d’ailleurs peu de dialogue pour privilégier une certaine forme de silence. Alors il est travaillé du mouvement dans le plan, notamment des traversées entières du cadre, questionnant les concepts de direction et d’orientation et les figures de frontière et de territoire (indien?). Tout nous suggère alors une réflexion sur le mythe de l’Eldorado. Ajoutons à la mise en scène la puissance solaire (chaleureuse au sens littéral et sec), alterné par un éclairage de nuit à la bougie ou au feu de camp.

Et qui dit voyage, dit rencontre. Qui dit rencontre dit altérité. Qui dit altérité dit communication. Malheureusement, elle est impossible entre les voyageurs blancs et l’indien nomade. Donc l’entre-apprivoisement se fait par la violence (la captivité) puis par la gentillesse (le personnage d’Emily Tetherow). De là se pose l’interrogation de quel côté est la barbarie et la sauvagerie (le personnage du trappeur Stephen Meek)… Mais il y a aussi une opposition entre le monde des hommes (tantôt à cheval, tantôt flânant mais pas vraiment des cowboys) et celui des femmes (se disant travailler comme des « niggers », traduit en français pas esclaves, pas vraiment des gente dames). Et finissons par la dramaturgie de la nature: la représentation magnifique de l’eau (courant, fleuve), de la prairie et des minéraux, laissant peu à peu place à une végétation dense, foisonnante et sauvage, au sable, à la poussière, enfin au désert aride et rocailleux.

3

La dernière scène du film (Tree of life ou Tree of death) nous confirme que Kelly Richardt est intéressante surtout par sa filiation avec Tommy Lee Jones (3 enterrements et The Homesman), Jim Jarmusch (Dead Man ou The Limits of Control) et le grand Wim Wenders (Paris, TexasLes ailes du désirDon’t come knocking) avec ce western crépusculaire et métaphysique, de même que ses deux autres films cités. Mais elle me reste toujours intrigante…

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…