Critique: Beyond the Black Rainbow

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Beyond The Black Rainbow

De Panos Cosmatos

Avec Michael Rogers, Eva Allan, Scott Hylands, Marilyn Norry

Canada – 2010 – 1h50

Rating: ★★★★☆

BEYOND THE BLACK RAINBOW

Années 1980, dans les sous-sols hypra-perfectionnés d’une Fondation new-age, autrefois régie par son mentor le Dr Alboria (aujourd’hui un vieillard à l’article de la mort), le Dr Barry Nyle conduit dans le plus grand secret des expérimentations sur une jeune fille chez qui il pressent des facultés psychiques hyper-développées.

Les puristes seront certainement ravis, toutefois le film s’écroule parfois sous le poids de ses abondantes citations. Mais qu’importe, il aura eu le mérite de pointer habilement l’irruption progressive de l’expérimental et du transgressif (attention, pour ce dernier j’irais pas crier au déballage non plus) au sein du cinéma mainstream et que les tendances actuelles continuent de conforter aujourd’hui, voir par exemple le succès du Found de Scott Schirmer. Dans une démarche somme toute assez similaire au duo français Cattet/Forzani, transposée dans le cadre de la science-fiction, le film en vient progressivement à renouer avec la fibre des premiers films de David Cronenberg, ce qui en soi est déjà un mélange des plus savoureux : on insiste sur le chromatisme, la spatialisation, le temps réel pour littéralement se retrouver dans l’antichambre de Scanners. Quiconque avait tripé à l’annonce du projet de remake de L’Age de cristal par Nicolas Winding Refn trouvera certainement son compte avec le film de Cosmatos (j’avais besoin de le dire, ne serait-ce que pour être sûr que ce nom est bien réel) car il anticipe avec élégance l’atmosphère et les fulgurances d’un film comme Only God Forgives, convoquant même dans le mouvement la propre influence de Refn, le cinéma d’Alejandro Jodorowsky.

En ce qui concerne la suite, et qui m’aura sans doute déstabilisé, se succèdent plusieurs séquences un peu plus grand public où on se croirait davantage dans Les Chroniques de Riddick, voir même Star Wars (ce qui chavire toujours un peu les tripes quand on vient de citer William Burroughs la minute précédente) tout en se reposant allègrement sur un hommage martelé au Blade Runner de Ridley Scott. Le film basculera définitivement dans un tout différent registre dans sa dernière partie, convoquant cette fois aussi bien Lynch que Clive Barker, et peut-être même bien Philippe Grandrieux. Quelque soit les registres abordés, on notera absolument le soin apporté à l’aspect plastique, qui soutenus par la notion de temps réel et la présence de dialogues réduits au minimum, invitent absolument à l’immersion sensorielle. L’approche globale éminemment esthétisante entretient la nature un peu protéiforme du tout et permet allègrement de circuler entre tous les différents registres, y compris la comédie ainsi que comme évoqué plus haut, le transgressif. Oh presque rien. Une surexposition qui noie littéralement l’écran d’où surnagent quelques silhouettes en fusion, quelques bandages ensanglantés. Dans un tout autre film, des éléments que l’on regrouperait sous le terme de «préliminaires»… Beaucoup d’éléments en somme, intégrant aussi bien des tendances des plus contemporaines sans avoir renoncé pour autant aux canons d’un « cinéma fantasmé », idéal, s’imposant du même coup comme vrai « cinéma du fantasme » .

Oui, il y a un côté démo indéniable, mais révélateur d’une maîtrise certaine, et surtout pleinement assumée comme vient le confirmer le final. On se sent comme au sortir d’un sympathique tour de manège, Panos Cosmatos (à mon avis, c’est un pseudo pour dissimuler un Collectif. Comme pour Shakespeare, c’est pas possible autrement…) semble décidément un réalisateur bourré de potentiel à surveiller. Reste à savoir s’il ne restera pas embouteillé dans les sillages de Duncan Jones ou de Brandon Cronenberg, condamné à répéter ce qui fait sa singularité plutôt que porté et soutenu afin de la déployer mieux, et frôler ainsi le vif-argent..

                                                                                                                                                                                                                                                                                          Nonobstant2000

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