Critique de La Planète des singes : L’Affrontement

VN:F [1.9.22_1171]
Notez ce film
Rating: 3.0/5 (2 votes cast)

.

Dawn of the Planet of the Apes

De Matt Reeves

Avec Andy Serkis, Jason Clarke, Gary Oldman, Keri Russell, Toby Kebbell et Kodi Smit-McPhee

Etats-Unis – 2014 – 2h10

Rating: ★★★★☆

L’Humanité a succombé à la pandémie de la grippe simiesque et la Nature a repris ses droits. Il reste quelques survivants mystérieusement immunisés qui se sont regroupés en ville mais leur réserve d’électricité va bientôt s’épuiser. Leur seul salut serait de réparer un barrage électrique situé dans la forêt. Seul hic : la forêt est le territoire des singes mutants menés par le brave César. Une entente singes/hommes sera-t-elle possible ?

Trois ans après l’admirable reboot  de La Planète des singes, César et ses potes poilus sont de retour sous la direction du sympathique Matt Reeves (Cloverfield, Let Me In). Précédé d’un buzz affolant sur la geekosphere anglo-saxonne (« le blockbuster de l’été » lu un peu partout), ce nouveau volet entre enfin de plain-pied dans son décorum post-apocalyptique (magnifiques décors mêlant végétation sauvage et ruines du monde occidental) et de pousser un peu plus loin ses réflexions sur les droits des animaux (et des grands singes en particulier) tout en abordant enfin une portée pleinement écologique.

Dans le documentaire Koko le gorille qui parle (1978), Barbet Schroeder présentait le travail de Penny Patterson, une étudiante en psychologie de San Francisco qui a fait apprendre le langage des signes à un gorille (c’est La Planète des singes : Les Origines, mais en vrai). Au final, le singe pouvait communiquer avec les hommes en utilisant 350 mots. Une méthode déclinée ensuite sur un autre gorille, Michael. Bon, faire parler des singes, ça demande un temps monstre et donc, énormément d’argent, mais l’expérience a prouvé qu’un gorille avait une psychologie, des souvenirs, des joies, des peines et pouvait soutenir une conversion simple avec un être humain. Quand on sait qu’on a plus de gênes en commun avec un chimpanzé qu’un éléphant d’Afrique n’en a avec un éléphant d’Asie, on peut donc envisager de considérer les grands singes (gorilles, chimpanzés, orangs-outangs, bonobos, soit les espèces représentées dans la franchise) comme une branche primitive de l’Humanité. C’est ce que soutient l’organisation Great Apes Project qui souhaite leur faire acquérir des droits. Et c’est un peu l’idée générale qui soutient toute la franchise depuis son heureux reboot.

Retrouvant la dimension épique du somptueux final du pont de San Francisco du précédent film pour la maintenir sur la totalité du métrage, La Planète des singes : L’Affrontement en donne copieusement pour son argent. Appuyés sur des CGI parfaits, les séquences fantastiques mémorables se succèdent dans un crescendo qui file le tournis, encadrées par le plan facial de César (Andy Serkis encore une fois génial dans l’exercice de la performance-capture) qui ouvre et referme le film. La psychologie des singes aperçus dans le premier volet est elle-aussi poussée (le violent bonobo Koba, l’orang-outang lettré Maurice), presque au détriment des humains, partagés entre humanistes, connards et  prosaïques. Le scénario évite cependant le manichéisme écologique entre vilains humains et gentils singes en mélangeant les données subtilement avec, d’un côté, des humains confrontés à des nécessités énergétiques, et de l’autre, la folie despotique de celui qui se croit surpuissant (en bonobo armé, Toby Kebbell égale Andy Serkis).

Supérieur au précédent volet, La Planète des singes : L’Affrontement gagne en spectacle ce qu’il perd en émotion. C’est généreux, peut-être trop  mais on ne viendra pas s’en plaindre pour autant  tant Matt Reeves fait un honnête travail, parsemé de scènes bien sympas (Koba s’emparant des armes, la prise du tank filmée de la tourelle, le combat final…) et les acteurs, perf-capture ou pas, restent au diapason. On attendra de voir Les Gardiens de la galaxie pour statuer sur le blockbuster de l’été mais ce nouvel effort simiesque est des plus convaincants.

 

The Vug

Partager cet article
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • email

About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».