Critique de Night Moves

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Rating: 5.0/5 (1 vote cast)

 

Night Moves 

De Kelly Reichardt

Avec Jesse Eisenberg, Dakota Fanning, Peter Sasgaard, Alia Shawkat

Etats-Unis – 2013 – 1h47

Rating: ★★★☆☆

Josh, jeune idéaliste travaillant dans une ferme agricole et solidaire, est convaincu que les actions coup de poing au nom de l’écologie (à la Greenpeace) peut mener les gens à la réflexion. Au contact d’activistes, il décide de franchir un cap, détruire un barrage, avec un comparse de longue date, Harmon, et une jeune première ayant quitté son milieu bourgeois et yuppie de New-York, Dena…

« L’Homme est devenu esclave du monstre qu’il a engendré ;
Cette entité infâme que l’on nomme le progrès.
Mauvaise idée. »

Ces vers, tirés du poème signé Panda Triper Weed, ciblent le constant central du film : le progrès a des limites car il est en train de provoquer des désastres écologiques ainsi qu’une crise économique et sociale. Un nombre croissant de documentaires attestent de ce phénomène (du Syndrome du Titanic de Nicolas Hulot, à Home de Yann Artus-Bertrand en passant par la filmographie de Ron Fricke). Le film propose d’ailleurs une séquence où des activistes participent à une projection de ce genre en présence de la réalisatrice. Cette dernière a peu de répliques mais elles font sens car, au même titre que l’ex-leader Damon Albarn déclarant « qu’il ne reste qu’un vrai choix politique pour le citoyen : acheter sa viande chez le boucher ou au supermarché » (en clair choisir ses produits de consommation en fonction de leur origine), elle « croît aux petits projets car les gros projets ne font qu’alimenter ce problème généralisé et mondialisé ». En effet, la problématique du film est de savoir comment vivre autrement quand le mode de vie générale et majoritaire ne nous plaît pas. Voire qu’on le trouve néfaste et dangereux.

Est-ce qu’en 2014 l’activisme radical fait encore foi d’argument efficace et suffisamment visible pour amener à des prises de conscience « que les gens se réveillent et réfléchissent » ? On peut regarder les résultats chez les Femen… Kelly Reichardt compose donc un drame paranoïaque, commençant dans les tourments des personnages préparant l’action , tout autant que dans la culpabilité qui en résulte. D’une réalisation simple, à la lumière naturelle, toujours égale, nous avons droit à une dramaturgie de la nature : elle est tantôt domptée, tantôt admirée et tantôt surgissante (la biche agonisante enceinte qu’on écarte juste de la route…). Mais la réalisatrice américaine semble aimer le silence et les non-dits. Par conséquent, ce sont les corps du trio écolo-terroriste qui les trahissent et parlent pour eux : de l’urticaire ou les mains abîmés par l’agriculture. A cela s’ajoute une mention particulière pour Jesse Eisenberg car on ne pas faire plus taiseux.

Une fin surprenante, un sentimentalisme étouffé et des couleurs aux tonalités sombres pour ce long-métrage qui nous rappelle, encore et encore, que changer le monde commence par changer soi-même.

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…