Critique de Real

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Riaru : Kanzen naru kubinagaryû no hi

De Kiyoshi Kurosawa

Avec Takeru Satô et Haruka Ayase

Japon – 2013 – 2h07

Rating: ★★☆☆☆

Atsumi, une jeune mangaka, est dans le coma après une tentative de suicide. Voulant comprendre les raisons de son geste, son compagnon Koichi participe à un programme expérimental qui va le faire entrer dans le subconscient d’Atsumi. Plongée dans l’univers mental de sa bien aimée, Koichi va devoir résoudre une énigme qui le concerne directement.

Après la série Shokuzai, le réalisateur japonais Kiyoshi Kurosawa (Cure, Pulse) signe son retour cinématographique avec cette adaptation du roman The Day of the Perfect Plesiosaur de Rokurô Inui. Faut-il voir dans le fameux animal préhistorique de l’histoire (le plésiosaure, plus connu chez les cryptozoologues sous le nom de monstre du Loch Ness) une métaphore émouvante du retour de l’un des grands noms du cinéma fantastique japonais contemporain ? Pourquoi pas. La fusion des esprits étant dans l’air du temps (Vanishing Waves, Upstream Color et même Pacific Rim), on avait donc toutes les raisons d’être curieux pour ce nouvel effort de Kiyoshi Kurosawa, déjà précédé de critiques dithyrambiques.

Quand les ingrédients sont bien dosés, la SF et la romance peuvent donner des films bouleversants (La Jetée, Code 46, Eternal Sunshine of the Spotless Mind). Dans Real, il est bien difficile de s’émouvoir pour ses deux personnages tant ils sont réduits à leur plus simple fonction scénaristique (ils auraient pu être frère et sœur que cela n’aurait en définitive pas changé grand chose). Ne cherchant pas vraiment à rentrer vraiment dans leur intimité, l’histoire se concentre essentiellement sur une succession de retournements de situations assez prévisibles mettant en jeu les questionnements de la réalité des deux personnages dans une première moitié de film particulièrement soporifique qui va même inutilement lorgner vers l’épouvante (ces morts-vivants qui ne servent pas à grand chose…).

Heureusement que Kiyoshi Kurosawa redresse le tir une fois le pot aux roses à la con de l’histoire dévoilé. Il faut ainsi végéter pendant plus d’une heure avant que le réalisateur ne se concentre enfin sur son vrai sujet, la perte de l’innocence enfantine, culminant par l’affrontement du plésiosaure cité plus haut lors d’une magistrale séquence qui justifierait à elle-seule la vision du film. Visuellement splendide, Real aurait largement gagné à être plus concis, plus direct dans son propos. Reste un film geek qui, s’il n’est pas sans intérêt, se révèle bien trop mièvre pour susciter une réelle adhésion de ma part.

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».