Critique de La Stratégie Ender

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Ender’s game

de Gavin Hood

Avec Asa Butterfield, Harrison Ford, Hailee Steinfeld, Ben Kingsley

Etats-Unis – 2013 – 1h54

Rating: ★★★☆☆

 

La Terre a subi une invasion extraterrestre, les doyrphores. Ce sont des créatures ressemblant à des insectes, des fourmis précisement,  en quête de colonisation de planètes pour y extraire l’eau. C’était il y a 50 ans, depuis les terriens se préparent à l’éventualité d’une prochaine guerre. Par conséquent des enfants sont triés sur le volet pour être enrôlés, dont un très jeune, Andrew Wiggins dit « Ender », étant le troisième enfant d’une famille dans une société où on en tolère que deux…

Adaptation d’une dystopie où le héros n’a pas atteint la puberté, mais va vivre le passage à l’âge adulte en un rien de temps, le réalisateur, tout comme l’écrivain, explore le ludisme spatial. Il y a d’abord cette apesanteur n’apparaissant jamais comme un danger ou une angoisse (contrairement à Gravity) et les simulateurs de combat dans l’espace ressemblant à des jeux vidéos, en même temps, le jeu vidéo le plus abouti est un jeu de guerre très réaliste, la franchise Call of Duty. Mais ce n’est le seul jeu évoqué: il y a le Role Playing Game (Final Fantasy ou Zelda sont les meilleurs exemples) pour l’interaction entre Ender et son ancienne vie ou le Space Invader, un des premiers jeu vidéo de l’histoire. En clair on mise sur le ludisme pour cacher la dureté de la réalité de la guerre face à des êtres qu’on ne comprend pas et qui ne nous comprennent pas. À cela s’ajoute ma grande déception du film qui sont les combats entre équipes à l’école militaire, un espace sans gravité où des équipes casquées et armées de pistolet paralysant se battent avec comme obstacles ou boucliers des blocs rectangulaires dans la zone de combat. Ayant lu le livre, je trouvais que c’était la plus grande difficulté de réalisation avec la fin assez floue (je ne dirais rien..), je suis resté sur ma faim, on ne voit qu’un entraînement et deux combats.

Viens alors ma seconde déception, qui est l’ambiance ou l’atmosphère du livre mal retranscrite. En effet le livre en plus de la réflexion sur le monde virtuel et la politique (c’est là qu’auraient dû intervenir les frère et soeur d’Ender), recrée un entraînement proche du Full Metal Jacket de Stanley Kubrick chez des enfants. Ender s’est mis à dos tout le monde afin de devenir le meilleur, le guerrier parfait. De ce point de vue, Gavin Hood, sud-africain comme Neil Blomkamp, réfléchit sur les enfants soldats en Afrique, la question de l’enrôlement évoqué par le personnage du Major Anderson jouée par Viola Davis : « Avant, enrôler un enfant de 15 ans était un crime, maintenant ils n’en ont même pas 12! ». Pourtant la question peut être posée : la meilleure façon de créer un guerrier parfait n’est-il pas de le préparer dès son plus âge? L’âge de la raison? Néanmoins, il y a une surprise, car le metteur en scène évoque en filigrane la question de la nouvelle arme militaire à la mode: le drone, diriger un avion-missile avec une vision thermique n’importe où en étant n’importe où. Les Américains l’ont développé dans les guerres d’Afghanistan et d’Irak, malheureusement les visions sur ces territoires n’étant pas totalement fiables, il y eût de nombreux dommages collatéraux dûs à de mauvais jugements, ce qui a amené Barack Obama à faire des excuses publiques au sein de ces populations. Mais cette idée n’apparaît qu’à la fin…

Pour ceux qui ont lu le livre, le film apparaîtra trop condensé voire trop catalogue, pour les autres ce sera un divertissement sympa dans une année riche de science-fiction que The Vug analysera avec brio et précision.

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…