Critique d’American Nightmare

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Rating: 2.5/5 (6 votes cast)

The Purge

de James DeMonaco

avec Ethan Hawke, Lena Headey, Edwin Hodge , Rhys Wakefield

Etats-Unis – 2013 – 1h25

Rating: ★★☆☆☆

Depuis quelques années, la plupart des films d’Horreur sortant en salles sont estampillés « Par les producteurs / créateurs de Paranormal Activity » . Les fameux producteurs / créateurs cachent en réalité Jason Blum, tête pensante  de Blumhouse Productions, à qui l’on doit donc les Paranormal Activity / Insidious / Sinister / Dark Skies ( mais aussi Lords of Salem de Rob Zombie et rien que pour ça, on lui dit merci), soit la recette bankable du moment: low-budget, star lowcost mais un peu prestige (genre Ethan Hawke ou Patrick Wilson), scenario pas compliqué mais à rebondissements et scènes horrifiques toujours très soignées. Le résultat est rarement excellent mais, peut être grâce à une certaine exigence, il n’est jamais profondément mauvais, et la plupart des films qui sortent de la firme assurent toujours un minimum le spectacle.

Alors forcément, le pitch de The Purge, rebaptisé pour son exploitation française American Nightmare, avait de quoi intriguer: dans un futur assez proche, une loi votée aux États-Unis légalise le crime 12 heures par an, la nuit de la fameuse Purge, pour que chacun puisse libérer la violence engendrée le reste de l’année et débarrasser le pays des « parasites ». James Sandin, vendeur de systèmes de sécurité vivant dans un quartier aisé et sécurisé s’apprête à passer tranquillement la Purge avec sa famille, enfermés à triple tour dans leur maison, quand son fils vient en aide à un clochard en proie à une bande de riches jeunes sadiques, bien décider à le récupérer, quitte à assassiner la famille Sandin.

Un pacte moral assez facho à accepter d’entrée de jeu, martelé un peu lourdement la première demi-heure mais qui semble intéressant si ( et seulement si) contrebalancé par un discours un minimum politique, philosophique, sociologique, ou même moral.  Le problème des prods BlumHouse, c’est que bien qu’elles assurent un minimum niveau qualité de frayeur, elles vont rarement chercher plus loin  que leur concept ou que leur pitch. Le risque donc demeure que l’équilibre entre pacte moral et réflexion socio-philosophique ne soit pas respecté et qu’au final, ce pacte moral ne soit qu’un prétexte pour attirer le chaland, faisant du film un attrape-nigaud de premier ordre.

Prêter une telle malhonnêteté à James DeMonaco, qui officie ici sous la double casquette  de réalisateur et de scénariste, serait un peu poussif. On sent que l’intention première du gars reste de faire un film correct, sans prétention, une bonne série B sympa, que les ados pourront aller voir en bande, entre deux galoches. Néanmoins, American Nightmare pèche par manque d’ambition et de cojones, n’osant qu’effleurer les véritables enjeux moraux de son histoire ( la scène du coupe papier), ratant l’occasion de basculer dans l’Horreur psychologique d’un Funny Games ou d’un The Woman.  DeMonaco survole son sujet, ne parvient pas à lui donner  l’ampleur, devant se contenter de stéréotyper ses personnages sans  parvenir à ironiser dessus. Car quand on veut traiter d’un sujet aussi cynique, il faut pouvoir balancer du badass derrière pour compenser.

Par chance, DeMonaco ne foire pas complètement sa copie et réussit son film du point de vue du Home invasion, livrant certes une partie somme toute classique mais qui a l’avantage de fonctionner, conférant au film une allure de semi-réussite (ou de semi-échec si vous êtes du genre à voir le verre à moitié vide), comblant non sans mal un scenario peu épais et parfois très redondant (le twist du mec qui les sauve avant qu’ils se fassent buter se répète un peu trop pour fonctionner à chaque fois…).

Sans révolutionner ou même dépoussiérer le genre auquel il s’attaque, American Nightmare assure un minimum l’aspect horrifique de son histoire, ce qui aurait suffi en soi pour en faire une sympathique série B estivale, si le postulat de départ ne supposait pas une critique sociale virulente que DeMonaco ne parvient pas à mettre en place. Manquant cruellement de cynisme, le film aurait gagné à pousser son spectateur dans ses derniers retranchements moraux.  En résulte donc un métrage anecdotique, ne dépassant pas le simple sensationnalisme de son pitch.

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.