Critique de Jackie Brown

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Rating: 5.0/5 (1 vote cast)

Jackie Brown

de Quentin Tarantino

avec Pam Grier, Samuel L.Jackson, Robert de Niro, Bridget Fonda et Michael Keaton

Etats-Unis – 1997 – 2h34

Rating: ★★★★★

En 1997, la chose que j’attendais le plus au monde, c’était la sortie de Jackie Brown.

Je me souviens, j’avais soulé tous mes potes au collège en leur disant que quand je l’aurais vu, je pourrais mourir heureux. J’étais allé à Virgin quelques mois avant la sortie du film quand Tarantino avait donné une séance de questions/réponses et de dédicace. Je m’étais acheté un béret Kangol après avoir vu les affiches et la bande annonce du film.

Le jour de la sortie, ma mère m’attendait à la sortie du bahut pour qu’on aille directement le voir au cinéma.

Elle a adoré le film, j’ai été déçu.

En effet, le ton pour moi pêchait avec les films qu’il avait fait avant, et le film était plus lent, le rythme plus bizarre etc.

Je l’ai revu quelques semaines après avec mon père, et cette fois, le charme a opéré. Le film que je voulais aimer est devenu un film que j’aime.

J’ai remarqué ainsi cette ambiance, me suis pris dedans, dans l’écriture, dans les dialogues, les musiques, les petites scènes etc.

Puis c’est après la deuxième vision aussi que j’ai découvert Elmore Leonard, qui a écrit le livre dont Jackie Brown est inspiré, que j’ai lu un peu de son œuvre et me suis rendu compte que j’aimais ces enquêtes tortueuses entre des personnages aussi clichés qu’ordinaires. Tarantino à 15 ans aurait volé un bouquin de Léonard et se serait fait chopper par les flics et a toujours dit que ce dernier est son auteur préféré, donc ce n’est pas un hasard qu’il adapte Rum Punch de l’auteur pour en faire Jackie Brown.

C’est probablement ça qui avait dû me déranger dans ma première vision je crois, le fait que Tarantino n’était plus que lui même mais retranscrivait les mots d’un autre. Et c’est à la deuxième vision que j’ai vu que non, que c’est le réalisateur et le scénariste qui s’exprime ici.

En effet, que ce soit dans le casting, le sens du bon mot, la manière de filmer, monter, éclairer, le film, ou encore dans son casting d’habitués et de nouveaux venus, de bras cassés et de stars, on se rend compte que Tarantino finalement offre un de ses films les plus personnels. Là où la forme se calme, le fond prend son envol.

Je me remate d’ailleurs souvent la séquence d’ouverture avec Pam Grier, magnifique qui glisse et court sur le tapis mécanique, puis me retrouve très vite à regarder le film en entier.

Et c’est pour ça je pense qu’à chaque vision, le film est meilleur encore, faisant de ce dernier, mon Tarantino préféré.

Pourquoi ?

Parce que j’ai beau adorer tous les films qu’il a fait, mon avis les concernant est toujours au maximum de l’appréciation que je peux avoir. Jackie Brown est le seul à être toujours meilleur, à avoir commencé à 3/5 et à finir aujourd’hui en un éclatant, brillant 5/5.

Je crois que c’est les thèmes qu’il explore, la vieillesse, la fatigue, la lassitude, l’amour qui me touchent de plus en plus à chaque fois, la vie m’approchant de ces personnages, le tout appuyé par cette sensibilité cinématographique et cinéphile qui me touche à chaque seconde, le tout appuyé par cette magnifique BO et ces hommages à un genre de cinéma que j’ai été amené à connaître que quelques années après, la Blaxploitation.

Je ressors encore de temps en temps mon béret Kangol et le porte à l’envers et me souviens de la naïveté cinéphile que j’avais à l’époque, et me dis que je ne dois jamais changer.

 Skreemer

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About Skreemer

Comme le dirait son bon pote Brassens, « Autrefois, quand j’etais marmot, J’avais la phobie des gros mots, Et si je pensais «merde» tout bas, je ne le disais pas… Mais Aujourd’hui que mon gagne-pain c’est de parler comme un turlupin, Je ne pense plus «merde» pardi ! mais je le dis. » En plus de tout ça, Skreemer a un goût certain pour la bagarre verbale avec les cons, les livres, les films et les bandes dessinées. Ses biscuits préférés sont les Hello Kitty à la fraise et il a toujours du Coca-Light et des clopes chez lui au cas où une demoiselle passerait. Par contre, il fait de longues phrases sans fin, avec plein de virgules dedans et n’aime pas les tomates. De plus, il est petit en taille et compense en utilisant du verlan.