Critique de The Body [PIFFF 2012]

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Rating: 4.0/5 (1 vote cast)

El cuerpo

d’Oriol Paulo

avec Belén Rueda, Hugo Silva, Aura Garrido et José Coronado

Espagne – 2012 – 1h47

Rating: ★★★☆☆

Un des grands avantages du cinéma de genre espagnol demeure la qualité exceptionnelle des films produits: toujours maitrisé, de la mise en scène à l’écriture en passant par le travail sur la photo, rien n’est laissé au hasard. Le genre traité est souvent matiné de fantastique et d’Horreur et l’ensemble offre souvent un métrage de très bonne facture. The Body n’échappe pas à la rêgle, le réalisateur scénariste Oriol Paulo est allé à bonne école.

Le point de départ de The Body est la diparition du cadavre d’une femme à la morgue. Son mari est appelé sur les lieux par la police et découvre peu à peu des indices que lui laissent un mystérieux inconnu.

Furieusement inspiré d’Hitchcock, le jeune réalisateur multiplie les hommages au maître, dans sa mise en scène du suspense, dans le choix du cadrage, comme l’utilisation de la musique extradiégétique,  poussant la citation au point de refaire entièrement la scène de l’escalier de Soupçons.  Ainsi, toute sa réalisation se base sur ce mimétisme. En reprenant la rigueur et le sens de la narration instauré par le grand Hitch, Paulo parvient à livrer un film somme toute assez classique mais très maitrisé dans sa mise en scène, que ce soit pour le suspense ou l’épouvante. A défaut d’être inventif, The Body n’en reste pas moins très classieux, ce qui en soi est très prometteur pour un premier film.

La seconde influence que revendique clairement Paulo est celle de Clouzot. La mise en scène emprunte au génie du suspense à la française, mais là encore  la référence ne s’arrête pas là. C’est au sein même de son scenario qu’Oriol Paulo cite également ses pairs. Partant d’une intrigue emplie de mystères que le protagoniste élude les uns après les autres, The Body fonctionne comme un film d’enquête et donc in extenso un puzzle. Les différents revirements de situation imposent un rythme très soutenu. Le scenario est ingénieux et bien écrit mais à vouloir être trop complexe, il finit par être trop compliqué. S’alourdissant d’un revirement final border crédible, Paulo perd en clarté. Un bémol bien dommage au vue de la rigueur et du travail fournis jusqu’à ces dernières minutes.

Malgré une maitrise assez étonnante pour un premier film et un scenario fourni, The Body pèche là où pêchent bien des films de scenaristes: le twist de trop. Néanmoins, la qualité de la mise en scène pallie au final ce défaut dans l’impression que laisse le film.

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.