Critique: Maniac (2012)

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Maniac

de Franck Khalfoun

 

avec Elijah Wood, Nora Arnezeder, America Olivo

France / Etats-Unis – 2012 – 1h20

Sortie cinéma le 2 janvier 2013

Rating: ★★★★☆

 

Faire un remake d’un film aussi culte que Maniac, voilà le pari bien osé que ce sont lancés Alexandre Aja et son complice Gregory Levasseur, auteurs du scenario et coproducteurs du film. Confiant la réalisation à Franck Khalfoun, réalisateur de 2ème sous-sol, le duo, appuyé par la participation à la production de Thomas Langman, ont pu mener à bien leur variation sur l’œuvre culte de Lustig. Pour éviter tout spoil, on se passera d’un pitch.

Transposé dans le Los Angeles actuel, le Maniac de Khalfoun se veut encore plus intimiste que son prédécesseur, rompant la barrière entre son spectateur et son personnage principal en basant l’intégralité de sa réalisation sur la caméra subjective. Ainsi, nous n’assistons pas aux meurtres, nous les vivons de son point de vue, nous partageons ses pensées les plus intimes, les manifestations violentes des symptômes de sa maladie mentale, ses cauchemars les plus sombres, à la manière du Voyeur de Powell. Ainsi, chaque agression est vue dans son intégralité, avec très peu d’ellipses, de la traque de la proie à sa mise à mort. Les scènes d’agressions sont très longues, la peur étant attisée par le point de vue adopté, le spectateur se retrouvant au premier rang d’un spectacle macabre ou rien ne lui est épargné, tout en n’ ayant pas le recul nécessaire (voir réellement Elijah Wood en action) pour que le lien qui l’unie au personnage soit brisé. On retrouve ainsi le même sentiment que devant la version de Lustig. Aussi horribles soient ses actes, aussi condamnables soient-ils, nous ne pouvons nous empêcher d’éprouver de la compassion pour un être aussi torturé, mentalement et physiquement.

 

Néanmoins, dans la version de 1980, la caméra subjective n’était pas si présente, la compassion du public pour le personnage tenant en grande partie à la prestation de Spinell. Chez Khalfoun, la prestation d’Elijah Wood se limite malheureusement un peu trop à de la voix off et la sympathie que l’on éprouve pour lui tient plus des traumas subis dans son enfance que pour sa maladie en soi. On perd en intensité sur le discours humaniste sur les fous, colonne vertébrale du film de Lustig, mais le film acquiert de ce fait un côté Psycho. L’enfance de Franck ne ressemble t- elle pas à celle de Norman Bates? Ainsi, bien plus qu’au matériau originel, c’est au chef d’œuvre d’Hitchcock, ainqi qu’ à celui de Powell, que se réfèrent les deux scénaristes.

 Le trio de Frenchies a réussi son pari, partant d’un film culte vénéré par les fans du genre et le faisant évoluer vers autre chose. Bien que la caméra subjective apporte son lot de contraintes, la réalisation demeure maitrisée. Mais c’est surtout l’habileté du scenario qui fait la différence, assurant au film de se détacher de son prédécesseur.

Lullaby Firefly

 

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.