Critique de Black’s Game

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Svartur á leik

D’Óskar Thór Axelsson

Avec Thor Kristjansson, Jóhannes Haukur Jóhannesson et Damon Younger

Islande – 2012 – 1h44

Rating: ★★★★☆

 

Reykjavik à la fin des années 90. Une petite frappe, Stebbi, retrouve Tóti, un ami qu’il n’avait plus vu depuis l’enfance. Ce dernier l’introduit dans son gang, spécialisé dans le trafic de drogues et la prostitution. Sous l’emprise du despotique Bruno, l’organisation criminelle parvient à prendre la tête du trafic à l’échelle de toute l’Islande. C’est donc par les yeux de Stebbi, amoureux de l’insaisissable prostituée Dagný, que nous allons assister à l’ascension et à la chute du gang.

Basé sur «la merde dans laquelle se trouve le monde», ce premier long-métrage nihiliste du réalisateur islandais Óskar Thór Axelsson se décline comme une saga criminelle dans les grandes règles de l’art. S’ouvrant sur les photos d’enfance de ses personnages principaux, Black’s Game est avant tout un film sur la perte de l’innocence dans un décor urbain planté dans une nature sauvage, l’Islande, ses collines glacées et ses nuits sans fins. Un passage à l’âge adulte correspondant également au changement de millénaire (l’action se déroule principalement entre 1999 et le 1er janvier 2000) où il est désormais question de survie et de plaisirs immédiats (argent, drogue, sexe) pour une génération désabusée.

Black’s Game puise énormément dans les classiques 90’s du genre, des Affranchis de Martin Scorsese dont il reprend le schéma nerveux de « la folle journée avant l’arrestation » à Dead or Alive de Takashi Miike pour la dimension fraternelle du gang qui devient  la « nouvelle famille », au détriment de la « vraie famille », celle du sang (les mères y sont méprisées, trompées, parfois même tuées). On citera également Trainspotting de Danny Boyle et bien évidemment Pusher de Nicolas Winding Refn (que l’on retrouve ici en producteur exécutif).

Efficace sans être d’une originalité extraordinaire, loin d’être aussi ultra-violent que ce qui avait été annoncé en préambule de sa projection en première française à l’Etrange Festival 2012, Black’s Game reste un exercice très appliqué qui se hisse à bonne hauteur des films de référence de gangsters modernes. Óskar Thór Axelsson réussit à faire exister ses personnages avec peu de moyens et une mise en scène maîtrisée. Mais si les talents du jeune réalisateur sont indéniables, on ne criera pas pour autant à l’émergence d’un nouveau Nicolas Winding Refn car il manque à Black’s Game ce petit supplément de tragédie inextricable qui sépare les grands polars des chefs-d’œuvre.

The Vug

 

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».