Critique de Saya Zamuraï

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Saya Zamuraï

 


De Hitoshi Matsumoto

Avec Takaaki Nomi, Sea Kumada, Itsuji Itao

Japon – 2011 – 1h43

Rating: ★★★★★

 

Nomi est un samouraï un peu spécial. À la mort de sa femme, il a perdu la volonté de combattre et un sabreur refusant de se battre, n’est plus vraiment un samouraï, il est donc déchu. Il est alors un vagabond, mendiant avec sa jeune fille, tout en fuyant n’importe quel type de conflit. Mais un jour, il est capturé par un clan dirigé par un seigneur excentrique le condamnant aux « trente jours de traverse »: il a trente jours pour essayer de faire sourire le fils du seigneur, ayant perdu toute joie de vivre depuis le décès de sa mère. S’il n’y arrive pas, il devra mourrir en se faisant seppuku…

Ce qui est criant  au départ du film, c’est la relation père-fille. Un homme mutique, pourtant avec une gueule d’acteur très expressive, face à une fillette hurlant à tout va et discutant d’horreur et de dignité. On a l’impression qu’ils ne s’entendent pas, que la fillette reproche beaucoup de choses à son père, pourtant elle le soigne avec une délicatesse et une douceur constantes. D’ailleurs la mise en scène ne les rapproche dans l’espace filmique uniquement dans ces scènes de soins, sinon le reste du temps, il se créé une distance imaginaire entre eux, lui devant elle derrière. Elle est par conséquent le personnage agissant des deux jusqu’à de nouveau l’inversion des rôles quand le samouraï commence à se battre pour sa survie en essayant de faire rire le fils du seigneur. C’est alors une entraide mutuelle, preuve d’un amour vache mais sincère face au défi proposé par le seigneur, où d’abord la fille regarde de loin et décide de se battre de toute ses forces. De plus film japonais oblige, on ressent des non-dits entre eux, le père pas vraiment père pour le coup et la fille, plus tout à fait enfant.

Il faut ensuite noter l’excellent travail de scénario avec un foisonnement de personnages secondaires. Que ce soit le trio de mi-malfrats mi-chasseurs de prime directement inspirés de figures théâtrales japonaises ou les geôliers de Nomi, un jeune bêta et un plus vieux sage, leurs regards se transforment sur le sabreur errant. Témoins en première ligne, ces personnages vont se mettre de son côté, devenir ses adjuvants, ce qui créé un effet de ferveur populaire, mais aussi une certaine dimension de spectacle; 30 tentatives pour faire rire donne un côté films à sketchs au long-métrage japonais.  Les personnages nobles, le seigneur et son fils ne sont pas en reste, une sympathie se créé à distance. Tout ceci renvoie aux concepts d’honneur, de dignité et de courage que l’on soit enfant ou adulte.

Il se peut que ce film soit inspiré d’une légende, la réponse se trouve à la fin du film, accompagné d’une belle chanson et de beaux paysages, Hitoshi Matsumoto est pourtant catalogué comme faisant du cinéma bis (expression avec laquelle j’ai du mal malgré les explications de The Vug), il n’a pourtant rien à envier au cinéma japonais le plus académique.

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…