Critique de Lock Out

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Lockout

De James Mather et Stephen St. Leger

Avec Guy Pearce, Maggie Grace et Peter Stormare

France – 2012 – 1h35

Rating: ★☆☆☆☆

« Je twitte donc je suis ». Moi aussi des fois j’ai envie de faire comme certains bloggeurs ciné sur Twitter et d’exhiber sans retenue les privilèges habituellement réservés aux vrais journalistes que l’on peut obtenir par ci par là. Mais notre vénérée rédactrice en chef Lullaby Firefly nous l’interdit formellement. Pourtant, ce n’est pas l’envie qui me manque d’apostropher Machin et de lui twitter aux yeux de tous : « T’as reçu ton accrèd’ pour le Festival Bidule ? Parce que moi oui ! 🙂 ».  Ou de me fendre (bien avant le commun des mortels bien sûr) d’un petit « En route pour voir ce que ça donne ces Avengers ! 😉 ». Ou même encore plus intéressant : « Je vais voir un film ultra-attendu trois mois avant sa sortie mais je n’ai pas le droit de vous dire ce que c’est ! 🙂 » (les smileys, c’est cool, ça fait croire à celui qui les met qu’il est sympa). Bref, pas moyen d’exister sur Celluloïdz en dehors des papiers que l’on y écrit. Non mais sérieux, ça sert à quoi les privilèges si on ne peut même pas les exhiber fièrement pour faire ruminer les plus petits que soi ?

En même temps, je me demande qui j’aurai bien pu faire rêver en pavanant haut et fort sur Twitter que j’allais voir la dernière production Besson en projection-test au sein même d’EuropaCorp avec une poignée de bloggeurs triés sur le volet. Une projection-test (ou preview), ça consiste à visionner un film avant son montage définitif et de dire ensuite ce qu’on a aimé ou pas. Dans le cas de Lock Out, ça allait plus vite de dire ce que l’on avait aimé (c’est-à-dire Guy Pearce). Et vu que je devais en faire la critique – et que je n’avais pas l’intention de le revoir à sa sortie pour constater des différents changements opérés – il me fallait savoir ce qui allait changer (les effets spéciaux de la course-poursuite en moto ? l’agencement de l’histoire ? le film dans son intégralité ?). « Pas grand-chose » nous avait-on répondu. Tout cela, c’était il y a quelques mois… Espérons donc que ce que je vais vous dire par la suite colle avec ce qui sera sorti sur les écrans.

Un proche de Luc Besson avait lancé il y a quelques années que le réalisateur du Grand Bleu s’isolait parfois une quinzaine de jours dans sa maison de vacances et qu’il en ressortait avec une quinzaine scénarios. Celui de Lock Out fait peut être partie de la dernière fournée. Guy Pearce, ce Brad Pitt du pauvre (et pourtant tellement plus talentueux), interprète Snow, un super agent un brin bad ass qui doit partir dans l’espace pour sauver la fille du président des Etats-Unis. Celle-ci est en effet coincée dans le MS-One, un pénitencier spatial satellisé autour de la Terre et dont les prisonniers viennent de prendre le contrôle. Toute ressemblance avec New York 1997 et Fortress ne serait évidemment que pure coïncidence.

Protagonistes stéréotypés, scènes d’action bateau, violence tombant le plus souvent à plat, carence d’enjeu dramatique crédible, humour pas drôle… Lock Out collectionne les tares les unes après les autres. L’histoire semble s’improviser toute seule au fur et à mesure que le film se déroule avec la fâcheuse impression que tout cela ne mènera nulle part. Et c’est effectivement le cas car le film ne cherche même pas à exploiter ses propres éléments de SF. Comme l’espèce de sommeil dans lequel est plongé Snow avant d’intégrer le MS-One qui aurait pu donner lieu à une sous-intrigue dickienne (est-il vraiment éveillé ?) et complexifier un tant soit peu un récit bien trop linéaire. On aurait donc vraiment aimé que Besson et ses deux protégés irlandais, James Mather et Stephen St. Leger, se soient davantage creuser la tête au niveau du scénario avant de se lancer dans ce projet à 30 millions de dollars. Et si les plats surgelés ont Findus, pour Lock Out heureusement qu’il y a Guy Pearce qui se donne à fond et porte sur ses seules épaules ce film pourtant bien lourdaud.

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».