Critique de Shaolin

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Shaolin

 

De Benny Chan

Avec Andy Lau, Nicholas Tsé, Jackie Chan, Fan Bingbing

Chine – 2011 – 2h

Rating: ★★★★☆

 

1920. Les guerres dans l’empire chinois font rage, d’autant plus que des forces étrangères, britanniques, sont présentes pour du business d’armes. De désastre et ruine en province, nous assistons à l’édification artisanale d’un camp de réfugiés, près d’un monastère Shaolin. Un militaire s’y est abrité, il est poursuivi par le général Hou Chien, un seigneur de guerre, qui arrive sur place pour en finir avec ce dissident. Plus tard ce même général sera pris dans une embuscade avec sa famille, qui l’aura lui-même fomenté avec son disciple Tsao Man, qui l’a doublé pour le coup. Le voilà alors demandant asile au monastère qu’il avait blasphémé en sortant son arme à feu…

À une époque pas si lointaine de l’histoire de la Chine continentale, on interdisait le kung-fu et les monastères étaient marqués de marginalisation et d’illégalité (ça continue au Tibet). Pour ce qui est du récit filmique, le réalisateur oppose en premier lieu les seigneurs de guerre cruels aux justiciers super-héros moines. Ce sont des parades de pouvoir et de richesse pour les uns, des vols de denrées pour les plus pauvres pour les autres, dans des magnifiques plans de demi-ensemble, afin d’établir le karma de chacun. En effet le karma dans le bouddhisme répond à la loi de cause à effet. Pour le général Hou Chien, cette idée est cristallisée par la séquence évoquée ci-dessus, l’embuscade qui est au départ, un repas-banquet de fiançailles-mariage-testament d’enfants. Nous sommes dans un suspens haletant, achevé par des combats architecturaux : une fuite d’un restaurant à deux étages, dans un village encerclé d’ennemis, avec une certaine fantaisie (les ennemis ont des haches et portent des tuniques bleus). Et c’est tour à tour à pied et en cheval que les protagonistes s’enfuient, avec en conclusion le mauvais karma du général, sa fille en sacrifice de son avidité.

Hou Chien peut par conséquent apprendre à être moine pour retrouver la paix. D’un montage d’images fleuve et classique, ce dernier apprend tout à tour les arts martiaux (un beau ballet d’entraînement nocturne avec un enfant), la solidarité (la distribution de pains), les premiers soins et la menuiserie. Son meilleur compagnon sera un moine bienheureux cuisinier (l’historico-véridique Moine des Fagots joué par Jackie Chan) et l’on comprendra que tout dans la vie d’un moine mène au kung-fu, qui lui-même mène à la méditation. Apprendre à se battre ou apprendre à cuisiner, c’est méditer, la preuve ultime en est une séquence de kung-fu comedy dont seul Jackie Chan a le secret. Une méditation face aux totalitarismes : la construction de chemin de fer se fait de pair avec le pillage de trésors et ressemble à des travaux forcés (d’ailleurs sort sur nos écrans Le fossé De Wang Bing, sur les travaux forcés chinois dans les années 50). C’est une méditation de soi sur soi, afin de vivre et mourir dignement, notamment dans les mains de Bouddha avec la pluie en guise de larmes.

Et c’est encore un blockbuster (au même titre que The lost bladesman et Confucius, dont le Vénérable moine le plus âgé du monastère ressemble au personnage historique), qui ne sort pas dans nos salles françaises, pourtant il avait tous les éléments nécessaires : fresque épique, ralentis, grandes scènes de combat en plans larges, beaucoup d’explosions et des stars ! Néanmoins, que Bouddha soit loué.

 

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…