Critique de Confucius

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Kong Zi

 

De Mei Hu

Avec Chow Yun-Fat, Yi Lu, Jian Bin Chen

Chine – 2010 – 2h05

Rating: ★★★★☆

Vieil homme fatigué, Kong Zi Fu dit Confucius, se remémore sa vie, où du statut de simple gouverneur il s’est vu offrir le poste de ministre de la justice du royaume de Lu…

Nom mondialement connu et première influence de la réflexion chinoise, Confucius se voit porter au cinéma par une biopic, qui malheureusement ne sort dans les salles françaises, alors que le premier rôle est tenu par l’immense Chow Yun-Fat. De même que la personnalité historique Guan Yu s’était vu adapté sa vie dans The Lost Bladesman avec Donnie Yen. Parenthèses fermées, Kong Zi, lui-même disciple de Lao Zi (fondateur du taoïsme) s’essaie à la politique, tout comme Platon à son époque. D’ailleurs la mise en scène politique du film rappelle la démocratie grecque, avec les couleurs marqués de chaque intervenant et la place de chacun dans l’hémicycle. Car ce qui frappe en premier lieu est le cérémonial et le rite dans le film. Le cérémonial est vu de façon positive, c’est la politique et la manière d’enseigner de Confucius. Le rite en appelle à la barbarie, des enterrements à  « l’égyptienne » (des esclaves enterrés avec leur maître récemment) à la guerre (le parallélisme entre les coups de tambours donné par Kong Zi lui-même et la coulée de l’huile enflammée contre ses ennemis). Mais le confucianisme ne s’arrête pas là, Kon Zi se montre extrêmement stratège et intelligent, tel son bluff de poker pour éviter une bataille, c’est donc Machiavel sans la malhonnêteté et sans la compromission des politiques actuelles, sans le parjure ou l’abjuration. Ce qui est un problème en « real-politique » car ce genre de personne se soucie grandement du peuple plutôt que de ses intérêts, Confucius est un roturier, ayant grandit sans père, un vrai homme du peuple, autodidacte.

En effet, dans cette logique, le réalisateur construit son film en deux parties. Si la première partie concerne la diffusion du nom de Confucius, la seconde est l’exil auquel est poussé Kong Zi, par les hommes du pouvoir, qui voient d’un mauvais œil les intellectuels quand ils sont au pouvoir.  De plus que ces intellectuels savent pertinemment que le premier problème d’une société est interne. Revenons à l’exil, marqué par la traversée des grands espaces naturels, forêts ou désert ; le poids des saisons, l’hiver et la glace qui craque donnant à une scène magnifique d’héroïsme et de sacrifice pour le bien de la pensée ; un exil qui est même marqué par le refus du désir… On peut se rappeler par rapport à cela, que Moïse, Mahomet ou d’autres ont pratiqué des exils, se sont coupés du monde extérieur ou se sont tout simplement marginalisés (tout comme les philosophes grecques), pour diffuser un message, des préceptes, à être considérés comme des vagabonds refusant le travail manuel (des fainéants quoi, le terme qui revient souvent pour les gens s’intéressant à l’âme ou à la réflexion sans formalité). Il y a néanmoins des moments de légèreté dans le film qui traite d’une époque compliquée de la Chine, tel cette séquence de où le personnage de Confucius joue de la musique à en faire dire à ses disciples « qu’il joue comme si il voulait les nourrir » et d’une circulation d’un bol de bouillon, le réalisateur installe un bal improvisé et fauché. Grandeur et décadence se succèdent pour ceux voulant interroger l’humain, la grandeur est aussi choisie pour ce film à gros budget répondant à un certain académisme, classicisme mondial, qui ne ternit pas la portée du film. La décadence est aussi présente, c’est notre époque qui peut être mis en parallèle avec l’époque du film.

Conclusion, si en temps de guerre, on a besoin de généraux, en temps de crise, on a besoin de ministres et de politiciens solides et censés. Changer le monde commence par changer soi-même.

 

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…