Critique de Time Out

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In Time

D’Andrew Niccol

Avec Justin Timberlake, Amanda Seyfried et Cillian Murphy

Etats-Unis – 2011 – 1h49

Rating: ★★☆☆☆

La SF, Andrew Niccol la connait plutôt bien puisqu’il fut l’auteur de deux des meilleurs scénarios du genre dans les années 90 : Gattaca, dystopie cristallisant la crainte des avancées de la génétique puis le dickien Truman Show qui annonçait l’avènement de la téléréalité. Bien que ne partageant pas le même réalisateur, les deux films témoignaient de la capacité d’Andrew Niccol de faire coller des thématiques contemporaines à des récits d’anticipation fortement influencés des classiques littéraires du genre. Quinze ans plus tard, le monde est en crise et, pour son retour à la SF, Niccol choisit à nouveau de parler d’inégalité sociale avec Time Out mais sur le mode plus direct du film d’action.

Le film présente une société où le temps a désormais remplacé l’argent. Chaque individu vieillit jusqu’à 25 ans puis doit ensuite gagner son temps de vie supplémentaire qui lui servira à la fois à vivre (c’est-à-dire subvenir à ses besoins) et à vivre (c’est-à-dire ne pas mourir). Les échanges se font par contact grâce à des comptes à rebours holographiques présents sur le bras qui indiquent le crédit de temps disponible de chaque individu. Ce système a scindé la population en deux : les riches vivent dans une immortalité confortable loin des pauvres qui triment pour le sursis quotidien, enfermés dans un ghetto où les prix et les taux d’intérêt peuvent doubler du jour au lendemain.

Une fois le décor posé, on suit Will Salas, prolo du ghetto qui se voit léguer malgré lui tout le capital d’un centenaire suicidaire. Poursuivi comme un voleur par les flics, il kidnappe la fille d’un millionnaire avant que celle-ci ne tombe amoureuse. Ensemble, ils vont braquer des banques et des riches afin de rétablir une forme de justice sociale, justifiée par la certitude que l’immortalité des élites se nourrit de l’exploitation du peuple. Pour peu que l’on passe outre les retournements de situation incohérents qui ponctuent son récit, Time Out se révèle, par son analogie temps-argent, comme un appel à la rébellion assez radical dans son message même si Andrew Niccol manque de profondeur dans sa démonstration, la faute à un manichéisme forcé qui vient lisser tous les personnages. On regrettera aussi la faible exploitation du concept du film, les fameux comptes à rebours ne devenant finalement que prétexte à l’orchestration de scènes d’action souvent molles.

S’il est tout à fait regardable, Time Out manque de punch et de consistance pour apporter quelque chose de franchement nouveau au genre. Restent des acteurs qui se démènent à donner vie à des personnages stéréotypés et qui sauvent l’ensemble de l’ennui total. Dépassé entre temps par Christopher Nolan et Duncan Jones, Andrew Niccol nous fait donc un come back SF très moyen.

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».