Critique de The Innkeepers

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Rating: 3.0/5 (2 votes cast)

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The Innkeepers

de Ti West

avec Sarah Paxton, Pat Healy et Kelly McGillis

Etats-Unis – 2011 – 1h40

Rating: ★★★★☆

Ti West est résolument un nom à suivre. Devant  le savoir faire et l’inventivité graphique de The House of The Devil, on attendait la confirmation de cette tendance, le feu vert pour ouvertement se dire que ce mec est à défendre. Ce feu vert, Ti West n’aura pas tarder pour le donner, avec son nouveau film, The Innkeepers. Plaçant de nouveau une maison au centre de son récit, West nous immerge dans l’ambiance de ce vieil hôtel réputé hanté, que Claire et Luke, deux geeks du coin, doivent tenir tout le week end pendant que leur boss est en vadrouille à la Barbade. Passionnés de paranormal, ils vont tenter de rentrer en contact avec l’esprit hantant les lieux.

Les années 2000 ont signé le grand come back du film de maison hantée avec la sorties régulières de bobines, plus ou moins en recherche d’originalité. The Innkeepers a au moins le mérite d’y parvenir. Novateur dans sa réalisation comme dans son approche du thème, jouant avec les codes du genre tout les en respectant , Ti West prend son temps pour dresser le portrait de ses personnages, poser son ambiance, un peu de la même manière qu’il l’avait fait pour The House of The Devil, à la différence que le ton ici se veut plus léger. Multipliant les jokes de geek à l’écran et dans le dialogue, et une musique insolite comme thème du film, le réalisateur a choisi délibérément une structure de scenario peu commune pour ce genre de film, ancrant son intrigue solidement sur une bonne partie du film avant de monter en pression dans une ultime séquence.

Détournant les codes habituels, Ti West se les réapproprie en leur donnant une nouvelle fonction. Les jumpscares deviennent des gags, la peur est générée par des gros plans sur le personnage principal alors que l’élément terrifiant est hors champ, le thème musical est léger et insolite, un plan en steady peut être utilisé à la place d’un zoom, tout dans réalisation est minutieusement pensé. La seule faiblesse du film au final tient surtout dans le parti pris original qu’a choisi le réalisateur car en choisissant d’étirer sa narration pour mieux servir le dénouement, il prend le risque de perdre une partie de l’audience, si cette dernière s’attendait au grand 8 d’Insidious. Néanmoins, ce parti pris s’avère payant, si l’on accepte que les codes soient à ce point détournés. C’est en retardant les scènes flippantes que Ti West parvient à leur donnée bien plus d’intensité. Sans tomber dans la suggestion molle de Paranormal Activity (la video de la porte de la chambre  tourne d’ailleurs le concept en dérision) ni dans la démonstration totale du film de James Wan, Ti West s’approprie son sujet et le modèle à son idée.

Audacieux dans son approche et dans sa conception, The Innkeepers réussit son pari fou, par son honnêteté et son ingéniosité. En ne laissant jamais rien au hasard, soignant sa mise en scène dans les moindre détail, appuyé par un casting excellent (on a plaisir à retrouver Kelly McGillis, la nonne de Stake Land), Ti West, sans dépasser ou réellement égaler la perfection atteinte par son précédent film, confirme cependant qu’il fait parti des cinéastes de genre les plus inventifs du moment.

 

Lullaby Firefly

 

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.