Critique de Tomie Unlimited

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Tomie: Anrimiteddo

de Noboru Iguchi

avec Miu Nakamura, Moe Arai, Maiko Kawakami et Kensuke Ohwada

Japon – 2011 – 1h23

Rating: ★★★☆☆

Adapté du manga éponyme de Junji Ito, le personnage de Tomie est devenue  l’objet d’une saga ciné s’affranchissant au passage de son carcan original. Néanmoins, chaque film demeure indépendant des uns des autres, ayant sa propre actrice et son propre réalisateur à chaque fois. Tomie Unlimited n’échappe donc pas à la règle. Tomie est ici la grande soeur de Tsukiko, jeune lycéenne timide passionnée de photo, effacée par la beauté envoutante de sa soeur. Un accident coûte la vie à Tomie et plonge sa famille dans un deuil difficile. Mais un an après son décès, Tomie revient à la maison.

La particularité du personnage de Tomie réside dans la malédiction implicite dont elle est victime. Sa beauté exerce une attraction malsaine sur les hommes (y compris sur son propre père), qui se retrouvent possédés par elle, au point de les pousser à l’assassiner. Elle les séduit et les pousse à la folie, jusqu’à l’inévitable crime passionnel. Là est toute l’ambiguïté de Tomie qui s’amuse à torturer sa pauvre soeur, manipulant son entourage, réapparaissant inlassablement après chaque mort, se multipliant sous diverses formes plus surprenantes les unes que les autres, vu qu’elle se régénère à partir de la moindre partie de son corps.

 

Alors qu’il débute comme un film d’horreur assez conventionnel, Tomie Unlimited bascule rapidement dans un mélange détonant de gore et de grotesque, porté par ce grain de folie typiquement Made In Japan. Sans jamais décélérer le rythme ni perdre en tension, Noboru Iguchi entraine son spectateur dans un cauchemar déroutant, où  l’on passe de l’effroi au rire en une seconde. Le mélange d’effets spéciaux à l’ancienne (maquillages de tumeur surprenante) et de CGI (têtes sans corps et inversement) renforce les différences entre les scènes d’Horreur pure et les scènes plus grotesques, accentuant et distançant l’implication du spectateur selon le choix d’émotions suscitées. La prestation de Miu Nakamura dans le rôle de Tomie reste remarquable, tant la frêle jeune fille parvient à habiter ce personnage ambigüe et inquiétant avec justesse.

Le réalisateur de Machine Girl et de Karate-Robot Zaborgar ne trahit donc pas sa réputation, n’hésitant pas à faire partir son film dans un trip totalement barré, délibérément bis et assumant jusqu’au bout ce parti pris. Certes, cela en laissera plus d’un perplexe, tant les codes utilisés sont peu conventionnels. Mais pour les amateurs du genre, ceux qui acceptent le pacte de lecture sans rechigner, Tomie Unlimited reste un sacré plaisir et probablement la plus grande réussite de la saga.

 

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.