Critique de The Divide [L’Étrange Festival 2011]

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The Divide

De Xavier Gens

Avec Lauren German, Milo Ventimiglia, Michael Biehn, Michael Eklund et Rosanna Arquette

Etats-Unis/France – 2011 – 1h50

Rating: ★★★☆☆

Ouvrant la 17e édition de l’Etrange Festival, The Divide signe le retour de Xavier Gens après les déboires artistiques de son passage à Hollywood. Dans sa présentation au public faite avant la projection, le réalisateur français a principalement mis l’accent sur le caractère particulier du financement de son troisième long-métrage. Lâché par ses assureurs à la fin de la construction des décors, Xavier Gens a finalement pu réaliser The Divide grâce aux parents millionnaires d’un de ses stagiaires, soucieux que leur fiston puisse terminer son stage. A ce titre, le réalisateur de Frontière(s) a garanti son film comme « 100% indépendant ». Restait donc à savoir comment Xavier Gens allait utiliser sur une production anglophone le précieux final cut dont il avait été privé en 2007 sur Hitman.

Dès l’inaugurale vision apocalyptique de New York prise sous les bombes d’une attaque nucléaire, The Divide plonge directement son spectateur dans une ambiance de panique. Ainsi, nous suivons une poignée de rescapés qui trouvent refuge au sous-sol de leur immeuble, territoire d’un concierge pas très commode interprété par Michael Biehn (Terminator, Planet Terror). Les tensions s’accumulent aussi rapidement que les vivres viennent à manquer avant que des militaires en combinaison ne s’introduisent dans les lieux pour enlever la gamine du groupe. Les choses iront de pire en pire.

S’il démarre comme un film de science-fiction, The Divide est avant tout un huis clos horrifique de l’après 11 septembre 2001. Humiliations, tortures, viols, meurtres et trahisons vont donc se succéder au fur et à mesure que les personnages sombrent un à un dans la folie. Prenant par moment une tournure forcément torture porn, le film s’attache avant tout à décrire la décomposition des rapports humains dans un monde où il n’y a plus de règle sinon celle du plus fort. The Divide pèche cependant par une psychologie des personnages trop schématique et par un manque de pertinence dans ses allusions aux attentats de New York. On est donc loin de Romero. Toutefois, à la manière de Cube de Vincenzo Natali, le film compense son manque de profondeur par un scénario qui multiplie les retournements de situations. Le rythme est ainsi soutenu avec une précision quasi-métronomique pour appuyer les changements extrêmes de chacun des personnages. Il en résulte une dynamique de l’horreur qui ne fait que gagner en intensité, gros point fort du film qui ne perd ainsi jamais son cap ni ses spectateurs.

Très violent et très sombre, The Divide se place en bonne position pour le film post-apocalyptique le plus déprimant de l’année. On attend désormais de voir ce que Xavier Gens fera du film historique s’il parvient à mettre en boite son projet sur l’explorateur Jean-François de Lapérouse.

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».