David Carradine, une gueule de cinéma


La carrière d’un acteur est souvent jalonnée de hauts et de bas, mais cela ne l’empêche pourtant pas d’obtenir le statut d’icône culte. C’est le cas de David Carradine. Fils de l’acteur John Carradine, ainé d’une fratrie recomposée de multiples acteurs (notamment Keith et Robert), David débute sa carrière à 28 ans, en tournant dans Cinq milles dollars mort ou vif de R.G Springsteen (1964), premier western d’une longue série, puisque l’acteur les enchaînera jusqu’à ce que Scorsese l’appelle pour tourner  dans son  Bertha Boxcar (1972), produit par Corman et dans lequel il partage l’affiche avec son père. Il retrouve d’ailleurs le cinéaste pour Mean Streets et tourne la même année chez Altman, dans Le Privé. Mais 1972 marque surtout le début de la série qui le fera connaître du grand public, Kung Fu, dans laquelle il interprète le héros, Kwai Chang Caine. A la base simple téléfilm, le projet est rapidement décliné en série télé, sous l’initiative de Bruce Lee qui espérait obtenir le rôle. Mais les producteurs frileux lui préfèrent alors un acteur non asiatique, une aubaine pour Carradine. La série devient  rapidement culte, bien qu’elle n’ait duré que trois saisons, au point qu’elle aura même droit à sa suite dans les années 90, Kung Fu, la légende continue.

La Course à la Mort de l'An 2000

Mais son premier rôle marquant reste celui de Frankenstein dans La Course à la Mort de l’An 2000 de Paul Bartel en 1975, personnage sexy et chevaleresque qui affronte une horde de pilotes psyché, dont Machine Gun Joe, interprété par Sly Stalone. La même année, il s’essaye pour la première fois à la réalisation avec You and Me, dans lequel il dirige ses demi frères Keith et Robert, ainsi que Barbara Herschey, sa co-star de Bertha Boxcar,  avec qui il vécut 6 ans. En 1976, il retrouve Paul Bartel pour Cannonball!, dans lequel il joue le rôle éponyme et où il côtoie des caméos bien sympas comme Stalone, Scorsese ou Joe Dante.

Ainsi Carradine mène sa carrière, tournant aussi bien dans des films d’auteurs que dans des séries B. Ainsi, à la fin des années 70, l’acteur interprète le rôle principal de L’Oeuf du Serpent d’Ingmar Bergman, tout en pouvant ensuite tourner dans Les Gladiateurs de l’An 2000 et se retrouver dans Je te tiens, tu me tiens par la barbichette de Jean Yann.

L'Oeuf du Serpent

Les années 80 marquent pourtant le début d’une longue période de déclin pour sa carrière, l’acteur alternant apparitions dans des séries télé et seconds rôles dans des films médiocres, du film de guerre à low budget, au film d’action décérébré, en passant par le western mou (bref, les daubinettes typiques des 80’s). Bien qu’il multiplie les projets, l’acteur n’obtient jamais de rôles vraiment intéressants ou de propositions alléchantes. A trop accepter tout et n’importe quoi, il a vite basculé dans la ringardise et le second plan, souvent synonyme de mort assurée à Hollywood. La décennie suivante confirmera malheureusement cette tendance et Carradine terminera le millénaire sans l’avoir marqué, si ce n’est télévisuellement, avec la suite de Kung Fu.

Mais, c’était sans compter sur un fan de la première heure, qui avait déjà réussi l’exploit de relancer des carrières de has been en un film. Carradine  en aura droit à deux: les deux Kill Bill. Qui d’autre pouvait interpréter le rôle titre de cet hommage aux films de Kung Fu et aux westerns, si ce n’est celui qui s’est fait connaître dans les deux genres? Dernier grand rôle de l’acteur, Kill Bill  lui redonne de cet aura d’acteur culte qu’il l’entourait au début de sa carrière.  Même si cela ne lui a pas permis pour autant d’avoir de meilleures proposition de job et qu’il se retrouve embarqué dans des projets du même topo que ceux qu’il a connu dans les années 80, l’acteur a tout de même été réhabilité aux yeux du grand public.

Le 4 juin 2009, David Carradine a été retrouvé pendu dans sa chambre d’hôtel à Bangkok, où il tournait Stretch de Charles de Meaux. L’acteur serait mort des suites d’un jeu sexuel qui aurait mal tourné. Triste fin peu ordinaire pour un homme peu ordinaire…

La Final Scene de Kill Bill:

Rares sont les vraies gueules de cinéma,  ces tronches qui impriment la mémoire comme la pellicule.  David Carradine était de ceux là. Ce regard froid et envoûtant, ces traits marqués, cette beauté singulière et ce charme fou nous manqueront vraiment.

Lullaby Firefly

Partager cet article
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • email

About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.