Critique de The Reef

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Rating: 2.6/5 (5 votes cast)

 

The Reef

D’Andrew Traucki

Avec Damian Walshe-Howling, Zoe Naylor, Adrienne Pickering, Gyton Grantley et Kieran Darcy-Smith

Australie – 2009 – 1h29

Rating: ★★★☆☆

Aujourd’hui 21 juin c’est officiellement l’été. Donc bientôt les vacances, le soleil, la mer, le masque et le tuba. Afin de nous mettre en condition, Wild Side sort le DTV The Reef, une histoire de requin signée Andrew Traucki, un réalisateur australien qui s’y connaît bien en terreur aquatique puisqu’il avait déjà réalisé précédemment Black Water où un crocodile dévorait de pauvres naufragés. C’est un peu près le même scénario que l’on retrouve dans The Reef puisqu’une nouvelle bande de vacanciers font naufrage en pleine mer et doivent atteindre à la nage une île située à une vingtaine de kilomètres tout en évitant le gros requin qui traîne dans les parages.

Comme les films de zombies, les films de requins doivent jouer avec des codes, toujours énoncés par le grand film qui a lancé le genre, tout en essayant de ne pas trop faire pitié par rapport à l’œuvre séminale. Et la tâche est d’autant plus ardue car rien ne ressemble plus à un film de requins qu’un autre film de requins. Pour se différencier des squales en CGI qui ont pullulé dans la Sharksploitation de bas étages de ces quinze dernières années, The Reef opte pour des prises de vues réelles avec de vrais requins, choix logique dans la mesure où le film s’inscrit davantage dans une approche réaliste de son sujet, tenant autant du drame vécu que du film d’horreur classique.

Si The Reef envoie rapidement ses protagonistes à la flotte, il attend presqu’une bonne heure avant de lâcher la bête. Le film joue sur la tension imposée par le choix cornélien qui divise les naufragés. A savoir rester sur un bateau qui coule, comme le suggère Warren (parfait sosie du chanteur de A-ha) qui sait que la mer est pleine de requins vu qu’il y pêche tous les jours, ou bien alors partir à la nage en se guidant avec une montre, ce que saurait faire Luke. Entre les deux alternatives, Kate, Suzie et Matt hésitent longuement car leur choix sera déterminant pour la suite de l’aventure. Le groupe prend une décision irrévocable et se jette à l’eau.

The Reef privilégie avant tout l’action, celle des personnages filmés au raz de l’eau dans un milieu hostile. D’un aileron de dauphin au cadavre flottant d’une tortue déchiquetée, en passant par une vague un peu plus haute que les autres, tout laisse suggérer un assaut imminent du squale. Le scénario sait user de la terreur sous-jacente instaurée par la présence du requin dans les parages. Ce qui permet au réalisateur australien de se montrer très économe quand il s’agit d’exposer son monstre (quelques plans larges). De même, le gore est ici très discret, se limitant principalement aux litrons réglementaires d’hémoglobine dans l’eau. En jouant sur la rapidité et la quasi-invisibilité des attaques du requin (comme on peut le voir dans le making-of en bonus), la mise en scène d’Andrew Traucki se veut plus réaliste, ne cadrant jamais au delà de l’échelle de ce que les personnages (et donc le spectateur) peuvent percevoir. Il en résulte un parfait sentiment de malaise qui s’accentue progressivement, un malaise en grande partie entretenu par la qualité d’interprétation des cinq acteurs de cette série B honnête mais guère originale. Spielberg et son requin en carton pâte peuvent donc dormir tranquilles.

 

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».