Uwe Boll-ywood

 

 

« Postal est meilleur que tous les films présentés au Festival de Cannes cette année. Mais quelle que soit la bouse qu’ils aient tournée, ce sont toujours les mêmes réalisateurs qui sont invités. »
Uwe Boll

Ne vous inquiétez pas, cette citation ne concerne pas le festival de cette année mais celui de 2007, même si je pense que son auteur se fout de l’année et aurait pu la sortir n’importe quand.

Qu’est donc Postal ?

C’est l’adaptation d’un jeu vidéo ultra violent des années 90 mis au goût du jour, puisque son auteur et réalisateur prend la liberté d’ajouter à ce shoot ‘em up de banlieue bouseuse américaine des talibans, une secte composée de putes, des dialogues naïvement tarés et provocateurs, George Bush, Ben Laden, des jouets explosifs de manufacture allemande, j’en passe, et des meilleurs !
Disons donc qu’à défaut d’être meilleur que les films présentés au festival, c’est celui qui affiche le plus clairement un mauvais goût assumé sans aucune modestie et un jusqu’au boutisme sans égal dans le cinéma actuel.


Cela n’a rien d’étonnant, puisque son auteur, Uwe Boll, réalisateur/scénariste d’origine allemande, s’est spécialisé dans la provocation et après plusieurs adaptations de jeux vidéos plus que ratées comme
House of the Dead, Alone in the Dark et Bloodrayne. Ca n’a rien de surprenant, des merdes comme ça sont tournées tous les ans par d’illustres inconnus, mais la différence se tient dans le fait que Boll ne ferme pas sa gueule. Au contraire, il l’ouvre dès qu’il peut pour s’autoproclamer visionnaire et comme le nouveau Lynch et Scorsese alors que beaucoup le voient comme le nouvel Ed Wood, critique qu’il prend très à cœur, au point même de défier certains de ses détracteurs à un match de boxe durant lequel il les étale, leur ayant caché son passé de boxeur. Les matchs auraient été filmés et devraient être réutilisés dans un futur film.
Et ouais, il est comme ça Uwe, il rigole pas!

Cet homme me fascine, il me fascine comme personne dans la cinéma actuel, pas par son talent mais par sa prise de risques systématique et ses couilles en acier trempé, il est dans la provocation constante et en plus, il tourne toujours, tout le temps, dès qu’il peut, dès qu’il veut, il utilise même les décors d’un film précédent pour faire un film de nazixploitation déguisé en film historique où il se met lui-même en scène en agent SS, je vous rappelle qu’il est allemand…. La bande annonce de ce film intitulé sobrement Auschwitz fascine et repousse en même temps, rien que ces quelques minutes maltraitent le cinéma et toute la pensée occidentale du siècle passé, mais Boll n’a pas peur de ça, il veut filmer, montrer, faire, provoquer. Provoquer quoi, je ne sais pas, mais il ne loupe jamais l’occasion de disséquer à l’écran son esprit d’adolescent qui traite tous les sujets même les plus graves avec un humour pipi caca.
Taxé de paria, de bête noire du cinéma et de chantre du mauvais goût, les internautes signent une pétition pour qu’il arrête de faire du cinéma suite à son désastreux
House of the Dead , des artistes reconnus acceptent pourtant de jouer dans ses films, comme Ray Liotta, Burt Reynolds ou Jason Statham dans le consternant King Rising.


Pour boucler la boucle, je vais donner mon avis au lieu de faire sa biographie : j’ai une tendresse pour cet homme et ce qu’il appelle son chef d’œuvre, Postal. En effet, il me rappelle une fureur, une liberté que beaucoup d’auteurs n’ont pas et renvoie directement aux films passés du grand Russ Meyer tout en offrant un sous texte naïf et grossier mais qui fonctionne sur moi, comme il le dit lui-même : « C’est un film pour la liberté d’expression, qui écrase la gueule de tous ces stupides idiots religieux. Les fondamentalistes et les chrétiens intégristes façon George Bush dirigent la planète ; ça nous inquiète, mais on ne fait rien. On ne fait rien non plus à propos des guerres vides de sens ou du réchauffement planétaire. On ne fait qu’en parler. Et pendant ce temps, les politiciens payés par les industries du pétrole et de l’armement détruisent tout. Il n’y a pas de mauvais goût dans Postal. Le film est un miroir de la réalité. C’est la réalité qui est de mauvais goût. Si vous êtes choqué par Postal, vous êtes soit, a), stupide, soit, b), acheté par les multinationales de l’armement ou du pétrole, ou, c), un fanatique religieux. »

Merci Uwe Boll, bisous virils dans ta barbe.

Skreemer

Partager cet article
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • email

About Skreemer

Comme le dirait son bon pote Brassens, « Autrefois, quand j’etais marmot, J’avais la phobie des gros mots, Et si je pensais «merde» tout bas, je ne le disais pas… Mais Aujourd’hui que mon gagne-pain c’est de parler comme un turlupin, Je ne pense plus «merde» pardi ! mais je le dis. » En plus de tout ça, Skreemer a un goût certain pour la bagarre verbale avec les cons, les livres, les films et les bandes dessinées. Ses biscuits préférés sont les Hello Kitty à la fraise et il a toujours du Coca-Light et des clopes chez lui au cas où une demoiselle passerait. Par contre, il fait de longues phrases sans fin, avec plein de virgules dedans et n’aime pas les tomates. De plus, il est petit en taille et compense en utilisant du verlan.