Acteurs et actrices pornographiques dans le cinéma traditionnel en 10 films

 

 

On a coutume de dire que le monde du cinéma ne se mélange pas avec le monde du cinéma pornographique. Pornographie, «représentation complaisante de sujets, de détails obscènes, dans une œuvre artistique, littéraire ou cinématographique »ou « objet de divertissement qui a pour finalité la masturbation », alors que sa définition première est l’ étude concernant la prostitution, cette définition qui se retrouve dans son étymologie, le mot pornographie dérivant du grec ancien pornográphos, lui-même un dérivé de pórnê signifiant « prostituée » et de gráphô, qui signifie « peindre », « écrire » ou « décrire ».

Pourtant, le porno est quelque chose de cool, tantôt gênant, tantôt assumé, bien imbriqué dans notre société de consommation et notre monde d’argent. La preuve, le cinéma intègre de plus en plus facilement des acteurs et actrices pornographiques, car le porno s’est upgradé ! En effet, il existe maintenant l’alternative porn, apparu aux Etats-Unis dans les années 90, celui-ci est défini comme une sous-culture mêlant en fait la pornographie et les différents mouvements alternatifs comme le gothique, punk, rave.

Une plongée de mauvais goût s’impose alors, dans ce mélange de genre, voire mélange d’effluves…

 

On se calme et on boit frais à Saint-Tropez (1987) de Max Pécas

 

Une jeune étudiante préfère partir en vacances à Saint-Tropez plutôt que de rester à Paris pour réviser. Elle y croise son père aux bras de sa secrétaire. Sa mère arrivée à Saint-Tropez, la jeune étudiante et ses amis feront leur possible pour réconcilier les parents. Premier rôle consistant de Brigitte Lahaie, déjà vu chez Max Pécas dans Brigade des mœurs deux ans auparavant. Pour information, le premier rôle traditionnel de Brigitte Lahaie a été dans un film de genre, Les Raisins de la mort de Jean Rollin en 1978, un des premiers films français de zombie.

 

 

Capitaine Orgazmo de Trey Parker (1997)

 

Bien avant le succès de South Park, les acolytes Trey Parker et Matt Stone avaient mené à bout ce projet de comédie loufoque, où un mormon en tournée d’évangélisation en Californie (joué par Parker), expert en arts martiaux, est engagé sur le tournage d’un film pornographique pour y incarner le Capitaine Orgazmo, un super-héros qui lutte contre le crime. Pour l’aider, il dispose de deux atouts : Choda Boy, son adjoint, et l’orgazmo-rayon, une arme qui provoque des orgasmes fulgurants chez ceux qu’elle atteint. Une avalanche de stars, dont la plupart sont retraités : Ron Jeremy, Chasey Lain, Juli Ashton, Shayla Laveaux, Jill Kelly et le très controversé Max Hardcore, de son vrai nom, réalisateur et acteur de films porno violents (fist et foot-fucking, vomissements, urophilie) avec des actrices en tenue d’écolière, ce qui lui a valu 48 mois de prison en 2008, car 10 cours de justice ont engagé une procédure contre lui pour obscénité.

 

Romance X de Catherine Breillat (1999)

 

Une jeune femme, Marie, vit une relation frustrante émotionnellement et sexuellement parlant. D’un coup d’une nuit avec un inconnu, elle enchaîne une série de relations éphémères. Rocco Siffredi, au sommet de sa notoriété d’acteur porno international, joue l’homme qui fera basculer la jeune femme, la poussera à se perdre dans le désir charnel. La véracité de la pénétration de Rocco Siffredi sur Caroline Ducey a par ailleurs été disputée (par la réalisatrice Catherine Breillat et Caroline Ducey), mais confirmée par Rocco Siffredi.

 

Baise-moi de Virginie Despentes et Coralie Trinh Thi (2000)

 

Film adapté par sa propre auteure, Virginie Despentes, on est plongé dans une virée mal fichue s’inspirant de Bonnie & Clyde (Bonnie & Bonnie en l’occurence), La Balade sauvage et surtout Tueurs-Nés. Film scandale à l’époque, sorti dans très peu de salles suite à son interdiction aux moins de 18 ans. Deux actrices porno d’époque, Raphaëlla Anderson et surtout Karen Lancaume, Karyn Bach de son vrai nom, demeurée blessée par son expérience du milieu de la pornographie à propos duquel elle tenait des propos très durs, dénonçant le machisme et l’égoïsme ambiant: «Double pénétration par 5 °C, suivie d’une éjaculation. Couverte de sperme, trempée, morte de froid, personne ne m’a tendu une serviette. Une fois que t’as tourné ta scène, tu ne vaux plus rien.». Malheureusement le film n’est en rien féministe car il n’a pas de discours.


Head-on de Fathi Akin (2004)

 

Une histoire d’écorchés vifs dans la communauté germano-turque, qui gagne l’Ours d’or de Berlin. Mais des succès peuvent s’accompagner de scandales, ce qui fût le cas pour l’actrice principale, Sibel Kekilli, dont le passé d’actrice porno refait surface, provoquant une gêne. Néanmoins, le film prouve qu’elle est une actrice à part entière, certes elle n’a pas de carrière encore aujourd’hui, mais quel acteur ou actrice connaissez-vous d’Allemagne ? Christoph Waltz? Normal, il tourne aux Etats-Unis.

 

 

 

Zombies Strippers de Jay Lee (2008)

 

Nous voilà dans une dystopie, Bush élu pour la 4ème fois consécutive engage que la nudité publique soit interdite sur l’ensemble du territoire américain. Lors d’une opération d’éradication de zombis dans un laboratoire, un soldat se fait mordre et s’enfuit afin de ne pas être abattu par ses camarades. Il se réfugie dans une boîte de strip-tease clandestine où il attaque Kat, la star de la boîte et fait d’elle la première Zombie-Stripper. En premier rôle, la Reine du porno Jenna Jameson (16 ans de carrière), accompagné de Robert Englund (Freddy) pour un trip potache et gore.

 

Black Dynamite de Scott Sanders (2009)

Parodie des films de Blaxploitation (Shaft, Superfly et surtout Sweet Sweetback badassss song et Car Wash), le film invite pas moins de 4 porno stars, jouant des femmes-objets : Justine Joli, Charlotte Stokely, Charmane Star et Erika Vution. En même temps les membres des équipes de tournage des films de Blaxploitation, provenaient souvent de l’industrie pornographique, qui a d’ailleurs éclos au même moment.


The girlfriend experience de Steven Soderbergh (2009)

Le premier réalisateur issu du cinéma indépendant avoir eu une Palme d’Or (Sexe, mensonges et vidéo en 1989), met en scène avec une caméra bon marché, le quotidien d’une escort-girl du nom de Chelsea. L’histoire se déroule parallèlement à la crise financière et le premier rôle est assuré par la princesse du alternative porn, la bien-nommée Sasha Grey. Le film se veut complexe et très sobre, dans une réflexion postmoderne, qu’est-ce qu’être une escort-girl ? Une porno star ? De plus, Sasha Grey abonde de projets, elle sera dans le prochain clip d’Eminem et est membre d’un groupe de musique industrielle aTelecine, faisant parfois des DJ sets aux Etats-Unis et au Canada. Elle a déjà participé à 2 clips, Superchrist de Smashing Pumpkins et Birthday Girl de The Roots.


Hypertension 2 de Mark Neveldine et Brian Taylor (2009)

Avec ou sans actrices porno, c’est vraiment un film de mauvais goût. Le premier opus, le protagoniste avait un virus qui bloquait les récepteurs d’adrénaline, là il a un cœur artificiel, marchant à batterie donc à recharger. Il y avait déjà des situations cocasses pour faire continuer à faire battre son cœur dans le premier opus, il faisait l’amour en pleine rue, là il se retrouve sur un tournage de films pornographique, avec les stars Lexington Steele (l’acteur noir le plus côté de l’industrie), Monique Alexander, Jenna Haze et Ron Jeremy. Oui, on frôle la ligne jaune…


Piranha 3D d’Alexandre Aja (2010)

Voici le dernier de la liste et peut-être le plus culte. En se remémorant les films de son adolescence, le réalisateur français expatrié au pays de l’oncle Sam, jouit à faire une comédie gore de survie, sous-marine. Les porno stars sont au nombre de 3, mis en place pour être charcutées : Riley Steele jouant Crystal Sheppard dont les seins siliconées seront partagés par les poissons carnivores (l’un lui sort de la bouche) ; la grande rousse Gianna Michaels, en parachute ascensionnel, qui se fait bouffer les jambes ; enfin Ashlynn Brooke, qui est la pom pom girl qui se fait couper en 2 par un câble de la scène des t-shirt mouillés qui s’est détaché.

 

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…