Critique Le Rite

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The Rite

De Mikael Håfström

Avec Anthony Hopkins, Colin O’Donoghue, Alice Braga et Rutger Hauer

Etats-Unis – 2011 – 1h52

Rating: ★★☆☆☆

Il va falloir se faire à l’idée: la mode dans le cinéma fantastique est désormais de se baser sur une histoire vraie, du moins de s’inspirer de faits réels en laissant planer le doute sur la nature exacte de la réalité prise en compte pour le récit. Dernier exemple en date, Le Rite est une histoire d’exorcisme qui ne s’inspire d’aucun fait réel de possession démoniaque mais tout simplement du fait que le Vatican forme des prêtres à l’exorcisme.

Le film de Mikael Håfström, tâcheron hollywoodien venu de Suède, raconte donc l’initiation d’un jeune séminariste américain parti à Rome pour suivre les fameux cours du rite en question. Doutant de l’existence des démons et de Dieu, le prêtre en devenir est placé sous l’égide du père Lucas, interprété par Anthony Hopkins, exorciste à plein temps. Le scepticisme du jeune garçon sera mis à l’épreuve suite aux évènements surnaturels dont il va être témoin puis victime.

Depuis le définitif Exorciste, sorti il y a bientôt quarante ans, les histoires de possessions se succèdent mais peinent à se hisser à la cheville du chef-d’œuvre de William Friedkin. Le Rite ne fait malheureusement pas exception à la règle en dépit d’un scénario qui tient en haleine mais qui ne renouvellent pas les codes du genre. Corps distordus, marques sur la chair et langage ordurier pour les possédés, culpabilité personnelle, perte de foi et sentiment d’impuissance pour les prêtres, le film ne cherche pas à faire dans l’original et préfère donner au spectateur ce qu’il est venu chercher. Autrement dit, un thriller chrétien qui fait flipper.

Sauf que l’on aurait également à redire sur les moyens mis en œuvre pour faire trembler le public, du moins le faire sursauter à coups de sempiternels jump scares, inaugurés ici par un chat bondissant d’une fenêtre. Bref, des effets aussi éculés que garantis, surtout avec le gros son d’une salle de cinéma, qui ne témoignent aucunement d’un quelconque savoir-faire horrifique. Anthony Hopkins fait de son mieux pour colmater la brèche dans un final où il ressort du placard son jeu labellisé Hannibal Lecter mais le résultat est foncièrement décevant.

On préfèrera donc se rabattre sur Le Dernier Exorcisme, sorti l’année dernière, qui était loin d’être parfait mais qui avait bien plus de respect pour le genre que ce Rite trop machinal pour nous bouleverser.

The Vug

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About The Vug

Utilisant que très rarement sa soucoupe volante en raison de son mal des transports, The Vug passe ses journées devant la télévision en se gavant de nicotine (l’unique aliment terrien qu’il peut supporter). En attente d’une régularisation de sa situation (ses papiers d’identité n’étant pas reconnus par l’administration), il descend régulièrement au bistrot en bas de chez lui, toujours accueilli par le patron d’un affectueux « Et un p’tit blanc pour le p’tit gris ! ».