Critique de Hell Driver

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Rating: 2.3/5 (3 votes cast)

 

Drive Angry

de Patrick Lussier

avec Nicolas Cage, Amber Heard et William Fichtner

Etats-Unis – 2011 – 1h44

Rating: ★★☆☆☆

 

Décidément, Nick Cage est sur tous les (bons ?) plans cette année. Après Kick-Ass, on était en droit d’attendre un retour en force de l’homme aux multiples moumoutes mais c’était sans compter sur l’Apprenti Sorcier (Disney/Bruckheimer tout de même) et Le Dernier des Templiers, médiocres bobines prouvant que l’acteur ne cherche plus vraiment la reconnaissance, mais plutôt le plan le plus rentable. Alors forcément, la bande annonce de Hell Driver nous semblait pleines de promesses, et ce, malgré le nom de Patrick Lussier en tête de gondole, qui présage rarement d’augures particulièrement bienveillantes. Faut dire que Lussier, monteur de Craven sur Freddy sort de la nuit (et de l’écran au passage) et la trilogie Scream, est fautif de quelques métrages peu recommandables, dont les seuls à nous être parvenus sont Dracula 2001 avec Gérard « Léonidas » Butler et Johnny Lee « Sickboy » Miller et le remake de Meurtres à la Saint Valentin, qui taquinait déjà la 3D. Ça donne une idée du bonhomme…

Le pitch n’en reste pas moins plutôt alléchant: Milton (Cage donc) revient des Enfers, où il a établi malgré lui ses quartiers depuis un moment, pour venger la mort de sa fille adorée assassinée par une bande de fanatiques satanistes, et, par la même occasion, récupérer sa petite fille enlevée par lesdits hurluberlus. Autant dire que le Milton, il a bien les boules et compte bien « nettoyer la merde ambiante »… Bon, d’accord, à quelques détails près, ça sonne comme Machete (non pas qu’on pense que le Mexique c’est l’Enfer, ne nous faites pas dire ce que l’on a pas dit) mais la ressemblance avec le dernier Rodriguez ne se limite pas simplement au synopsis. Dès la première scène, on sent que Lussier aspire à la même badass attitude que le mexicain à chapeau. Ajoutez à cela la sublime Amber Heard (Tous les garçons aiment Mandy Lane, et on comprend pourquoi), dans le rôle de petite pépée qui n’a pas froid aux yeux (et aux cuisses) et on s’y croirait. Mais force de constater qu’à côté du Lussier, Rodriguez passerait presque pour un mec finaud, tant Hell Driver se complait dans les situations un brin vulgos et enchaine les scènes d’action grosses comme lui. Partant d’un scenar pas si bien écrit que ça, le film voit ses personnages affublés de gros clichetons bien gras pour épaissir une bonne idée de départ mal exploitée. Ajoutez encore à cela un bad guy de pacotiles, Jonah King (interprété par Billy Burke, le père de Bella dans Twilight, vous voyez le délire), affublé d’un accoutrement à faire pâlir d’envie Patrick Juvet et aussi convaincant en sataniste que le chanteur de Tokio Hotel, et le tableau est dressé.

 

Malgré un début prometteur, le film sombre dans la maladresse, bien obligé de pallier le manque de charisme évident de son « méchant ». S’enchaînent alors les lourdeurs narratives, des persos secondaires inutiles (comme ce bon vieux David Morse, dont le seul intérêt est d’énumérer la bio de Milton et de montrer au bout d’1H30 de film que oui, le Cage, c’est vraiment un mec bien, au cas où le spectateur n’aurait pas pigé de lui même), des scènes d’action dont la fonction principale est qu’il se passe quelque chose de spectaculaire, et des ressorts dramatiques à deux balles totalement vains, vu qu’on a bien compris l’enjeu et la finalité du film au bout d’un quart d’heure. Restent tout de même certaines scènes bien pensées (comme la fameuse scène du motel, probablement le morceau de bravoure du film), certains bons dialogues (bien que parfois si mal amenés qu’ils en sont gâchés), petits éclairs de bons sens dans le marasme ambiant.

Cependant, il faut reconnaitre un atout à Lussier, même trois, à savoir son trio d’acteurs qui portent le film à bout de bras et sans qui on serait sans nul doute tombé dans la connerie indicible : Nicolas Cage, qui délaisse les rôles de héros sans reproche et au regard de chien battu pour un perso moins fréquentable mais plus taillé à sa mesure, Amber Heard, qui redéfinit de manière plus sexy que Michelle Rodriguez la fille qui en a dans le futal et avec qui il faudra désormais compter, et William Fichtner, l’agent Mahone de Prison Break, vrai facteur comique du film, tout en restant toujours aussi inquiétant. Les fans d’action et de Nick Cage se réjouiront sans doute, pour les autres, le constat risque d’être amer…

Lullaby Firefly

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.