Christian Bale, la classe galloise

L'Empire du Soleil

 

 

Un apprentissage sur le vif

Christian Bale fait partie des acteurs les plus prometteurs de la génération actuelle, une pure classe à l’ancienne, de celles qui ont bâti la légende d’Hollywood. C’est assez jeune que Bale a commencé à fréquenter les studios, son premier rôle principal étant celui de J.G Ballard enfant dans l’Empire du soleil de Spielberg. Un début somme toute prometteur car, contrairement à bien des enfants stars propulsés par Spielberg, Bale continue son bonhomme de chemin, de plateaux de tournage en plateaux de tournage, enchaînant les rôles, secondaires, presque d’arrière fond, dans des adaptations de classiques littéraires britanniques (Henry V de Kenneth Branagh en 1989, L’île au trésor de Fraser Heston (1990), Les Quatres Filles du docteur March de Gillian Armstrong(1995), ou encore Portraits de Femme de Jane Campion en 1996), apprenant sur le vif, apprentissage plus efficace que des cours d’arts dramatiques, peaufinant son jeu au cœur de l’action, dans l’attente du projet clé.

 

American Psycho

Choix de carrières audacieux

Ce projet arrivera avec Velvet Goldmine de Todd Haynes en 1998. Bale y incarne Arthur Stuart, un journaliste londonien gay devant retracer la vie de son idole, Brian Slade, star du glamrock. Devant le charisme d’Ewan McGregor et la beauté envoutante de Jonathan Rhys Meyer, Bale parvient à imposer la sensibilité et la gaucherie de son personnage (l’acteur n’hésitera pas à rejoindre le casting de I’m Not There, le troisième film de Todd Haynes en 2007). Un choix de rôle judicieux et une interprétation remarquée grâce auquel il se voit proposer le rôle qui pourra le faire entrer à Hollywood par la grande porte.

 

C’est encore un rôle risqué qui confirmera que le gamin a bien grandi, celui de Patrick Bateman, le golden boy serial killer d’American Psycho, le best seller de Bret Easton Ellis, adapté par Marry Harron en 2000. D’une noirceur démoniaque, l’acteur prouve qu’il peut aller très loin dans le réalisme du personnage et donner corps aux émotions les plus sombres, prouesse déjà pressentie dans son interprétation de fils de riche raciste dans Shaft la même année.

The Machinist

 

Repousser les limites du possible pour atteindre une certaine perfection dans son interprétation l’amène par la suite à perdre 28 kilos pour le rôle du conducteur insomniaque Trevor Reznik (en hommage à Trent Reznor) dans The Machinist de Brad Anderson en 2003, ce qu’il refera par la suite pour Rescue Dawn de Werner Herzog et pour, plus récemment, The Fighter de David O.Russel, pour lequel il a obtenu son premier oscar (pour un rôle secondaire).

 

 

L’acteur S.F des années 2000

Si Keanu Reeves a cherché à s’imposer dans la SF des années 2000 avec la trilogie Matrix, il se fera vite piquer la place par Bale qui, à partir de 2002, tente une percée avec le Rêgne du Feu et Equilibrium.

Batman

C’est sa collaboration avec Christopher Nolan qui va définitivement le faire devenir l’acteur de S.F de la décennie, avec Batman Begins, puis le Prestige et enfin The Dark Knight. La trilogie (qui aboutira avec The Dark Knight Rises, actuellement en préparation) explore le côté obscur du super héros, ses obsessions, ses imperfections, ses névroses, son dédoublement et là encore, Bale déploie un large éventail d’émotions. Quant au Prestige, il affine son approche, le film offrant une variation sur le même thème. Sa dernière incursion dans le genre s’est faite sous les traits de John Connor adulte, qu’il incarne dans Terminator Renaissance de McG. Plus ou moins sans Swarzie, Bale a champs libre pour devenir un des faits marquants du film.

 

Une perpétuelle évolution

Le Prestige

Acteur de genre confirmé, Bale n’oriente pas pour autant sa carrière dans cette seule direction. Un excellent acteur doit savoir tout jouer mais davantage ses classiques. Et en la matière, le gallois a déjà prouvé qu’il savait se fondre à merveille dans ce cadre : forgé par de nombreuses adaptations de bouquins phares de la Littérature, passé sous l’oeil de la caméra de vrais auteurs (Le Nouveau Monde de Terence Mallick en 2005, Rescue Man de Herzog en 2007, Public Enemies de Michael Mann en 2009, les Todd Haynes), Bale passe d’un genre (le western avec le remake de 3h10 pour Yuma) à un autre, du film de guerre avec Capitaine Corelli en 2001 au drame historique de l’Empire du Soleil ou du prochain Zhang Yimou, 13 flowers of Nanjing (voir le Ca s’est passé cette semaine ou presque ).Un acteur polyvalent, excellant particulièrement dans la SF, celle d’Equilibrium, des Nolan ou des Brad Anderson, avec The Machinist. Leur prochaine collaboration se fera avec Concrete Islands, adapté, tout comme l’Empire du Soleil, de JG Ballard. Un retour aux sources en somme pour un acteur en perpétuelle évolution.

 

Lullaby Firefly

 

 

 

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.