Critique de Contagion

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Contagion

de Steven Soderbergh
avec Marion Cotillard, Laurence Fishburn, Matt Damon, Jude Law, Kate Winslet

Emirats Arabes Unis/Etats-Unis – 2011- 1h46

Rating: ★★★★☆

On ne sait pas grand-chose. Tout ce qu’on sait, c’est qu’une cadre américaine en voyage d’affaires, Elizabeth Emhoff, a trompé son mari en rentrant de Hong-Kong. Tout ce qu’on sait, c’est que cette même personne, Elizabeth, a passé une soirée à un casino de Macao, en compagnie d’un japonais rencontré à une table de jeux, qu’une mannequin ukrainienne lui a redonné son portable oublié au bar, et tout ce qu’on sait c’est qu’un serveur chinois a débarrassé sa table (d’ailleurs sa sœur est jouée par l’héroïne de Dream Home, Josie Ho, critiqué par The Vug). Et tous ces gens sont morts quelque temps plus tard d’une raison inconnue…

Grippe aviaire en 2007, grippe porcine en 2009, on pourrait même dire vache folle en 1998, je crois Steven Soderbergh rejoue la situation des réactions populaires aux maladies épidémiques et contagieuses, avec toujours son savoir-faire polyphonique (film choral). Pendant 1h45, c’est une spirale de la peur et de la panique qui sont mis en avant. De l’interrogation du mari d’Elizabeth, Mitch (joué par Matt Damon, toujours juste), la gourmandise journalistique du bloggeur Alan Krumwidede (la réflexion sur les médias est pourtant faible), premier au courant de la pandémie, le calme trop calme des scientifiques Docteur Cheever et Docteur Hextall, à la bonne volonté du Docteur Mears (Kate Winslet) ou la douceur du Docteur Orantes (la frenchie Cotillard), le film se pose d’abord en point de vue scientifique. Il n’y a pas de vulgarisation du scientifique, au point que certains termes exprimés sont flous pour le spectateur voire certaines scènes un peu pompeuses, peut-être que réalisme oblige, imaginer une vraie situation d’épidémie… Plus la population du monde entier est filmée, plus le film bascule dans un entre-deux fantastique à haute tension.

Cela souligne à nouveau la marque continue de paranoïa du cinéma américain, ce qui est dit que les gens savent, ce à quoi il faut s’attendre. Personne ne semble épargné, même les protagonistes principaux. Car ils sont emprunts de paranoïa, le virus est apparu en Asie et en Chine pour être plus exact, est-ce un coup de la toute nouvelle première puissance un du monde ? C’est d’ailleurs le seul pays montré avec les Etats-Unis dans le film et on y voit un pays composé de pauvres et de laissés pour compte « qui auront le vaccin en derniers ». Car il est aussi question du monde actuel, avec la vitesse de libération : vitesse du virus, vitesse des appels téléphoniques et bien sûr vitesse de l’hystérie. En effet, je pense qu’il est important de noter le travail des scènes de peur panique générale ; dans une pharmacie, une grande surface, voire la maison de son voisin, à noter une magnifique scène en hors-champ où le personnage de Mitch aperçoit des éclats de lumière qui pourraient être des coups de feu, à côté de chez lui. Et de la vitesse de la libération, vient la synchronisation des émotions, on n’est pas malade mais on pourrait l’être donc on a peur et on fait n’importe quoi, rappelez-vous certaines réactions de gens communs, notables ou encore personnalités face aux virus de grippes (à refuser tout contact).

Pour conclure, si le film est par moments inégal, on préférerait voir tels personnages plutôt que d‘autres, c’est une métaphore du village monde, ce monde dont personne n’a entièrement pris conscience, du moins a conscience qu’il est en train de changer, l’Histoire est en train de s’écrire maintenant et ce n’est pas une blague, avec une impression que l’on récolte ce que l’on sème. La preuve en est, la fin du film qui est le début du récit : une allégorie critique de la mondialisation…

Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…