Avengers: Infinity War Part I (SPOILERS)

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Avengers: Infinity War

 

d’ Anthony et Joe Russo

Avec Robert Downey Jr., Chris Hemsworth, Mark Ruffalo, Chris Evans, ?Josh Brolin, Scarlet Johansson, Elizabeth Olsen, Zoe Saldana

Etats-Unis – 2 h 30 – 2018

Rating: ★★☆☆☆

 

 

D’un gag de Favreau à la fin du générique de Iron Man en 2008, nous voilà 10 ans et 19 films plus tard. Entre deux, on aura vu passer quelques comédies pas dégueux, une tentative de déconstruction ratée de l’univers Marvel par Shane Black ou l’arrivée et le départ de Joss Whedon en seulement deux tentatives, juste le temps d’essayer d’imposer quelque chose d’un peu plus personnel, sans succès.
Surtout, une normalisation alarmante du blockbuster au format épisodique dans des films qui se ressemblent tous. La photo y est quelconque (excepté chez Joe Johnston ou James Gunn, Guardian bénéficiant d’une belle palette de couleurs et le Captain de l’expérience de son réalisateur) et la structure de chaque métrage dupliquée à l’infinie sans que cela ne soit à un moment remis en cause par une grande partie de la presse ou du public. Non, le plus important est de voir ou tout ces films vont mener un jour, le caméo de ce fumier de Lee et la scène post-générique. Les qualités et défauts intrinsèques des films ? Rien à péter ! Une drôle d’idée du cinéma, mais on imagine qu’a force de bouffer de la merde on finit par aimer ça.
Toujours est-il que depuis la fin de Avengers, on nous promet l’arrivée du grand méchant Thanos, chose qui aura pris en fait 6 ans de plus. Assez peu de films ont réussit à susciter autant d’attente en dehors de Star Wars, et de mémoire pas depuis l’incroyable Retour du Roi de Peter Jackson.
Sauf que les frères Russo, pas mauvais sur The Winter Soldier, doivent faire avec 10 ans de personnages et d’histoires, et créer une première partie cohérente dans ce qui ressemble à un énorme fantasme pour l’amateur de comics et plus spécifiquement d’histoires de chez Marvel.

 

Le gros problème de Infinity War et de vouloir faire croire à son spectateur qu’il est en quelque sorte game changer, dans une conclusion dramatique qui ne prend pas de gants. Sauf que tuer des personnages qu’on voit depuis 10 ans doit se faire de manière à servir une intensité dramatique, et pas arbitrairement comme c’est le cas ici, provoquant dans le meilleur des cas un haussement de sourcil gêné, au pire un « heu, mais c’est complètement con ».
Et donc oui, le méchant gagne à la fin et fait disparaître la moitié de l’univers. C’est bien, avant que se rappelle à notre bon souvenir que Spider-Man 2 ou Docteur Strange 2 sont déjà au programme, rendant donc caduc la fin de Infinity War et la mort de la plupart des personnages. Aïe. Disney aurait bien au des corones de nous laisser sur ça, mais il ne fallait pas rêver.

 

 

Quand même, on aurait pu laisser tomber les faits et seulement garder l’idée, avec la promesse d’un spectacle de fou (le film le plus cher du cinéma), mais le comble est qu’on s’emmerde plutôt pas mal durant les très longues 2h45. En dehors du climax ou une partie des héros usent de leurs pouvoirs pour immobiliser Thanos dans une séquence franchement mortelle, l’arc de Thor est ennuyeux a crever et la bataille au Wakanda mou du genou malgré un montage qui se veut urgent et frénétique mais arrive surtout à être illisible.
Surtout, on s’aperçoit vite que le film use à outrance de grosses ficelles pour justifier sa durée. Pour une œuvre de ce genre ça ne pose généralement pas de problèmes, sauf quand cela annule complètement des péripéties de 45min. La hache que Thor se tue (littéralement) à faire forger ? Sert à rien. La climax pré-cité ? Inutile. La récupération des pierres par Thanos est à ce point indéfendable qu’on en vient à se demander si les Avengers n’auraient pas mieux fait de lui donner directement.

Dans ce marasme survit toujours le très bon Downey Jr. (qui doit vraiment, mais vraiment kiffer la thune pour faire ça depuis 10 piges), Josh Brolin évidemment, dont le personnage est en fait le vrai héro du film, et plus généralement le casting même si il est laissé à lui-même. On pense notamment à Carrie Coon qui est vraiment une actrice formidable, mais dont le costume en CGI pourrait cacher n’importe qui.
Et en parlant de ça, j’espère que vous kiffez les fonds verts parce que vous allez en bouffer. La vache, c’est plus un film c’est un jeu vidéo, mais un jeu vidéo moche.

La seule chose dramatique dans Infinity War est d’arriver à combiner toutes les tares du blockbuster moderne en un. Ou quand des enjeux dramatiques illusoires ne sont même pas rattrapés par un spectacle burné et qui fout la gaule. On pourra reprocher à Whedon de venir de la TV et par conséquent de proposer un écrin visuel assez laid (encore que ce n’est pas le pire), mais au moins Avengers offre ce qu’il avait promis. Comme Iron Man de Favreau, une bonne comédie correctement écrite et ou on ne s’emmerde pas. Allez le rematter, c’est cool !

 

 

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About Evilhost

Venu du futur pour empêcher Argento de devenir aussi mauvais qu’Uwe Boll, j’ai malheureusement échoué dans ma mission. Ainsi donc, je suis bloqué dans cette réalité alternative ou Spielberg est considéré comme un génie, condamné par les dieux du bis à mater en boucle et pour l’éternité la filmo de Jean Luc Godard.