Critique: Killing Ground

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Killing Ground

De Damien Power

Avec Harriet Dyer, Ian Meadows, Aaron Perdersen…

Australie – 2016 – 1h28

Rating: ★★★★☆

Sam et Ian espèrent pouvoir camper quelques jours au bord d’un joli lac. Arrivé sur place, le jeune couple bien coiffé et parfumé découvre une tente déjà installée, mais aucune trace des propriétaires. Le lendemain, ils trouvent un jeune enfant déambulant péniblement sur un sentier aux abords du campement. Sam et Ian décident de conduire l’enfant à l’hôpital, s’en suit alors une série d’événements aussi horribles qu’éprouvants pour nos héros campeurs.

Le pays des kangourous nous offrent de temps en temps des petites perles qui essorent un genre en sachant faire ressortir la substantifique moelle de ce dernier. Et dans le genre survival, les Australiens nous ont déjà offert Greg McLean, qui en plus de son Solitaire et ses Wolf Creek, nous a récemment pondu son film somme : Jungle. Avec Killing Ground nous n’atteignons pas la qualité des films précités, mais le survival de Damien Power (scénariste et réalisateur, en plus d’avoir un nom hyper classe) en a grave sous le capot et devient immédiatement un cinéaste à suivre pour les années à venir.

Une chose est sûre, Killing Ground n’est pas là pour conforter le spectateur bien tranquille dans son fauteuil. Le film nous pousse à juger le comportement des protagonistes en jouant sur un aspect fondamental du genre investi, à savoir : « Qu’est-ce que je ferais à la place du personnage ? » . Cette question est primordiale car elle va sans cesse remettre en cause notre suspension consentie d’incrédulité. Et c’est souvent là que les films du genre se vautrent. A plusieurs reprises on pense qu’un personnage prend une mauvaise décision, pour après découvrir que, si ce n’était pas forcément la meilleure, elle a des répercussions bénéfiques ou fait évoluer la situation dans le bon sens. Une façon de nous dire que dans certaines situations, des choix peuvent paraître lâches ou encore immorales, mais néanmoins nécessaires. C’est cette manière qu’a le film de jouer avec nos réactions qui le hisse au dessus du tout venant horrifique.

D’un point de vue formel le métrage manque un peu d’ampleur. On comprend le choix de coller la caméra aux basques des protagonistes mais le réalisateur oublie parfois que son film se déroule en pleine nature. Les héros sont certes piégés, mais ils le sont dans une vaste étendue de forêt, dommage que ça ne se ressente pas. On profite néanmoins d’une jolie photo et de certains choix de cadre pertinent, même si la mise en scène reste bien trop souvent démonstrative.

Les violences graphiques et psychologiques font très mal, Killing Ground est sans concession, on en ressort lessivé. La scène charnière qui fait basculer le film dans son troisième acte vous prend au bide et vous fait serrer le poing. On pourrait avoir peur de la solution de facilité avec le choix d’inclure un très jeune enfant, qui rendrait le spectateur immédiatement vulnérable, mais sans en dévoiler trop sachez que la présence d’un tel personnage n’est pas uniquement là pour faire frissonner les mamans.

Il manque à Killing Ground un parti pris de mise en scène qui fait sens avec son propos, comme dit plus haut, si cette dernière était moins démonstrative le film de Damien Power aurait pu se hisser aux côtés des classiques du genre. Il nous reste quand même un survival de très bonne fracture facture, pardon, et ça c’est déjà très bien.

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Gutbuster est un fantôme, un esprit frappeur s'amusant à effrayer les gens dans leur quotidien. Infligeant des tortures mentales abominables, le bougre s'amuse à intervertir les dvd dans des mauvaises pochettes, ouvrir les boites de figurines ou encore régler les radio-réveils sur NRJ. Il peut aussi s'amuser à pirater votre compte Amazon pour commander des livres de Berbard-Henri Levy ou le dernier film en date de Franck Dubosc. Tremblez, cinéphiles du monde entier, Gutbuster veille au grain pour vous faire trembler d’effroi !