Le Top 10 de l’année 2017

 

Les rédacteurs ont dressé leur top 2017 en accordant des points à chaque film de leur classement. Ces scores comptabilisés,voici les 10 films qui ont donc marqué l’année selon l’équipe (et les lois mathématiques!)



 10 ex aequo: Quelques minutes après minuit de Juan Carlos Bayona 

Après l’espoir dans The Impossible, Juan Antonio Bayona poursuit son exploration sans filtre de l’émotionnel en s’attaquant cette fois-ci à l’opposé : le deuil. Face à ce pesant sujet, le réalisateur espagnol ouvre, via son impressionnant arbre conteur, la fenêtre du fantastique pour mieux faire passer une pilule qui devrait quand même vous faire chialer. Alors oui, il y en aura toujours pour crier à l’arnaque larmoyante mais ça serait dommage de rester totalement hermétique à une telle maîtrise de la mise en scène et de ne pas se laisser aller à la catharsis. C’est aussi à ça que ça sert les contes merde !
10 ex aequo – The Lost City of Z de James Gray
A l’image de son héros, l’obsessif explorateur Percy Fawcett, James Gray se lance dans une folle odyssée cinématographique qui mettra près de dix ans à se concrétiser et qui le conduira bien loin du bitume new-yorkais pour un éprouvant tournage au cœur de la jungle tropicale colombienne. Marchant sur les traces d’Herzog, le cinéaste aura plus de chance que son tragique personnage en parvenant à nous livrer ce bijou d’aventure aussi classieux qu’envoûtant qui ne rencontrera pas son public.
Dommage car The Lost city of Z nous rappelle une époque où des fresques ambitieuses et adultes telles que Lawrence d’Arabie ou Le Parrain pouvaient bénéficier de budgets parmi les plus importants. Une époque qui semble désormais révolue… Malgré tout ça, le film est loin d’être passéiste et peut même se révéler beaucoup plus audacieux qu’il n’y parait, notamment dans son « non-final » et son impénétrable mystère.


8 –  mother! de Darren Aronofsky

…désolé, tout est parfait dans ce film. Y compris le fait d’avoir balisé le deus ex-machina du récit à grands coups de CGI pernicieux, le fin mot est certes immanquable mais peut-être parce que c’est ce qui devait être fait à ce moment-là. Les parenthèses intimistes que furent The Wrestler et Black Swan ont je crois permis à Aronofsky de trouver la juste distance qu’il cherchait dans l’épique et la traversée à laquelle nous convie mother! frôle les cîmes des plus grands,  à la croisée des sillons entamés par Thadeusz Kantor et  Bela Tarr. Sorry showbizness, sorry télé-réalité et nivellement par le bas, l’Art a de nouveau su trouver son chemin vers les foules.

7 – Blade Runner 2049 de Denis Villeneuve

 

L’histoire se répète pour la franchise Blade Runner, le film de Villeneuve étant un échec autant critique que public. En attendant que le film soit un jour réhabilité (Pas dans 30 ans on espère),  nous sommes quand même quelques un à la rédaction a avoir bien apprécié cette suite, qui avec Minority Report (entre autre) fait partie des meilleurs œuvres de SF depuis l’original de Ridley Scott. Parce qu’il faut pas mal d’audace pour sortir aujourd’hui un blockbuster de 2h45 a l’opposé des standards pétaradants du cinoche US, privilégiant une mise en scène faite de silences et utilisant le son et l’image pour raconter une histoire plutôt que des tunnels de dialogues. Nul doute qu’on y reviendras pour quelques analyses, après plusieurs visionnages !


6-  Okja de Bong Joon-ho

Grand prêtre d’une SF écolo, le coréen Bong Joon-ho continue de disséminer un message fort sur les dérives de l’industrialisation à outrage, de son impact sur l’écologie mondiale. A la manière d’un The Host dont on aurait inversé les valeurs, Okja s’avère être un plaidoyer pour la reconnaissance du droit des animaux et les questions morales que cela pose à notre société.

 


5- Upstream Color de Shane Carruth

La sortie en France d’Upstream Color aura été une attente longue, le film datant de 2013. Depuis sa projection à l’Etrange Festival en 2015, on s’attendait à le voir débarquer au printemps suivant. Que nenni car c’est finalement cet été, dans un nombre de salles fort limité que quelques amateurs auront pu découvrir le bijou de Shane Carruth sur un support à sa mesure. un grand écran. Près d’une décennie après son premier effort, Primer, une histoire de voyage dans le temps qui arrivait à accorder la hard science à un budget riquiqui, le tant attendu Upstream Color poursuit les questionnements de son auteur sur la froide fatalité de l’existence et les fantasmes illusoires pour y échapper. A travers les histoires entremêlées d’un homme et d’une femme, hôtes involontaires d’un parasite influant sur les comportements collectifs, Carruth s’interroge sur le formatage sociétal des individus et notre résignation à abandonner nos rêves.


4- Silence de Martin Scorsese

Martin Scorsese a toujours parlé de sa foi dans ses films, mais ce Silence est celui où il en parle le plus frontalement. En effet, à travers ce récit initiatique de deux missionnaires en terre étrangère, Scorsese questionne sa foi autant que la notre sans imposer quelque vision que ce soit. Un film dont on sort avec plus de questions que de réponses, et surtout, un hommage absolument pas caché au cinéma japonais. Le film qui m’a le plus remué ces dernières années, que ce soit dans sa violence, dans son propos, ou dans son savoir faire. J’aimerais que tous les réalisateurs puissent sortir de leur zone de confort avec autant de succès et de facilité que Scorsese.

3 – Get Out de Jordan Peele

À peine séparé de son compère Keegan-Michael Key, Jordan Peele fait un virage à 180 degrés pour ce thriller horrifique non sans humour, détournant les codes du thriller domestique et du film de hillbilly pour nous plonger dans l’enfer du racisme post-Obama. Déroulant méticuleusement son thriller autour de la question raciale, Peele pousse les inversions des valeurs pour grossir un trait, qui puise malheureusement ses racines dans un mal bien réel: le malaise rampant de la negrophilie, plus insidieuse et tordue que la negrophobie habituelle, filant un métaphore sur l’hypocrisie de la société actuelle.


2 – Baby Driver d’Edgar Wright

Troisième film d’Edgar Wright à figurer dans le top depiuis la création de Celluloïdz, Baby Driver n’a pas volé sa place parmi les meilleurs films de l’année. Fun, alternant scènes d’action motorisées d’anthologie et scènes plus posées,il condense le style inimitable de Wright, qui démontre de nouveau son talent incroyable de metteur en scène et de scénariste, tout en évoquant des références parfaitement digérées.


1er – Grave de Julia Ducournau

Des femmes dans le top, c’est rare alors quand elles arrivent en première place à presque l’unanimité, c’est assez rare pour le marquer d’une pierre blanche! Et au vu du film en question, c’est plus que mérité. Convoquant à la fois Claire Denis et Cronenberg, Grave demeure une curiosité dans le cinéma français, les films de genre de cette facture étant plus que rares. Intelligent dans son écriture et inspiré dans sa mise en scène, le film est également porté par son trio d’acteurs donnant corps et âmes a des personnes plus complexes qu’ils n’y paraissent. Un ovni dans la production de ciné de genre fr qui redonne un peu d’espoir après une décennie de films plutôt médiocres.

 

LE TOP 10 DES REDACTEURS

Lullaby Firefly 

  1. Baby Driver– 2. Free Fire – 3. Get Out – 4. Grave – 5. Upstream Color – 6. Okja – 7. I’m not a witch – 8. Fantastic birthday – 9. I’m not your negro – 10. Patti Cakes

Flop: 13 reasons why

Coup de coeur hors ciné: L’album Vilains des Queens of the Stone Age et la série Feud

The Vug

1. Upstream Color – 2. Grave – 3. Blade Runner 2049 – 4.Baby Driver – 5. Free Fire– 6. Mother! – 7. Get Out – 8. Okja – 9. Yakuza Apoclaypse – 10. Patti Cakes

Flop : Split

Coup de cœur hors-ciné : La réédition de Miracle Mile de Steve de Jarnatt

Hamburger Pimp

1.  Birth of a nation– 2. Okja – 3. Dunkerque– 4.  Get Out – 5. The young Lady – 6. Blade Runner 2049 – 7.  Patti Cake$ – 8. Yakuza Apocalypse – 9. Grave – 10. Baby Driver

Flop: L’Univers cinématique de Marvel

Coup de coeur hors-ciné:  la bande originale du film Les Figures de l’ombre

Skreemer

1. Silence – 2. Jackie – 3. Grave – 4. Baby Driver – 5. Get Out  – 6. Dunkirk– 7. Mother!– 8. Quelques minutes après minuit– 9. A Ghost Story– 10. Star Wars The Last Jedi

Flop: Justice League

Coup de coeur hors ciné:  Twin Peaks the return

HollyShit

1. Silence – 2. Grave – 3. Baby Driver – 4. The Lost City of Z– 5. Quelques minutes après minuit – 6. El Bar – 7. Laissez bronzer les cadavres– 8. Au revoir là haut – 9. La Lune de Jupiter– 10. Logan / Good Time

 Flop :Alien covenant
Coup de cœur hors ciné :
La sainte trinité des séries Twin Peaks the returnThe Leftovers et Fargo.
Le clip « Little Dark Age » de Nathaniel Axel et David MacNutt pour MGMT.
Evilhost

1. Grave– 2. The Lost City of Z – 3. Blade Runner 2049– 4. Baby Driver – 5. War of the planet of the apes
 – 6. Okja – 7. Nocturnal Animals – 8. Moonlight – 9. Logan– 10. Star Wars The Last Jedi

Flop : Wonder Woman / 13 Reasons Why

Coup de coeur hors ciné: l’album Damn de Kendrick Lamar / The Leftovers saison 3 / Twin Peaks the return

Nonobstant2000

1. Upstream Color– 2. Mother! – 3. Silence – 4. Quelques minutes après minuit– 5. Good Time– 6. The Void– 7. Get Out – 8. Kolossal – 9.  Life – 10. Spiderman Homecoming

Coup de coeur :  la re-sortie de Ikarie XB-1 et Twin Peaks the return

Flop: The Handmaid’s Tale (« y a rien de plus drôle que de voir une scientologue militer pour l’émancipation »)

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