Critique : Revenge [PIFFF 2017]

VN:F [1.9.22_1171]
Notez ce film
Rating: 3.0/5 (2 votes cast)

De Coralie Fargeat.

Avec Matilda Lutz, Kevin Janssens, Vincent Colombe et Guillaume Bouchède.

France – 2017 – 1h48

Rating: ★★★☆☆

Richard, un riche homme d’affaire, organise une partie de chasse avec deux collègues dans sa villa perdue au milieu du désert. Il en profite pour venir en avance afin de passer quelques jours avec sa jeune maîtresse mais voilà, les deux invités arrivent en avance. La sexy Jen semble beaucoup plaire à l’un d’entre eux qui profite de l’absence de leur hôte pour la violer… Normal ! Comme si le weekend ne virait déjà pas assez au glauque, Richard, à son retour, ne se montre pas très compatissant envers son amante. Pire, il décide même de la supprimer. La partie de chasse aura donc bien lieu, reste à savoir qui sera la proie…

Un an après Julia Ducournau, c’est au tour d’une autre réalisatrice française, Coralie Fargeat, de se confronter au cinéma de genre avec l’ambition de bousculer les habitudes locales mais, autant le dire d’entrée de jeu, Revenge n’est pas Grave. Préférant le rape and revenge au body horror, le film tombe à point nommé, alors qu’Hollywood est encore bouleversée par l’affaire Weinstein et ses multiples répercussions. Aussi, on peut saluer l’approche tout à fait à propos de Coralie Fargeat qui fait de ses agresseurs de riches patrons dans la fleur de l’âge tandis que leur victime est une bimbo dont la tenue pourrait, selon des jugements encore terriblement répandus, justifier son triste sort. Bon, même si celle-ci se révèle plus badass dans l’action, les personnages peinent à se développer par la suite, pas forcément aidés par un casting très mécanique, et le film ne pousse pas vraiment davantage la réflexion pour verser dans le genre le plus décomplexé, sinon le plus gratuit.

Alors que notre héroïne est d’abord laissée pour morte, le film vire au pur survival qui culmine lors d’une prise de peyote où Jen cautérise ses plaies à la John Rambo avant de renaître de ses cendres tel le phoenix d’une canette de bière ! Arborant alors un look évoquant les tueuses sexy des derniers Metal Gear Solid, la proie, qui en a quand même bien chié, devient la plus impitoyable des chasseuses. Bon, dit comme ça, ça peut sembler archi-fun mais Revenge, malgré une mise en scène solide et un gore bienvenu, déroule un programme bien trop balisé et se révèle vite très répétitif, les scènes s’étirant souvent jusqu’à l’ennui. Quitte à vouloir embrasser pleinement le genre, la réalisatrice, pourtant d’humeur grand-guignolesque, aurait peut-être du pousser le flirt avec le fantastique.

Si les fans du genre y trouveront certainement leur compte et qu’on pourra apprécier, selon l’humeur, soit le formalisme de l’entreprise soit son côté bas du front, on regrette quand même, surtout en ce moment, qu’une réalisatrice telle que Coralie Fargeat s’en tienne ainsi aux fondements les plus basiques du rape and revenge. C’est pas Grave mais c’est pas Get Out non plus.

Partager cet article
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • email

Ca peut également vous intéresser:

About HollyShit

C’est un endroit extraordinaire dont le nom s’affiche fièrement à front de colline (le « O » est à Alice Cooper et le « Y » à Hugh Hefner !) : cité des anges où tout le monde a un sexe, Mecque où les juifs sont bienvenus, usine à rêve désormais spécialisée dans le recyclage … Les étoiles tapissent ses trottoirs à défaut de pouvoir percer les nuages de pollution. Sous son soleil paradisiaque, la neige y tombe pourtant toute l’année, importée directement de Colombie. Là-bas, les nourrissons tètent du lait au silicone et les mexicains rêvent d’avoir des guatémaltèques pour récurer leurs toilettes. Ce pays sera ici représenté par un émissaire qui n’y a jamais foutu un pied et qui signe « Clém’ » à la pointe du stylet de sa palette graphique.