Critique : Matar a Dios [PIFFF 2017]

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Rating: 5.0/5 (1 vote cast)

De Caye Casas et Albert Pinto.

Avec Itziar Castro, Eduardo Antuna, David Pareja, Boris Ruiz, Emilio Gavira.

Espagne – 2017 – 1h30

Rating: ★★★☆☆

Carlos, en pleine crise de couple avec Ana, reçoit son frère dépressif et son père pour le réveillon. Alors que la soirée démarre sous tension, ils doivent compter sur un invité surprise, un clochard nain qui prétend être Dieu et annonce la fin du monde pour cette nuit.

Pour leur premier métrage, Caye Casas et Albert Pinto, sous influence évidente du maestro Alex de la Iglesia, opte pour une satire familiale grinçante, sorte de cousin ibérique d’Un air de famille et du Père noël est une ordure. Matar a Dios a d’ailleurs tout de l’adaptation théâtrale, la petite réunion moyennement festive ayant lieu en huis-clos, dans une maison à la décoration aussi douteuse que surchargée qui devient vite un personnage au gré de gros plans sur les animaux empaillés qui la peuplent… Ambiance ! Les acteurs, tous parfaits dans ce registre, prennent un plaisir communicatif dans ce petit jeu de massacre somme toute très classique mais plutôt bien mené, malgré des moyens qu’on devine assez limités. La comédie se fait souvent très noire et vire même à l’amertume, tout ce beau monde, du mari gras et colérique à sa femme sous pression en passant par son frère suicidaire et son père enfin heureux mais en fin de vie, sentant bon la déprime de saison…
C’est alors qu’intervient (certainement bien trop tard dans le film…) notre élément perturbateur, le fameux et inquiétant invité surprise, aperçu dans la scène d’intro, un nain dont l’allure rappelle davantage Moondog, le génial viking de la 6ème avenue, que le père noël. Personnage assez savoureux, il prétend donc être Dieu lui-même et semble vite en apporter les preuves. Aussi, il prophétise l’apocalypse et propose à notre petite famille dissonante de choisir deux d’entre eux, les seuls humains qui pourront survivre au terme de cette nuit. Alors que les événements prennent une ampleur biblique, Matar a dio ne bouleverse pas pour autant son programme, la comédie familiale ne s’en retrouvant qu’à peine pimentée tandis que l’affaire tourne vite au jeu de la courte paille, voire carrément à la roulette russe, jusqu’à un climax timidement grand-guignolesque (d’autant plus si on repense à son titre badass) et un joli petit final qu’on pourrait qualifier de doux amer.
Si le pitch de Matar a dios avait de quoi faire saliver, le film se révèle malheureusement assez décevant. Malgré toutes les bonnes intentions de Caye Casas et d’Albert Pinto, leur mise en scène expressionniste et leur casting investi, la comédie noire peine à décoller et on se demande si l’ensemble n’aurait pas pu faire un bien meilleur court métrage. Reste une petite série B sympathique qui devrait ravir ceux qui saturent des bons sentiments généralement à l’oeuvre dans les films de noël. Allez, malgré tout… Joyeuses fêtes !
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C’est un endroit extraordinaire dont le nom s’affiche fièrement à front de colline (le « O » est à Alice Cooper et le « Y » à Hugh Hefner !) : cité des anges où tout le monde a un sexe, Mecque où les juifs sont bienvenus, usine à rêve désormais spécialisée dans le recyclage … Les étoiles tapissent ses trottoirs à défaut de pouvoir percer les nuages de pollution. Sous son soleil paradisiaque, la neige y tombe pourtant toute l’année, importée directement de Colombie. Là-bas, les nourrissons tètent du lait au silicone et les mexicains rêvent d’avoir des guatémaltèques pour récurer leurs toilettes. Ce pays sera ici représenté par un émissaire qui n’y a jamais foutu un pied et qui signe « Clém’ » à la pointe du stylet de sa palette graphique.