Chips-Movie: The Brain From Planet Arous

VN:F [1.9.22_1171]
Notez ce film
Rating: 0.0/5 (0 votes cast)

 

The Brain From Planet Arous

 

De Nathan H. Juran

 

Avec John Agar, Joyce Meadows, Robert Fueller, Walter Green

 

Etats-Unis – 1957 – 1h10mn

 

Note: From Another World

Un sursaut d’activité radio-active dans une zone désertique attire l’attention de deux scientifiques locaux, qui ne pourront faire autrement que de se rendre sur place – au grand dam de la petite-amie de l’un d’eux, qui venait tout juste de finir de mélanger la salade. A son retour, son futur mari n’est plus le même et pour cause, il est désormais possédé par un criminel intergalactique en cavale, mais cela notre héroïne l’ignore, tout ce qu’elle voit c’est qu’il essaie de lui arracher ses vêtements. Accompagnée de son père, elle se rend dans la zone contaminée pour découvrir avec effroi le corps irradié de l’assistant/side-kick de son prétendant, supposément en train de flamber à Las Végas aux dires de ce dernier, damned on peut vraiment pas lui faire confiance.

 

Mais ce n’est pas tout. Une autre créature spatiale leur apparaît, policier stellaire de son état et à la recherche d’un dangereux fugitif qui pourrait s’être réfugié dans le corps d’un tiers-résident mais que l’on peut reconnaître grâce à quelques traits caractéristiques particuliers toutefois (discours égomaniaque et auto-centré à base de world-domination, peut-être un brin possessif et violent… ce genre de trucs)  et au bout d’un moment notre héroïne et son père ne peuvent s’empêcher de faire le rapprochement. Assistés par le shérif de l’espace caché undercover dans le chien Flouki, ils vont alors tenter de faire échouer les plans d’hégémonie de l’adversaire mais il va falloir faire vite car sous couvert d’un autre voyage scientifique, celui-ci est déjà en train de soumettre son ultimatum aux grandes instances de ce monde.

 

… alors alors, pour VRAIMENT vous faire une idée, pensez à du Fellini mais sans le côté baroque, à du Feuillade mais agrémenté d’une bande-sonore, à du De Palma mais sans les split-screens, à du Scorcese mais sans les mafieux italiens, à du Ferrara pour le côté rédemption à la fin, ainsi qu’ une petite vibe Lars Von Trier pour le côté déchirement de la sphère intime  – mais léger. J’ai presque envie de dire qu’au fond c’est un peu linéaire, non pas parce que c’est américain mais parce que tout simplement Léos Carax n’est pas derrière la caméra et bon, c’est comme ça, parfois il faut avoir le courage de dire ce qui est. Si cette objectivité tranchante et implacable (que les autres nations laquais serviles du Grand-Capital ah ça ira nous envient) ne vous a pas découragés alors peut-être, peut-être (peut-être) serez-vous en mesure d’apprécier pleinement ce divertissement pré-Twilight Zone pour ce qu’il est – le générique aide d’ailleurs pour beaucoup à bien se mettre dans l’ambiance, tenez je n’y résiste pas,  ça fait : « pom-pom-pom … »

 

 

Sans avoir forcément été un gros succès à ses débuts, le métrage est devenu relativement culte au fil du temps et à l’image des remakes fameux de grands classiques (tels que The Thing From Another World, Invaders From Mars ou encore The Blob) on peut par exemple retrouver de nombreux éléments du film de Nathan H. Juran dans l’excellent The Hidden (1987), où ici encore un parasite de l’espace s’incarnait de corps en corps pour semer carnage et désolation sur sa route, tandis que le policier tout aussi galactique à sa poursuite investissait celui d’un agent du FBI décédé (incarné par Kyle MacLachlan) pour tenter de se mettre au travers de son chemin. En plus d’une séquence clin d’œil de possession canine, le parallèle est immanquable car Jack Sholder ira jusqu’à reprendre le même talon d’Achille que la créature de Juran – son moment de vulnérabilité au moment de la transition entre deux corps. On notera également que la performance possédée de John Agar, agrémentée de lentilles sombres dans les yeux, n’aura certainement pas manqué d’attirer l’attention de Roger Corman pour son magnifique The Man With X-Ray Eyes en 1963 déjà.

 

Et bien sûr, quand on constate de nos jours encore la formidable iconicité de la créature (un cerveau géant au regard plissé de dandy traînant son spleen de conférences en conférences) on a évidemment une pensée un peu émue pour les studios Universal qui ont réussis à se gaufrer avec leur projet de Dark Universe (relier les grandes figures de leur catalogue dans un univers partagé : Wolf Man ; Frankenstein ; The Mummy ; Invisible Man ;…)(mais les puristes nous l’aurons appris, l’interconnection – quand c’est pas Flaubert qui le fait – c’est le mal)(nous y reviendrons dans un prochain article) alors que des Joe Dante et des Tim Burton avaient ouvert une brèche aussi intéressante que météorique en remettant au goût du jour les créatures improbables des films de drive-in. Si quelques intrépides étaient capables de dépasser le stade de la citation, voire de la reprise  – nostalgique et bien-intentionnée, certes, mais pas toujours forcément inspirée (le remake de Plan 9 From Outer Space, anyone ?) peut-être nous retrouverions-nous de nouveau sur le seuil de ce nouvel âge d’or que les 90 nous avaient promis.

 

Partager cet article
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • email

Ca peut également vous intéresser:

About Nonobstant2000

Le samedi soir il mange des chips. Pas de catch, pas de foot; si tu veux tu peux venir!