Critique: Kuso

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Kuso

De Steve (alias Steve Ellison aka Flying Lotus)

Avec Iesha Coston, Zack Fox, Shane Carpenter, Oumi Zumi.

Etats-Unis – 2017 – 1h33

Rating: ★★★★☆

 

 

Un gamin pustuleux tout droit sorti de Gummo se rend dans son école pour enfants « spéciaux » mais, pris de flatulences intempestives, est contraint de fuir sa classe. Il part alors dans les bois environnants et rencontre une étrange créature, ressemblant fort à un anus géant ! Suite à une relation sexuelle pas vraiment consentie pour cause de forte alcoolémie avec le pauvre type qui la harcèle, une jeune femme pustuleuse décide d’avorter. Heureusement, elle pourra compter sur ses deux colocs, des boules de poils adeptes de la marijuana pas que médicinale ! Un homme pustuleux se rend chez un médecin « vu à la télé » pour soigner sa phobie des nichons ! Un couple accro à la strangulation voit débarquer dans leur intimité un furoncle doué de parole ! Oui, eux aussi étaient pustuleux… Voilà pour ce joyeux programme qui sera entrecoupé de petits flashs télévisés et autres séquences d’animations déjantées…

J’en profite pour inviter les lecteurs les moins scatophiles à visiter une autre page moins odorante (au hasard : celle-ci) si ce n’est pas déjà fait. Vous l’aurez donc compris, et encore plus si vous recherchez la traduction de ce mot japonais, Kuso est un film qui, s’il fait dans la dentelle, c’est pour y laisser de grosses traces ! Pour son premier film, Steve Ellison, plus connu sous le nom Flying Lotus, n’hésite donc pas à y mettre les deux pieds et les deux mains et à explorer dans l’anarchie la plus totale nos sécrétions corporelles les plus diverses. Quelque part entre Hamburger Film Sandwich et South ParkKuso déploie sa folie cradingue à travers ses différents segments montés ici en parallèle et non les uns à la suite des autres, ce qui ne manque pas de dynamiser la chose en gommant l’aspect « inégal » inlassablement pointé par les critiques au sujet des films à sketchs.

Pour l’accompagner dans ses différents délires, Flying Lotus peut compter un casting de nouvelles gueules (à malmener !) ainsi que sur une poignée de guests parmi lesquels Tim Heidecker (de Tim & Eric), Anders Holm (de la série Workaholics), le rappeur Busdriver ou encore la légende du funk George Clinton. Pour la musique, le réalisateur/musicien met bien sûr la main à la patte avec son fidèle bassiste Thundercat (qui ont notamment collaboré sur le morceau Wesley’s Theory de Kendrick Lamar avec… George Clinton justement !) mais on y retrouve également Aphex Twin et Akira Yamaoka (ompositeur des jeux Silent Hill). Autre proche de Flying Lotus, David Firth (Salad Fingers) se charge des intermèdes animés qui ne sont pas sans rappeler ceux de Terry Gilliam pour les Monty Python, mais forcément en plus dark et plus cracra.

Précédé par un petit buzz « évanouissement » à Sundance, certainement dû à quelques estomacs un peu fragiles, Kuso est à la hauteur de ses ambitions trashs mais reste avant tout une bonne grosse comédie potache qui cache une certaine poésie (si si !) et un souffle contestataire forcément salutaire. C’est lourd, c’est gras, mais un film aussi barré, aussi cradingue, aussi mal élevé, ça fait quand même du bien là où ça passe !

 

 
 
 

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