Critique : Kingsman – Le Cercle d’or

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Rating: 3.0/5 (3 votes cast)

Kingsman : The Golden Circle
 
De Matthew Vaughn.
Avec Taron Egerton, Colin Firth, Julianne Moore, Mark Strong, Pedro Pascal.
Etats-Unis/Angleterre – 2017 – 2h21

Rating: ★★★☆☆


 
Suite aux bombardements de leurs places fortes, Eggsy et Merlin se retrouvent une nouvelle fois les derniers Kingsman. Une vieille bouteille de Bourbon leur révèle alors l’existence des Statesman, leurs homologues américains qui ont préféré la distillerie de Whiskey à la haute couture. Aussi, Eggsy retrouve son mentor Harry, amnésique mais bel et bien ramené à la vie par ces fiers espions du Kentucky. Tout ce beau monde se lance sur les traces du Cercle d’or, un cartel de la drogue surpuissant dirigé par Poppy, trafiquante psychopathe aux ambitions inédites…
 
En 2015, Matthew Vaughn créait la surprise avec Kingsman : Services secrets, un blockbuster à la fois rigolard et bourrin qui prouvait qu’on était pas obligé de faire la gueule devant un film d’espionnage sans pour autant se priver d’aborder des sujets préoccupants. S’étant apparemment autant amusé que nous, le cinéaste anglais, ayant pourtant refusé de signer les suites de Kick Ass et de X-men : le commencement, repart donc pour un tour aux côtés de ses gentlemen espions. A l’instar de James Gunn et ses Gardiens de la Galaxie, Vaughn accuse le contre-coup de son effet de surprise et Kingsman 2 n’est malheureusement pas aussi percutant que le premier volet. Qu’importe, plutôt que de tenter un approfondissement un peu vain de ses personnages, le réalisateur opte, tête baissée, pour une bonne vieille suite bigger and lourder, à grands coups de scènes d’action virevoltantes et de grosses stars au casting. Si cela marche bien dans le premier cas, c’est plus compliqué dans l’autre.
En effet, si aucune scène ne rivalise avec l’ahurissant massacre de l’église de Kingsman, on retrouve avec joie le style à la fois nerveux et lisible de Vaughn (qui lui vaut par-ci par-là d’être comparé à Tsui Hark !), de la course poursuite londonienne qui ouvre le film au gunfight final en passant par diverses bastons ajoutant à l’usage du parapluie high tech celui tout aussi efficace du lasso américain. Nouveau pays, nouvelles armes et donc nouveaux visages. On retrouve ainsi à la tête des Statesman Jeff Bridges, sans barbe mais toujours avec son vieil accent, et Halle Berry en analyste pour des rôles malheureusement anecdotiques. Si Channing Tatum fait une nouvelle fois le coup de l’autodérision qui a fait sa gloire, il se fait clairement voler la vedette par l’acteur chilien Pedro Pascal, vipère de Dorne, agent de la DEA et ici espion cowboy plus américain que les américains ! Vaughn ne manque pas de s’amuser avec cette nouvelle organisation, logeant dans un gigantesque réservoir en forme de bouteille et présentant une toute autre idée de la classe… Encore faut-il aimer le Whiskey avec un « E », les santiags, les stetsons et les cravattes texanes… Pour contrebalancer, l’exhubérance so british est aussi de la partie avec l’apparition bien nawak d’Elton John forcément dans son propre rôle et notamment confronté à des chiens robots ! Autre nouvelle venue, Julianne Moore incarne la méchante particulièrement attendue au tournant…
 

 
Succédant à l’impayable Richmond Valentine, incarné par un Samuel Lee Jackson zozotant, magnat de l’internet mégalo bien décidé à régler les problèmes de surpopulation, Julianne Moore se glisse dans la peau de Poppy, psychopathe parvenue (on se demande bien comment) à la tête d’un empire de la drogue. Obsédée par les 50’s, elle se terre dans un parc à sa gloire reprenant le style rétro futuriste des drive-in américains, incarnant elle-même l’archétype maternel bien flippant caractéristique des publicités de l’époque (cela dit, le film est globalement assez misogyne…) . Mais, lassée de cette vie de recluse, cette desperate housewife veut pousser le gouvernement à légaliser toutes les drogues afin de pouvoir rentrer au pays sans avoir à changer de secteur ! Pour arriver à ses fins, elle répand un virus via ses produits, montrant à l’occasion l’étendue de son business. En s’attaquant ainsi à la question des drogues (rappelons que nos agents Yankees font aussi dans l’alcool…) et montrant l’hypocrisie, si ce n’est les dangers, du système prohibitif, Matthew Vaughn ne s’est donc pas complètement assagi. On regrette quand même que la conclusion n’ait pas conduit nos espions/tailleurs à se reconvertir dans la weed !
 
Si dans Kingsman 1er, on dégustait un Big Mac avec un grand cru, le vin laisse donc place à un bourbon qui passe quand même un peu moins bien. A l’image du personnage d’Harry (pour poursuivre dans le métaphorique !), Kingsman 2 apparaît moins flamboyant, moins mordant et moins bien huilé mais sait malgré tout se montrer assez efficace et déjanté. Certes, il est permis de s’interroger sur la nécessité de ce retour mais bon, ça serait quand même dommage de bouder son plaisir, en attendant même, si le fun y est encore, une troisième aventure…
 

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C’est un endroit extraordinaire dont le nom s’affiche fièrement à front de colline (le « O » est à Alice Cooper et le « Y » à Hugh Hefner !) : cité des anges où tout le monde a un sexe, Mecque où les juifs sont bienvenus, usine à rêve désormais spécialisée dans le recyclage … Les étoiles tapissent ses trottoirs à défaut de pouvoir percer les nuages de pollution. Sous son soleil paradisiaque, la neige y tombe pourtant toute l’année, importée directement de Colombie. Là-bas, les nourrissons tètent du lait au silicone et les mexicains rêvent d’avoir des guatémaltèques pour récurer leurs toilettes. Ce pays sera ici représenté par un émissaire qui n’y a jamais foutu un pied et qui signe « Clém’ » à la pointe du stylet de sa palette graphique.