Critique: Blade Runner 2049

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Blade Runner 2049

de Denis Villeneuve

Avec Ryan Gosling, Harrison Ford, Jared Leto, Ana De Armas, Robin Wright, David Bautista

Etats-Unis – 2h43 – 2017

Rating: ★★★★☆

 

Blade Runner, chef-d’œuvre absolu du cyberpunk détesté à sa sortie, est depuis longtemps dans la tête de Ridley Scott afin d’en développer l’univers. Trop occupé à faire mumuse avec Alien, il a donc laissé le navire à Denis Villeneuve, un réalisateur très apprécié du public et des critiques, notamment depuis son dernier film « The Arrival », qui à rassuré tout le monde sur les capacités du bonhomme en matière de SF.
Ceci étant dit, on imagine que faire une suite à du être un véritable casse tête scénaristique, le genre qui peut vous saper toute cohérence au moindre faux-pas, et faire de cette suite un film caduque dont personne ne se souviendra. Du coup, Villeneuve à trouvé la solution : On s’en branle de Blade Runner ! Enfin, jusqu’à un certain point mais on y reviendra. Sachez seulement qu’il n’y aura pas d’explications sur la nouvelle longévité des réplicants, entre autre, parce que merde.
Dans le film de 1982, le futur n’était pas joyeux mais baignait tout de même dans de brèves lueurs d’espoir, portée par la superbe musique de Vangelis. Dans 2049, c’est la merde, genre, la vraie merde. La mort de Tyrell à permis à un autre génie, Wallace, de reprendre ses recherches et de créer de nouveaux réplicants dociles et faisant maintenant parti du paysage en tant qu’esclaves modernes. Même les Blade Runner en sont, parfaitement conscient de leur condition et n’éprouvant aucun problème à chasser et tuer leur semblables. Leur souvenirs, aujourd’hui crées, leur donnent un semblant de vie humaine.
K, un de ces Blade Runner réplicant, possède même une I.A avec qui il entretient un simulacre de relation amoureuse, un peu comme ci le « Her » de Spike Jonze se retrouvait des années dans la futur.

2049 se veut assez révisionniste de la précédente version, mais puissance 1000. L’ensemble du film (2h45 quand même!) est d’une tristesse et d’une violence sourde assez vertigineuse, et de mémoire de spectateur je n’ai pas le souvenir d’un autre film d’anticipation qui est atteint un tel niveau de désespoir. Il n’y a pas une seule seconde de ce foutu film à laquelle se raccrocher, et pour tout vous dire je me suis même senti extrêmement seul et paumé pendant vision, ce qui n’est quand même pas commun dans un cinéma !
Il faut dire que tout est est très travaillé chez Villeneuve, et le visuel incroyable se dote de longues nappes de silence seulement interrompues par un sound design brutal à réveiller un mort. Ou quand les images et le son deviennent les moteurs de la narration, bien plus que les dialogues, très bien écrits au demeurant. Le fil rouge de l’histoire n’est en lui même pas bien intéressant de toute façon, et Villeneuve à l’air du même avis.

Et pendant 2h on oublie complètement que c’est quand même Scott qui produit et qui est à l’origine du projet, sauf que le bonhomme n’aime pas trop qu’on lui fasse la nique. Bah quoi quand même, faudrait pas qu’un mec fasse un meilleur film non plus !
Et voilà que patatra, on réintroduit de façon pachydermique Harrison Ford et on nous rappelle la fin du film de 82. Villeneuve tente l’esquive mais pas moyen, tu te souviendra du film de Scott que tu le veuilles ou non. Et puis hop, on te met le thème de Vangelis pendant la mort de Rutger Hauer aussi. Mais oui c’est moi, c’est Scott ! Eh ! Regarde moi j’existe encore !
Tout ça ne dure pas bien longtemps heureusement, le réalisateur attitré reprenant les commandes dans une baston sous la flotte tétanisante, et peut-être une lueur d’espoir finale, quand même !
Le tableau est un peu ternis et laisse un arrière goût dans la bouche, mais ici on est des gens positif merde ! Et en dehors des qualités pré-citées sur l’ambiance, la musique tient fortement tête à Vangelis (dans un registre plus pesant et mortifère) et le casting est parfaitement dirigé. Sylvia Hoeks surtout, est l’antagoniste qu’il fallait pour montrer toute la dangerosité et la menace des réplicants. Roy Batty se serait pissé dessus.

2049 aura certainement et malheureusement des suites, le film étant un succès programmé. Mais il faut le dire, en tant que suite, il se pourrait que Villeneuve est accompli un truc impossible, en faisant meilleur que l’original. On en reparle après plusieurs visions et dans quelques mois, l’œuvre étant beaucoup trop dense et massive pour en faire le tour dans l’immédiat.
En tout cas c’est quelque chose, une sacrée claque, un anti-blockbuster à l’opposé de tout ce qui se fait depuis 30 ans. C’est déjà énorme.

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About Evilhost

Venu du futur pour empêcher Argento de devenir aussi mauvais qu’Uwe Boll, j’ai malheureusement échoué dans ma mission. Ainsi donc, je suis bloqué dans cette réalité alternative ou Spielberg est considéré comme un génie, condamné par les dieux du bis à mater en boucle et pour l’éternité la filmo de Jean Luc Godard.