Critique: Game of Death [Étrange Festival 2017]

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Game of death

De Sébastien Landry et Laurence Morais-Lagace

Avec Emelia Hellman, Sam Earle, Victoria Diamond, Erniel Baez Duenas

Canada/France – 2017 – 1h14

Rating: ★★☆☆☆

Au bord d’une piscine, six jeunes passent un weekend tranquillou entre bières, pétards et bikinis. Mais voilà, ce charmant programme peine à les divertir et, alors qu’ils découvrent un vieux jeu de société caché sous une vieille Nintendo et autres madeleines de Proust, ils décident logiquement mais sans conviction de se taper une petite partie. Bien moins inoffensif qu’il n’y paraît, ce « jeu de la mort » affiche vite un compteur tandis qu’un chrono se met en marche : les joueurs devront faire vingt-quatre victimes sous peine de voir, les uns après les autres, leurs crânes exploser…

Réalisateurs de web-séries, Sébastien Landry et Laurence Morais-Lagace ont transformé leur dernier né en long-métrage avec ce Game of Death, qui sortira sous sa forme initial en 8 épisodes de 10 minutes fin octobre. Reste donc à savoir si le format série (qui bénéficierait d’une fin alternative) lui rend plus justice parce que tel quel, force est de reconnaître que le film ne va pas chier très très loin. Après un générique rétro-gaming plutôt alléchant, les deux réalisateurs québécois nous présentent une jeunesse désabusée dans des scènes qui évoquent les films de Larry Clark ou le Spring breakers de Korine sans vraiment plus d’inspiration. Qu’importe, il s’agit de ne pas traîner pour lancer la partie de ce Jumanji meurtrier, ce qui, en soit, n’est pas si mal niveau rythme mais s’avère vite plus problématique lorsqu’il s’agit d’apporter la moindre consistance aux personnages (et les petits flashbacks I-phone après chacune de leurs morts n’y changera pas grand chose).

Si le film fait clairement référence à Funny Game, notamment via le personnage incarné par Sam Earle, avec sa mèche, son polo et son penchant naturel pour le meurtre, Game of Death n’atteint évidemment jamais la même intensité mais tombe par contre dans les mêmes travers un peu réac’ et moralisateurs que le film d’Haneke, surtout lorsqu’il ramène les jeux vidéos dans l’équation (faisant ainsi un clin d’œil au scandaleux Carmaggedon et à l’infiniment plus malin Hotline Miami). Au-delà même de ce propos ambigu, on ne peut même pas dire que ces différentes incrustes 8 bits soient très convaincantes (il n’est pas interdit de repenser au House of the dead d’Uwe Boll…). Plus largement, Landry et Morais-Lagace n’hésitent pas à s’amuser avec leurs formats d’images (passage au « Scope », vidéo smartphone, séquence rétro-gaming et autres POV) sans que jamais cela ne fasse vraiment sens ou ne crée une frénésie narrative percutante.

Pour ce qui est des sensations fortes, il faudra se rabattre sur un rythme soutenu (web-série oblige), une certaine tension qui émerge furtivement au détour d’un décompte pervers du jeu ou de choix moraux radicaux, mais surtout sur un bon gros gore qui tache bien les murs. Le film bénéficie en effet du savoir faire des Blood Brothers, déjà à l’oeuvre sur Turbo Kid, une autre production « memberberries » autrement plus réjouissante, et qui s’en donnent à coeur joie dans l’explosion de têtes. Aussi, pour contrebalancer avec ses excès gores, on pourra compter sur une ironie qui fait parfois mouche, quand ce n’est pas un gag un peu lourdingue sur un documentaire animalier traitant des lamantins. Du reste, difficile de voir beaucoup plus dans ce Game of death qu’un film bourrin mais quand même assez vain.

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