Critique: Ça (2017)

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Rating: 3.5/5 (2 votes cast)

It

de Andy Muschietti

avec Bill Skarsgård, Jaeden Lieberher, Finn Wolfhard, Sophia Lillis, Jack Dylan Grazer

Etats-Unis – 2h15 – 2017

Rating: ★★☆☆☆

Le problème des adaptations trop fidèles à un livre, c’est que si t’as pas un réalisateur digne de ce nom à la barre, tu te retrouves super vite à avoir l’impression d’être comme un gosse qui écoute la K7 audio d’un bouquin pendant qu’il apprend à lire.

C’est le cas de Ça, un film qui se laisse regarder mais ne comporte absolument aucune fulgurance graphique mémorable.

J’adore le bouquin de Stephen King, et comme beaucoup, j’ai flippé en matant des bouts du téléfilm pourri quand j’étais gosse, mais je n’ai ici quasi rien ressenti.

Malgré une richesse thématique qu’on devine vertigineuse et qui est complètement due au livre, le film ne m’a rien offert, puisque ces thèmes ne sont pas assez creusés et qu’en essayant de trop aller dans le psychologique, je n’ai à aucun moment ressenti de peur à cause d’une mécanique trop visible et qui se veut maîtrisée. Pourtant il y avait de quoi.

Le souci de n’adapter que la partie touchant à l’enfance sans respecter la non linéarité du récit de base fait qu’on a presqu’une heure de succession de gamins qui vont tour à tour voir leurs peurs se matérialiser et le clown Pennywise apparaître. Ca aurait pu faire un train fantôme sympa, mais là aussi, le réa ne fait que nous montrer des personnes qui ont peur sans jamais chercher à vraiment inclure le spectateur.

Là où le livre montrait les gamins dans les années 50 et les adultes dans les années 80, le film commence par les années 80 et se vautre évidemment dans la nostalgie facile type Stranger Things et agace par cette volonté de faire du Amblin du pauvre.

Après, c’est un peu injuste de parler d’Amblin sans parler de Stand By Me qui est une référence majeure du film et qui fonctionne pas trop mal dans une séquence quasi muette où les gosses se baignent ensemble dans la forêt.

Il y a aussi ce personnage de bourreau ado absolument abusé qui n’a rien à envier au clown tueur et qui est comme ça à cause de son éducation.

Ca, c’est une thématique qui fonctionne pas trop mal dans le film, la complicité des adultes, la volonté de ceux ci d’étouffer le libre arbitre et nourrir les peurs des enfants dans une ville qui regarde ses jeunes disparaître sans ciller.

La thématique du deuil aussi, si chère à King, est présente et est plus ou moins bien exposée, mais finalement noyée dans une volonté de trop en mettre en peu de temps.

La sexualité est éffleurée mais complètement artificielle dans une volonté, je pense, de rester correct, ou juste de privilégier l’illustration sans âme.

Le film est dense, mais cette densité tombe complètement à plat à cause d’un manque de vision de la part du réalisateur et du scénariste. Ca ne raconte rien au final.

Enfin, touchons au culte de Pennywise. Là où le premier film (raté) réussissait tout de même à créer un personnage mémorable et culte qui instaurait une réelle peur à travers le malaise, on se retrouve ici face à un clown acrobate en CGI qui répète toutes les deux secondes qu’on va flotter.

Je n’ai jamais ressenti de réel malaise, et surtout, je n’ai ressenti aucune peur.

Des jumpscares aux moments d’angoisse, je n’ai vu qu’un film qui essaie d’illustrer un truc qui est censé faire peur mais qui ne me convainc jamais.

Je me souviens de quand j’ai commencé le livre à l’époque. J’étais aux chiottes, et j’en ai lu dix pages. Je suis sorti en disant à mes parents « Heureusement que je l’ai commencé aux chiottes, ou je me serais chié dessus ». King réussit à te faire flipper avec juste une main posée sur un interrupteur. Et ne sacrifie pas la caractérisation au détriment de la peur ou vice et versa.

Cette nouvelle adaptation est pour moi ratée et je m’y suis gentiment fait chier, même si l’image est soignée.

Ca ne me fait que regretter plus encore qu’il n’ait pas été fait par le génial Fukunaga.

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About Skreemer

Comme le dirait son bon pote Brassens, « Autrefois, quand j’etais marmot, J’avais la phobie des gros mots, Et si je pensais «merde» tout bas, je ne le disais pas… Mais Aujourd’hui que mon gagne-pain c’est de parler comme un turlupin, Je ne pense plus «merde» pardi ! mais je le dis. » En plus de tout ça, Skreemer a un goût certain pour la bagarre verbale avec les cons, les livres, les films et les bandes dessinées. Ses biscuits préférés sont les Hello Kitty à la fraise et il a toujours du Coca-Light et des clopes chez lui au cas où une demoiselle passerait. Par contre, il fait de longues phrases sans fin, avec plein de virgules dedans et n’aime pas les tomates. De plus, il est petit en taille et compense en utilisant du verlan.