Récap’ séries : Twin Peaks The Return (épisodes 1& 2)

 

Dale Cooper.

On aurait préféré retrouver l’agent le plus sympathique et enthousiaste du FBI autour d’un bon café et d’une délicieuse tarte à la cerise mais non, notre cher Dale Cooper est toujours dans la même fâcheuse posture où on l’avait abandonné. Prisonnier de la loge noire, là où 25ans peuvent passer en un claquement de cils mais où une seconde peut sembler une éternité, il demeure là, impassible, face au géant. L’heure d’un vieux rendez-vous a sonné, réveillant (à peine…) Dale qui se remet à déambuler dans la labyrinthique loge noire… pour enfin la quitter ?…

 

Laura Palmer.

Celle par qui tout a commencé, celle qui avait promis de réapparaître 25ans plus tard et celle qui a tenue parole…

On a souvent parlé de malédiction pour évoquer la carrière des actrices pourtant emblématiques de la série Twin Peaks. En tête, forcément, Sheryl Lee, inoubliable Laura Palmer, dont la carrière sera largement aussi fantomatique que son personnage culte. Nombre d’entre vous se souviendront néanmoins de son rôle de putain martyrisée dans Vampires, le plus Peckinpah des John Carpenter. En tout cas, on n’imaginait retourner à Twin Peaks sans elle et, si quelques rides sont apparues, Laura Palmer est bel et bien de retour.

 

La femme à la bûche.

Parmi les autres retours, celui de Catherine E. Coulson, qui nous a quitté en septembre 2015, ne manque pas d’émouvoir. Visiblement affaiblie, la voix chevrotante, la célèbre « Log Lady » prend malgré tout son téléphone pour délivrer les ultimes secrets de sa bûche. Une dernière fois, elle offre, en une poignée de mots, du grain à moudre au chef Hawk mais aussi aux exégètes lynchiens qui devraient avoir à s’occuper pendant un bout de temps. Merci, femme à la bûche !

 

Bob.

Le terrifiant Bob, démon possesseur et meurtrier psychopathe, est lui aussi forcément de la partie. Devenu, après un final toujours aussi tétanisant depuis un quart de siècle, ledoppelgänger de notre cher agent Cooper, c’est désormais sous ses traits que Bob commet ses méfaits. Il faut dire aussi que son mythique interprète, Frank Silva, technicien arrivé au casting par un heureux hasard, est décédé en 1995. Même si son rire carnassier revient nous hanter par flashs, c’est donc à Kyle MacLachlan d’arborer son style rock’n’roll et son attitude so badass. De là à en savoir plus sur le personnage… Ce que l’on peut retenir, c’est qu’il s’est lancé dans une quête des plus sanglantes, qu’il ne veut surtout pas retourner dans la loge noire (ce qu’on peut comprendre…) et qu’il complote avec l’agent Jeffries, incarné dans Fire Walk with me par un autre disparu, David Bowie…

 

Le cube de verre.

Twin Peaks saison 3, c’est aussi pas mal de nouveautés qui n’ont pas manqué de désarçonner les fans plus hardcores et de faire couler beaucoup d’encre. Parmi elles, un meurtre bien cracra dans le Dakota du Sud (l’oeuvre de Bob ? à moins qu’un autre psycho-killer de la loge noire soit dans la nature ?) mais surtout, une bien énigmatique séquence qui prend aussi place bien loin de Twin Peaks, dans un New York silencieux comme jamais.

En haut d’un gratte ciel, une pièce gardée renferme un cube de verre, filmé 24h/24 et observé par un étudiant plutôt investi, à défaut d’y piger quelque chose. Aussi, on peut comprendre que le bougre se laisse distraire par une amie venue payer le café, d’autant que celle-ci est interprétée par Madeline Zima, la petite d’Une nounou d’enfer qui, après un passage par Californication, semble avoir pris l’habitude de finir ses scènes sans vêtements. Cet excès de luxure est vite puni par le cube qui révèle au moins une partie de ses sinistres propriétés en délivrant un démon bien flippant, sûrement un cousin éloigné de la fumée noire de Lost Et apprendre qu’il agit d’une sorte de portail vers la loge noire n’a rien de très rassurant… Bien au contraire !

 

The arm.

La loge noire est un endroit étrange, on en conviendra. Aussi, on n’est limite même pas surpris de voir Dale Cooper découvrir dans ce dédale de draps rouges une créature pourtant bien singulière. Cerveau trônant au sommet d’un système nerveux pour certains, chewing-gum planté au bout d’un arbre électrique pour d’autres, la chose (qui m’a perso donné des réminiscences d’Eraserhead…) nous est présentée comme « le processus d’évolution du bras » par le manchot (logique !). Ce qui est vite confirmé par « le bras » lui-même dans un français inversé (loge noire oblige…) mais impeccable ! Rappelons maintenant que dans Fire Walk with me, c’était le nain au pas de danse inoubliable qui se présentait comme tel. Serait-ce possible que l’acteur Michael J. Anderson est ainsi muté ?! Non, ça doit être des effets spéciaux ! En tout cas, il y’a définitivement quelque chose de chelou autour de Mike le manchot et de son membre autonome…

 

Chromatics.

Tandis que la musique de Badalamenti était omniprésente dans la série, cette nouvelle saison choque par son silence, un silence plus oppressant qu’apaisant. Aussi, on ne se plaindra pas de retourner à Twin Peaks (ce qui n’est plus si fréquent…) pour assister à un live de Chromatics. Le groupe italo-américain, déjà largement repris dans diverses films et séries, Johnny Jewel ayant en plus collaboré avec Nicolas Winding Refn et Ryan Gosling, vient ici directement se produire sur la scène du fameux Bang Bang Bar. Sa musique planante et la voix lancinante de Ruth Radelet viennent accompagner à merveille d’émouvantes retrouvailles avec la « jeunesse » de Twin Peaks.

Si la série mettait déjà la musique à l’honneur avec notamment les prestations de Julee Cruise et le « Just you and I » de James et ses groupies, le rendez-vous sera désormais plus régulier puisque, après Chromatics, d’autres groupes viendront pousser la chansonnette en guise de générique de fin. Une petite playlist de David Lynch avec des morceaux lives en entier, ça ne se refuse pas !

(un clip, non pas issu de la série mais réalisé à l’occasion)

 

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About HollyShit

C’est un endroit extraordinaire dont le nom s’affiche fièrement à front de colline (le « O » est à Alice Cooper et le « Y » à Hugh Hefner !) : cité des anges où tout le monde a un sexe, Mecque où les juifs sont bienvenus, usine à rêve désormais spécialisée dans le recyclage … Les étoiles tapissent ses trottoirs à défaut de pouvoir percer les nuages de pollution. Sous son soleil paradisiaque, la neige y tombe pourtant toute l’année, importée directement de Colombie. Là-bas, les nourrissons tètent du lait au silicone et les mexicains rêvent d’avoir des guatémaltèques pour récurer leurs toilettes. Ce pays sera ici représenté par un émissaire qui n’y a jamais foutu un pied et qui signe « Clém’ » à la pointe du stylet de sa palette graphique.