Critique : Samuraï Jack (série) – Saison 5

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Samuraï Jack

Créé par Genndy Tartakosvky

Etats-Unis – 2017 – 10 épisodes de 20 minutes

Rating: ★★★★★

 

50 ans ont passés depuis la défaite de Samouraï Jack face au maléfique Aku. Le sabreur ne vieillit plus suite aux destructions des portes du temps et erre à travers la planète. De plus il a perdu son katana…

Avant les deux long-métrages Hôtel Transylvanie, Genndy Tartakovsky fût connu pour la série animée Samouraï Jack aux débuts des années 2000. Dans un mélange de comic américain et de manga japonais, nous sommes dans un univers post-apocalyptique et cyberpunk. Il y a du Mad Max en référence, des armures mecca design pour le sous-genre science-fictionnel appelé Hard Tech (Elysium est des meilleurs exemples de ce sous-genre). C’est un samouraï du passé face à des robots et des extra-terrestres. Pour le formalisme du dessin animé, il est mélangé du film de sabre japonais et du western spaghetti américain : beaucoup de découpage à la manière de plans de cinéma (panoramiques latéraux, zoom avant et effet « cinemascope »), en plus d’un travail de filtres de couleurs (alternance couleurs chaudes/couleurs froides, clair/obscur voire même pop art).

Pour cette cinquième saison, apparaissant quasiment 10 ans après la quatrième, nous sommes dans une ambiance plus sombre, on lorgne vers les années 70 : Jack s’est laissé pousser la barbe, s’est lâché les cheveux et roule en moto (Easy Rider). Et comme cela ne suffisait pas, il peut avoir un look de maquereau (style blaxploitation) ou se contenter de porter juste un short tel un hippie sauvage. On redéveloppe les différents espaces divers et variés de l’univers de ce dessin animé : l’espace urbain technologique, les vieux temples ou vieilles bâtisses antiques, la forêt et les montagnes (la séquence silencieuse de Jack face au loup blanc…), sous l’océan (dans le ventre d’un monstre marin) ou tout simplement l’esthétique de la ruine. Mais un nouvel espace est créé, le monde mental de Jack face à ses démons et ses fantômes (le poids de la solitude). Mais la nouveauté et l’originalité principale de cette cinquième saison est l’installation dans le récit d’un alter ego féminin, Ashi. D’abord ennemie du samouraï jusqu’à l’extrême, éduquée dans le seul but de le tuer, en l’affrontant elle découvre le monde : les désastres d’Aku face aux bienfaits de Jack (on a même droit à une rave party en son honneur). Cela amène à une métamorphose…

Nous sommes à la moitié de la saison, dix épisodes avant peut-être un long-métrage, mais c’est déjà un grand bonheur de retrouver un héros d’un dessin animé mésestimé. C’est une énième preuve d’un mélange de cultures dans un projet populaire, en paravent voire contre-pouvoir de l’hégémonie des super-héros.

 Hamburger Pimp

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…