Critique: Phantasm

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Phantasm

 

de Don Coscarelli

Avec  Angus Scrimm, Reggie Bannister,  Kathy Lester, A. Michael Baldwin, Bill Thornbury

Etats-Unis – 1979 – 1h36

Rating: ★★★★☆


Sorti en 1979 du festival d’Avoriaz avec le prix spécial du jury, le génial Phantasm de Don Coscarelli (The Beastmaster, Bubba-ho-Tep) ressort ces temps-ci dans une version 4K chapeautée par J. J. Abrams et sa société Bad Robots. L’occasion de voir dans une très belle copie cette œuvre étrange que l’on pourra ranger à côté d’Evil Dead.
Comme le film de Sam Raimi, Phantasm partage un succès critique et commercial qui semble à première vue tenir du miracle. Déjà parce que ça joue très mal (mais ça fait bien rire), et aussi parce que les deux réalisateurs tentent des trucs complètement absurdes et n’ont pas un rond !
D’un premier degré à toute épreuve, c’est justement dans cette volonté de ne pas céder à la série B rigolote et parodique que les deux réalisateurs ont su imposer leurs œuvres respectives, même si Sam Raimi a depuis opté pour un humour qu’il maîtrise parfaitement.

Phantasm propose donc, entre autre, un doigt coupé qui se transforme en grosse mouche pleine de dents et à la force herculéenne, des nains tout droit sortis du Tatooine de Star Wars et une autre dimension ! Et si les cut abrupts et autre ellipses aberrantes semblent tenir de l’amateurisme, Coscarelli l’explique finalement par le rêve, qui lui à justement inspiré cette histoire et la fameuse sphère volante. La justification permet à peu près tout, mais c’est là que l’on touche vraiment du doigt l’essence même de l’œuvre et sa réussite car le bonhomme offre ce qui encore aujourd’hui un des plus beaux cauchemar vu au cinéma, captant parfaitement l’absurdité d’une telle expérience, son non-sens et son sens caché, ou les bribes de la réalité et des traumatismes se métamorphosent en visions délirantes.


En dehors du fond, la forme se défend également très bien, et mieux que jamais grâce au nouveau transfert. On pensera notamment à quelques idées de mise en scène inspirées, dont la découverte de la salle secrète et le premier face à face entre Mike et le Tall Man (Angus Scrimm, décédé peu de temps après le tournage de Ravager…). A noter l’excellent thème musical joué par le groupe de death metal Entombed, lugubre et très 70’s, qui fait admirablement le travail.

N’ayant pas vu les nombreuses suites de la franchise je ne saurais vous les conseiller, mais en revanche le formidable Bubba-ho-Tep est un autre concentré d’idées folles, ou le véritable Elvis, caché dans une maison de retraite, fait équipe avec un Kennedy noir (dont le cerveau est remplacé par du sable!) pour vaincre une momie sapée en cow-boy !  Et encore une fois on ne peut qu’être admiratif devant le travail de Coscarelli, défenseur des histoires et des personnages les plus dingues mais n’oubliant jamais d’y injecter une émotion salvatrice et inattendue. Pas le réalisateur le plus connu ou plébiscité du cinéma bis, mais assurément un des plus cool !

Je laisse un lien sur les trivia du film, il y a vraiment des trucs super intéressants : http://www.imdb.com/title/tt0079714/trivia

 

 

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About Evilhost

Venu du futur pour empêcher Argento de devenir aussi mauvais qu’Uwe Boll, j’ai malheureusement échoué dans ma mission. Ainsi donc, je suis bloqué dans cette réalité alternative ou Spielberg est considéré comme un génie, condamné par les dieux du bis à mater en boucle et pour l’éternité la filmo de Jean Luc Godard.