Critique: Le Roi Arthur – la Légende d’Excalibur

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King Arthur: Legend of the Sword

De Guy Ritchie

Avec Charlie Hunnam, Jude Law, Astrid Bergès-Frisbey, Djimon Hounsou Aidan Gillen, Eric Bana

États-Unis/ Australie – 2016 – 2h

Rating: ★★★☆☆

 

Suite à un détour par l’atypique film d’espionnage vintage Agents très spéciaux, Guy Ritchie rentre au bercail pour se frotter à une autre figure nationale mythique après Sherlock Holmes. Si les bandes-annonces laissaient craindre le pire concernant la réappropriation du matériau par le cinéaste, Le Roi Arthur créé la surprise avec ce cocktail improbable de Conan le barbare et Snatch. Qu’une chose soit claire : le film ne réconciliera pas Ritchie et les spectateurs allergiques à son style. Imparfait mais indéniablement doté d’une identité, denrée de plus en plus rares dans le paysage du blockbuster, Le Roi Arthur sait se faire tour à tour badass et ludique.

D’entrée, le ton est donné par une double introduction. Il faut se faire à l’image numérique qui rappelle l’aspect vidéo de Public Enemies ou du Hobbit en 48 images par seconde et heureusement, la photographie de John Mathieson (Gladiator, Robin des bois) est à tomber. Tout d’abord, un prologue épique échappé d’une oeuvre de Frank Frazetta qui témoigne de la capacité de Ritchie à iconiser avec tout le gravitas qu’il se doit l’heroic fantasy pure dans laquelle baigne le film, antithèse du Roi Arthur « réaliste » d’Antoine Fuqua sorti en 2004. Dès les premières mesures de la bande originale vrombissante de Daniel Pemberton, qui confirme être LE nouveau compositeur à suivre, une furie traverse l’ouvrage, que Ritchie semble parfumer de souffre tout le long. Après cette ouverture dantesque, le metteur en scène se rappelle au public avec un générique narrant l’apprentissage d’Arthur dans un montage plus clippesque que jamais, mettant même ses fans à l’épreuve.

 

 

Néanmoins, la réinterprétation de la légende par Ritchie, faisant d’Arthur un Charlie Hunnam enfin parfaitement casté dans le rôle d’un magouilleur de rue, élevé dans un bordel et formé à la bagarre, s’avère efficace tant est qu’on accepte ce parti-pris iconoclaste. Point de jeunisme dans ce traitement mais une véritable subversion personnelle opérée par Ritchie qui, après avoir gitanisé la création d’Arthur Conan Doyle, construit un roi de la street qu’il parvient étonnamment à marier aux éléments fantastiques de son récit. L’écriture aurait pu développer davantage l’arc du protagoniste, hanté par un trauma qu’il ignore, et comment son éducation de la rue l’amènera à concevoir l’égalitaire Table Ronde mais Ritchie incarne le film d’un esprit bravache qui compense ce manque dramaturgique.

Un peu comme il passait délibérément l’action au second plan dans Agents très spéciaux, l’auteur semble moins intéressé par l’histoire éculée que par la manière de l’adapter et de la raconter. L’amour de l’anecdote et du surnom qui transpirait déjà de ses précédents films se retrouve dans une narration qui adopte par moments la nature joueuse de personnages qui se racontent et se la racontent, que ce soit lors de séquences de comédie servant toujours la caractérisation ou de morceaux de bravoure courageusement elliptiques mais toutefois puissantes.

Par conséquent, on regrette que le dernier tiers du métrage retombe un peu sur des rails, comme contraint de conclure de la manière la plus attendue possible l’intrigue dans laquelle il s’est engagé mais non sans un dernier combat qui sent la braise. Dès lors qu’il met de côté ce qui fait l’originalité de l’expérience, le temps se fait plus long et le film accuse son manque de profondeur, révélant les oripeaux de scénario un peu générique. Malgré cette baisse de régime, impossible de reprocher au Roi Arthur d’être semblable au tout-venant du genre. Dans ses meilleures scènes, le film porte la patte de Ritchie et son nom, il le signe à la pointe de son épée. Une épée avec des couilles. Excaliburnes.

The Angry Scribe

 

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About The Angry Scribe

Rédacteur invité, The Angry Scribe écrit sur FilmDeCulte, joue, écrit et réalise des films quand il ne bavarde pas ciné sur Twitter.