Critique: The Lost City of Z

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The Lost City of Z

de James Gray

avec Charlie Hunnam, Robert Pattinson, Tom Holland, Bobby Smalldridge, Raquel Arraes, Johann Myers, Sienna Miller

Etats-Unis – 2016 – 2h20

Rating: ★★★★★


Percy Fawcett, un soldat Britannique, est envoyé par la Société géographique royale en Bolivie en 1906. Sur place, son travail consiste à cartographier une partie du pays afin de délimiter les frontières avec le Brésil et possiblement éviter une guerre. Mais Fawcett découvre des traces de ce qu »il pense être une ancienne civilisation et revient obsédé par la jungle et ses mystères, abandonnant sa femme Nina et ses enfants dans une quête qui pourrait bien le rendre fou.

En gestation depuis 2009 (et finalement seulement produit par Brad Pitt), l’histoire de l’explorateur Percy Fawcett passionne James Gray et on le comprend tant elle est fascinante. En 1925, Fawcett et son fils disparaissent dans la jungle et leur corps ne seront jamais retrouvés. Quand aux témoignages, tous se contredisent. En 1950, le chef de la dernière tribu à les avoir vu avoue sur son lit de mort avoir tué l’explorateur et son groupe, mais en 2005 un journaliste découvre que cette même tribu continue de citer le nom de l’ancien soldat, et raconte une tout autre histoire. Et d’ailleurs, un archéologue à effectivement découvert très récemment des traces d’une ancienne civilisation, corroborant l’idée de Fawcett comme quoi l’homme blanc était loin d’être le premier à avoir évolué vers une société supérieure.

Mais avant d’arriver à la fin de cette histoire à laquelle Gray donne une aura fantastique (les dernières images sont au delà des mots), le réalisateur livre ce qui est le plus beau film d’aventure vu depuis des lustres, et côtoie les grands chefs-d’œuvre du genre. Avec pour principale référence David Lean, on retrouve donc ici Lawrence d’Arabie, mais également Apocalypse Now, Au source du Nil ou même Aguirre la colère de Dieu.

 

 

Sans singer ses modèles, il livre une fresque épique sur plusieurs décennies, ou l’obsession d’un homme qui cherchera une bonne partie de sa vie une cité inaccessible au commun des mortels, au prix de tout les sacrifices.  Charlie Hunnam, pas fameux jusque là au cinéma, obtient ici le rôle de sa carrière, avec une prestation digne des plus grands. Le casting en général, composé de têtes connues mais pas très bankable, n’a cependant pas à rougir non plus. Outre la never-been Sienna Miller, plus que solide dans son personne de femme forte obligée de tout sacrifier pour son époux, Robert Pattinson (très bon) est en train de se construire une filmographie intéressante qui semble basée davantage sur la qualité que sur le chèque à venir.

A la fois musclé et d’une intelligence rare, le film aborde une foule de thématique passionnante. Et les relation père/fils de même que la tumultueuse histoire d’amour de Fawcett et sa femme Nina font bien écho au cinéma de Gray, y trouvant peut-être même leur plus belle représentation.  Car si le personnage de Fawcett combat l’obscurantisme blanc (un fait toujours actuel d’ailleurs, même un siècle plus tard) et se lance à corps perdu dans l’enfer vert, il laisse à chacun de ses voyages sa famille, qui finit par ne plus le connaître.

Doublement sublime, que cela soit visuellement (Darius Khondji est un artiste incroyable) ou musicalement grâce à quelques morceaux classique envoûtants, The Lost City of Z est tout ce dont on rêvait fébrilement de voir au Cinéma, surtout en ces temps de blockbusters héroïques qui se ressemblent tous.  Un très grand film d’aventure à l’ancienne miraculeux, brillant et poétique. God Dammit ça fait du bien !

 

 

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About Evilhost

Venu du futur pour empêcher Argento de devenir aussi mauvais qu’Uwe Boll, j’ai malheureusement échoué dans ma mission. Ainsi donc, je suis bloqué dans cette réalité alternative ou Spielberg est considéré comme un génie, condamné par les dieux du bis à mater en boucle et pour l’éternité la filmo de Jean Luc Godard.