Critique: Sweet/Vicious – saison 1

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Sweet/Vicious

de Jennifer Kaytin Robinson

avec Eliza Bennett ,Taylor Dearden, Brandon Mychal Smith , Nick Fink , Dylan McTee, Aisha Dee, Skyler Day, Victoria Park, Lindsay Chambers

Etats-Unis – 2016 – 10 épîsodes

Rating: ★★★★★

 

SWEET VICIOUS SAISON 1 3

 

 

Avec Scream ou Teen Wolf, on se disait que les séries MTV actuelles, c’était sympa-sans-plus voir un peu trop twilight-touch pour nous. Jusqu’à cet automne 2016, où la chaîne dégaine de ses tiroirs une série hors norme et pourtant aux influences certaines, une série qui réussit à être dans l’air du temps, autant qu’un Atlanta signé Donald Glover. Cette série, comme indiqué dans le titre, c’est Sweet/Vicious.

Résolument féministe – et pas pour la pause à la Lena Dunham, Sweet/Vicious s’attaque dans son thème principal aux racines du mal de la rape culture en prenant l’exemple au combien contemporain es viols sur les campus et la difficulté pour les victimes d’obtenir justice, dans un système où le prestige de l’Université prévaut souvent sur la sécurité des étudiantes et le respect de la loi. Le nombre de cas révélés chaque année (sachant que beaucoup d’autres ne sont jamais dénoncés par les victimes) prouve combien c’est un réel problème que la société américaine ne parvient à enrayer.

 

 

Déjà moults fois exploré dans des teen drama, comme Veronica Mars qui en fera l’arc entier d’une saison, c’est pourtant la première fois que le thème des campus sexual assaults est au coeur du concept même d’une série.

Et ce concept tient du génie: deux filles que tout oppose, Jules, la blonde ingénue membre de sororité et Ophelia, punk-rockette dealeuse de weed à ses heures perdues, deviennent des vigilantes la nuit pour dérouiller les violeurs impunis qui sévissent sur le campus, à coup de tasers et de coups de matraque. Un peu radicale comme méthode, seriez-vous tenter de penser? Rassurez-vous, la problématique morale est posée en filigrane de l’intrigue tout au long de la saison, à la manière d’un Batman et Robin, auquel la série aime faire référence.

 

SWEET VICIOUS SAISON 1 2

 

Mais le Chevalier Noir est loin d’être le seul héros iconique ayant forger les caractères des deux héroïnes, qui maîtrisent le combat telle une Buffy, le cynisme telle une Daria et la déduction d’une Veronica Mars pré-citée. Créée par l’actrice Jennifer Kaytin Robinson, les deux premiers épisodes ont été réalisé par Joseph Kahn, à qui l’on doit l’excellent Detention et on y ressent la même énergie et sens du cool et fun, modèle MTV oblige. Jouant la carte des clichés des college movies / tv shows, la série étoffe la caractérisation de ses persos en détournant ceux-ci au fur et à mesure que se déroule l’intrigue. En se réappropiant le genre et en en détournant les clichés, Sweet/Vicious est sans conteste l’une des séries teen/young adults les plus intelligentes de ces 10 dernières années.

Casser du rapist à grand coup de barre de fer et de tatanes dans la gueule, tel est le postulat fou de Sweet/Vicious. Et même si la méthode est contestable et sans cesse questionnée dans la série, cette radicalité est à la hauteur de l’implacable réalité: la plupart des crimes sexuels n’aboutissent pas à la mise en examen ou à la prison pour ceux qui les commettent. Face à la violence d’une situation qui ne s’améliore pas, il est parfois bon que la fiction remplisse son rôle d’exutoire.

 

 

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About Lullaby Firefly

Créature assemblée par les mains expertes d’un obscur savant fou d’origine bavaroise à l’accent tranchant comme un scalpel, Lullaby Firefly profite chaque année de la nuit d’Halloween pour s’illustrer dans quelques macabres méfaits, comme le vol de sucettes et le racket d’oursons en gélatine. Oubliant souvent sa tête dans le frigo, rempli de restes de villageois qu’elle affectionne particulièrement, elle se rend régulièrement dans la clinique du Docteur Satan pour un petit rafistolage express, secret de son éternelle jeunesse.