Critique: Le gang des antillais

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Le gang des antillais

De Jean-Claude Barny

Avec DjeDje Apali, Eriq Ebouaney, Adama Niane, Vincent Vermignon, Jocelyne Beroard, Zita Hanrot

France – 2016 – 1h30

Rating: ★★★☆☆

 

gang

 

Suite aux troubles dans les Départements d’Outre-Mer et Territoires d’Outre-Mer, comme effet domino de la guerre d’Algérie qui a acquis son indépendance, le Premier Ministre Michel Debré crée le Bureau de développement des Migrations dans Les départements d’Outre-Mer. Cet organisme est censé gérer les problèmes démographiques, surpopulation, en faisant émigrer environ 70 000 personnes en leur assurant formation et regroupement familial. C’est le cas de Jimmy Larivière, arrivé enfant, il est devenu un père célibataire sans emploi et sans domicile…

Partie d’histoire méconnue de notre pays, l’émigration antillaise durant les Trente Glorieuses, bénéficie encore, comme pour l’Algérie française, d’une vision idyllique où régnait une paix citoyenne. Le film de Jean-Claude Barny est là pour d’une part nous confronter à une vision plus réaliste et d’autre part montrer une réaction radicale. Réaliste, car il y a une intention de film d’auteur : la condition des protagonistes, entre misère, addiction et racisme policier face à la volonté de chacun de continuer à rêver. On écoute de la musique cuivrée américaine ou antillaise, on offre une guitare par amour ou on risque sa vie pour une prostituée qu’on ne connaît pas…

 

 

Mais il y a aussi une intention de thriller. En effet, les lieux sont souvent clos, étroits (l’effet que les halls d’immeuble semblent plus grands que les logements), donc propices à la tension. Que ce soit lors de l’unique (malheureusement) braquage filmé du récit, un règlement de compte dans un escalier ou une ballade en amoureux, l’air est toujours lourd. Il n’y a que lors du séjour aux Antilles où l’on ressent les grands espaces, le ciel et aussi la nature, qui se confond avec la politique. Car le film possède une dimension politique qui n’est malheureusement pas assez poussé.

Si on peut regretter un problème de rythme, Le gang des antillais équilibre un difficile entre-deux. Comme je l’ai dit dans des précédents articles, le cinéma recourt à l’Histoire pour faire un travail de mémoire et non se substituer à la discipline d’enseignement la plus difficile qui soit actuellement, Jean-Claude Barny réussit alors l’examen.

Hamburger Pimp

 
 

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About Hamburger Pimp

Rônin durant l’ère Edo au 17ème siècle, mais persuadé de venir d’ailleurs, il fût de l’armée de samouraïs chargée d’exterminer des carcasses à moitié vide de zombies peuplant un domaine proche du mont Fuji, dirigé par un seigneur cannibale. Des victimes revenus en bourreaux peut-on dire. Il fût le seul survivant des sabreurs, blessé par une marque maudite, qui par moments le zombifie le poussant à rechercher de la chair fraîche mais allongeant sa vie considérablement, le rendant encore vivant aujourd’hui. Depuis il traque des zombies à travers le monde et le temps, à bon prix, ce qui l’a poussé à se faire passer pour un dirigeant de société de cinéma spécialisée dans les effets spéciaux gores alors que ce sont les zombies tout juste repassés par sa lame précise. Il lui arrive souvent de récupérer du sang afin de le réinjecter dans la terre d’un bonsaï conservé depuis des siècles. Cet arbre minuscule, pourrait être la clé de son salut face à sa fatalité…