Chips-movie: Equinox

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Equinox

 

De Dennis Muren et Jack Woods

Avec Edward Cornell, Barbara Hewitt, Frank Bonner, Robin Christopher, Jack Woods, Fritz Leiber

Etats-Unis – 1970 – 1h20

 

Rating: ★★★★★

 

chips movie - equinox

Contactés par l’un de leur professeur pour une entrevue d’urgence, quatre étudiants se rendent le cœur léger en pleine campagne avec l’idée de se faire un chouette pique-nique. Une fois sur les lieux, nos héros découvrent la cabane de leur mentor complètement ravagée, et un ranger qui passait dans le coin leur apprend que malheureusement ce dernier n’a toujours pas été retrouvé. Un peu déçus, nos quatre amis conviennent d’au moins casser une graine avant de repartir jusqu’à ce qu’ils tombent sur un étrange château, signalé sur aucune carte. En essayant de pénétrer à l’intérieur de celui-ci par la cave, ils tombent sur un vieil ermite complètement déboussolé qui leur remet un livre ancien bien étrange. Parvenant à l’ouvrir, l’une des étudiantes reconnaît une prière religieuse, mais écrite à l’envers, tandis que leur professeur disparu réapparaît…

 

Impossible de ne pas penser non sans une certaine émotion au synopsis de Evil Dead, bien que Sam Raimi n’ai jamais vraiment revendiqué une quelconque influence du film de Muren et Woods sur son travail – préférant plutôt citer Tobe Hooper et George Romero. Toujours plus étrangement, le long-métrage devenu culte au fil du temps partage une autre similitude avec la tout aussi célèbre future saga, en ce qu’il fût lui aussi au départ, un court-métrage réalisé entre potes, avec trois bouts de ficelles. Epaulé par Dave Allen et Jim Danforth (qui réaliseront plus tard des animations similaires pour le Flesh Gordon de Michael Benveniste) Denis Muren réalise un « petit film de vacances avec des amis » dont l’intrigue n’est pas très importante mais qui lui permettra de se faire un peu la main sur les effets spéciaux, lui qui pratique l’animation depuis tout gamin. Une fois le film remonté et distribué par Tonylyn Productions (nous y arrivons) il sera félicité par le maître Ray Harryhausen en personne pour sa maîtrise du stop-motion, et décrochera un job chez George Lucas dans la foulée. Et de ceci il n’en faut point douter, le travail de Muren légitimerait à lui seul le visionnage du film, c’est peu dire que dans un sens il réalise quasiment le fantasme de tout amateur des écrits de H.P Lovecraft avec la seule séquence de la cabane détruite par un démon tentaculaire, mais la participation de Jack Woods n’est pas à sous-estimer pour autant.

 

 

Tourné à la Bolofex, c-a-d pas plus de 30s en terme de prise de vue, ainsi que l’impératif d’un gros travail ultérieur de doublage, la complétion de The Equinoxe…A Journey into the Supenatural nécessita environ deux ans et demi de travail, avec une durée finale d’une heure, doté d’une intrigue fluctuante et un peu trop dialoguée, pour finir sur un coin d’étagère. Ce n’est qu’aux alentours de 1970 que Muren décide de s’en servir comme démo/carte de visite pour attirer l’attention du producteur Jack Harris (The Blob ; Dark Star) qui se révèlera effectivement particulièrement intéressé et confiera au monteur Jack Woods la tâche de rendre le tout un peu plus lisible, dont celui-ci s’acquittera avec brio. La version définitive rebaptisée simplement Equinox aura requise, elle, le tournage de nouvelles scènes ainsi que de nombreuses corrections sonores, tandis que Woods s’octroie le rôle du démon Asmodeus pour re-clarifier l’intrigue (ce qui, de l’avis général des personnes concernées à l’époque, s’avère une amélioration absolument définitive) mais se garde absolument de toucher aux effets spéciaux.

 

Ici les avis divergent encore – il n’y a qu’à regarder les reviews sur Rotten Tomatoes – car bien que le film aie depuis écopé de sa petite édition Criterion, d’aucuns le considèrent toujours au mieux comme une sorte de curiosité. Pour ma part c’est un peu différent, dans le sens où j’ai plutôt eu l’impression d’avoir en face de moi le Saint-Graal. Equinox fait penser à ces faux posters que l’on peut trouver sur le Net (et que j’affectionne tout particulièrement) qui semblent échappés d’une autre ligne temporelle que la nôtre (une fausse affiche du Scanners de Cronenberg, réalisé cette fois par John Frankenheimer et starring Frank Sinatra, ou encore Blade Runner mais avec Humphrey Bogart dans le rôle principal) qui pourrait effectivement constituer une version « rétro » imaginaire de Evil Dead, si ce n’est que donc vous l’avez compris, il s’agit bel et bien ici d’une réalité. Au-delà des performances de Muren, le film fascine par la variété avec laquelle il décline son intrigue. Certaines figures imposées (monstre géant, effet rotatif lumineux pour les apparitions, barrière invisible avec sa piste monochrome une fois passé du côté d’un univers alternatif)  témoignent peut-être de leur époque (le produit idéal pour une projection en drive-in) mais sont toutefois proposées avec une maîtrise  et une générosité certaine. Surtout, une fois qu’on les met un peu toutes bout à bout, on ne peut pas s’empêcher d’avoir l’impression d’être tout simplement confronté à un concentré absolu de modernité… Quasiment une Bible des thématiques abordées par les perles du registre horrifique contemporain que nous vénérons tous : Evil Dead encore une fois, cela va sans dire, mais peut-être bien même également Twin Peaks, avec par exemple l’épisode des doubles maléfiques apparaissant à la place des héros, piégés eux aussi par un séjour destructeur dans une dimension parallèle.

 

Aussi n’hésitez surtout pas à vérifier si, comme nous le dit non sans une certaine fierté le trailer (« Le film qui commence là où Rosemary’ baby s’arrête » !) car de mon humble opinion de nonobstant, the chips is strong with this one

 

 

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Le samedi soir il mange des chips. Pas de catch, pas de foot; si tu veux tu peux venir!