Critique: Chasseurs de Trolls

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Trollhunters

Créée par Guillermo Del Toro

Avec les voix d’Anton Yelchin, Charlie Saxton, Kelsey Grammer, Jonathan Hyde et… Ron Perlman évidemment.

Etats-Unis – 2016 – 26 épisodes

Rating: ★★★★☆
 

Jimmy Dulac, adolescent ordinaire, est choisi par une amulette magique pour devenir le nouveau « chasseur de trolls ». Pour la première fois, c’est donc à un humain qu’est confiée cette noble tache, à savoir protéger le monde souterrain des trolls (il ne chasse que les méchants)…

Après y avoir décliné la plupart de ses films en séries animées, Dreamworks animation est de retour sur Netflix avec une production originale cette fois-ci et c’est Guillermo Del Toro qui s’y colle. Originellement pensé comme une série live, le réalisateur mexicain et son collaborateur Daniel Kraus prennent vite conscience des évidentes contraintes budgétaires d’un tel projet et décident de publier leur histoire sous le titre Trollhunters. Le roman attire l’attention de Dreamworks qui envisage d’abord d’en faire un long-métrage mais saute cette étape pour passer directement à la série animée. Déjà producteur pour le studio sur Les Cinq légendes, Le Chat potté et les suites de Kung Fu Panda, ce format permet à Del Toro de laisser court à son imagination généreuse tout au long des 26 épisodes (ou 2×13) qui composent cette première saison.

L’ensemble fleure donc bon le Del Toro et les références à ses films (souvent référentiels eux-même) sont nombreuses : le marché des Trolls et sa fameuse entrée sous le pont déjà présents dans Hellboy 2, les motifs gravés dans la peau des créatures qui renvoient au design de ce cher Anung Un Rama, l’amulette tout droit sortie de Cronos, le personnage de Vendal et ses cornes qui évoquent le Faune du Labyrinthe de Pan… Aussi, il retrouve aussi quelques habitués au casting vocal, de l’inévitable Ron Perlman à Jonathan Hyde en passant par Tom Hiddleston qui participe au pilote. Mais c’est bien Anton Yelchin, qui prête sa voix à Jimmy, qui retiendra tragiquement l’attention puisque ce doublage est l’une de ses dernières performances.

 

Si Chasseurs de Trolls est donc du Del Toro pur jus, le thème de l’adolescence contemporaine, inédit dans sa filmographie, lui permet de lorgner vers l’âge d’or du genre, et notamment le cinéma de John Hughes. Le personnage de Strickler s’impose ainsi comme un cousin maléfique du tyrannique principal Vernon de Breakfast Club. Alors qu’il fait face, comme le héros d’un certain E.T., à la séparation de ses parents, Jimmy Dulac doit jongler entre sa vie d’ado déjà bien chargée (les cours, les filles…), le rôle d’homme de la maison et son nouveau statut de héros légendaire. Les créateurs de la série s’en donnent à coeur joie pour mêler ces différentes aspects de sa vie et ainsi le plonger, et nous avec, dans les aventures les plus trépidantes, présentant sans cesse plus de créatures fantastiques, de sorts débiles et de quêtes héroïques.

 

 

Malgré le nombre d’épisodes, ils parviennent très bien à éviter l’aspect répétitif redouté dans ce type de productions tout en garantissant une animation d’assez haut niveau. Contrairement à une série comme Dragons, elle n’a certes pas à subir la comparaison avec le niveau ciné mais vraiment, Chasseurs de Trolls a de la gueule ! Outre son rythme impeccable, la série peut également compter sur une galerie de personnages très attachants. Jimmy peut en effet compter sur toute sa petite famille : le rondouillard Toby, un side-kick qui vole souvent la vedette au héros, la jolie Claire, qui dépasse vite son simple statut de « love interest », le troll Blinky, mentor et père de substitution, Argh, un gros nounours dont le pacifisme cache un passé plus sombre, et j’en passe… S’il a souvent été reproché à Del Toro la simplicité du traitement des protagonistes de ses derniers films, force est de constater qu’ils ne sont pas ici dénué de complexité tout en restant toujours à portée de son jeune public.

Si elle risque évidemment de déplaire à certains spectateurs de plus de quinze ans, notamment ceux qui ne jure que par la sacro-sainte « originalité scénaristique », Chasseurs de Trolls est pourtant une vraie réussite, à la hauteur de ses ambitions et mixant habillement une recette certes familière mais qui fait encore des merveilles. Je ne saurais que recommander la série à tous les kids en quête d’un bon petit programme à mater pendant le déjeuner et/ou le goûter. Le généreux tonton Guillermo a pensé à vous et on espère bien qu’il nous gâtera à nouveau pour une deuxième saison.

 

 
 
 

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