Critique: Split

VN:F [1.9.22_1171]
Notez ce film
Rating: 0.0/5 (0 votes cast)

Split

De M. Night Shyamalan.

Avec James McAvoy, Anya Taylor-Joy, Betty Buckley

Etats-Unis – 2016 – 1h57

Rating: ★★★★☆

SPLIT

 

Alors qu’elles quittent une fête d’anniversaire, trois jeunes filles sont kidnappées et se réveillent dans une cellule (forcément) bien glauque. Si un tel enlèvement est généralement l’oeuvre d’un gros psycho, elles découvrent vite que leur ravisseur est particulièrement atteint et souffre d’un trouble identitaire carabiné.

Deux ans après The Visit, Shyamalan retrouve Jason Blum et sa Blumhouse pour réinvestir un autre sous-genre de l’horreur. Le found-footage fait donc place au film de séquestration pour un traitement à nouveau un peu poussif mais qu’importe, là n’est vraiment pas l’intérêt. Le cœur de Split, c’est évidemment son psycho-killer, directement inspiré du célèbre cas de Billy Mulligan, que l’on devrait prochainement découvrir sous les traits de Leonardo Di Caprio dans The Crowded room. Kevin Wendell Crumb, atteint de trouble dissociatif de l’identité, est donc ici doté de 23 personnalités qui peuplent son cerveau, prenant à tour de rôle « la lumière ». Initialement attribué à Joaquin Phoenix (sûrement un peu trop onéreux pour Blumhouse), c’est finalement James McAvoy qui se glisse dans la peau de ce personnage multiple. De l’artiste précieux au maniaque psychorigide en passant par la femme distinguée ou encore le petit garçon de 9 ans (non, on ne croisera pas dans le film toutes les personnalités…), l’acteur anglais passe d’un personnage à l’autre avec un plaisir communicatif, jouant avec les tics d’expressions et la posture de ses personnalités bien distinctes pour une performance assez remarquable et souvent très inquiétante.
 

 

Face à McAvoy, on retrouve Anya Taylor-Joy, l’héroïne de The Witch passée de blonde à brune, qui confirme tout le bien qu’on pouvait penser d’elle. Elle tient ici le rôle de la « final girl » Casey, visiblement une freaks dans son lycée qui doit puiser dans son lourd passé (flashbacks à l’appui) pour se sortir de ce pétrin. Le spectateur peut également compter sur la présence de la psychologue de Kevin pour mieux saisir ce singulier boogeyman. En effet, si les méthodes de ce dernier paraissent parfois floues, sa motivation semble bien d’accueillir une 24ème personnalité : The Beast, une ultime dissociation à même de révéler le potentiel incroyable de son étonnante pathologie. Shyamalan explore donc à nouveau les frontières du fantastique qu’il n’hésite pas à franchir pour un dernier acte plus grand guignolesque même si on regrette que l’ami Manoj ne soit pas un peu plus laché sur le gore.

Alors que sa carrière avait pris une tournure chaotique, Shyamalan, après The Visit, confirme un retour, par la petite porte certes, mais un retour néanmoins gagnant. Sans renouer avec l’excellence d’un Sixième sens, aujourd’hui mésestimé et trop souvent réduit à son inoubliable twist, ou d’un Incassable, en revanche considéré à juste titre comme l’un des meilleurs films de super-héros de l’Histoire, Shyamalan prouve ici qu’il reste, malgré ses errances hollywoodiennes, un cinéaste digne d’intérêt, n’hésitant pas à pousser le genre dans ses retranchements pour mieux le décortiquer. Split est donc une bonne petite pélloche horrifique très imparfaite mais relativement efficace… Jusqu’à un (inévitable) twist final qui, s’il ne bouleverse pas du tout le reste du métrage, en révèle néanmoins tout le potentiel tout en récoltant d’ores et déjà les fruits d’une promesse de cinéma des plus réjouissantes… Et là, ça devient tout de suite plus intéressant…

 
 

Partager cet article
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • email

About HollyShit

C’est un endroit extraordinaire dont le nom s’affiche fièrement à front de colline (le « O » est à Alice Cooper et le « Y » à Hugh Hefner !) : cité des anges où tout le monde a un sexe, Mecque où les juifs sont bienvenus, usine à rêve désormais spécialisée dans le recyclage … Les étoiles tapissent ses trottoirs à défaut de pouvoir percer les nuages de pollution. Sous son soleil paradisiaque, la neige y tombe pourtant toute l’année, importée directement de Colombie. Là-bas, les nourrissons tètent du lait au silicone et les mexicains rêvent d’avoir des guatémaltèques pour récurer leurs toilettes. Ce pays sera ici représenté par un émissaire qui n’y a jamais foutu un pied et qui signe « Clém’ » à la pointe du stylet de sa palette graphique.