Récap’ séries TV 2016 – Part 7: End Of The Story

 

 

 

Retrouvez les premières parties du grand récap’ séries TV 2016 ici.

 

 

Salem  saison 3 – 10 épisodes

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Un peu comme John Logan, le showrunner de Penny Dreadful, Brannon Baga et Adam Simon nous jurent que Salem avait été conçue dès le départ pour 3 saisons et 3 saisons uniquement. Après tout la série n’a jamais prétendu être autre chose qu’un feuilleton « feuilletonnant », mais tout de même, la voir se prendre les pieds dans ses propres ficelles dramaturgiques – jusqu’à en oublier ses propres thématiques – laisse un sentiment final de gâchis absolu.

En plus d’un petit rôle tout à fait délectable accordé à Marilyn Manson, nous pouvions nous réjouir de voir tous nos héros finir par se retrouver (John Alden, Mary Sibley, Cotton Mather et Isaac) et être en mesure d’unir leurs forces dans l’espoir de débarrasser la ville du péril maléfique qui la menace (l’hégémonie du Diable hein, ni plus ni moins) le tout servi par la grâce de réalisateurs aussi prestigieux que Joe Dante, Peter Weller ou encore Jennifer Lynch. Avec des scènes telles que la dépossession de pouvoirs de Mary Sibley, le sacrifice de la niche de sorcières, une ou deux résurrections par-ci par-là ainsi que quelques visions de l’enfer glanées par Cotton Mather, cette dernière saison affichait une volonté manifeste d’au moins rester à la hauteur des qualités visuelles qui ont peut-être contribués à son succès.

 

 

Quelques sommets donc, malheureusement ombragés par d’autres moments eux nettement plus embarrassants : certaines prestations (celle du jeune Oliver Bell dans le rôle de la Sale Majesté, pas toujours très écrite et l’obligeant donc trop souvent à jouer l’adulte qui croise les mains dans le dos) ainsi que l’évacuation d’intéressants personnages secondaires qui se retrouvent littéralement jetés à la poubelle (Hawthorne et Mercy) certains aussi vite qu’ils sont apparus (les deux « orphelines » -pour pas spoiler). Beaucoup de raccourcis dans l’évolution des personnages, l’escalade de certaines situations, dans l’urgence de tout boucler hein évidemment, tout ça pour en arriver à ce que la série se termine à ce qui ressemble, comble du comble, à un cliffhanger de milieu de saison.

Nous avons tout de même bien droit à quelques tirades assez réussies ici et là, mais on a tout de même un peu de peine concernant le sous-texte principal – la colonne vertébrale thématique du show (la condition féminine) – véritablement sacrifié en route au profit du jeté de péripéties hebdomadaire. A l’image d’un sleeper-hit comme The VVitch pour le grand écran, cette série bénéficiant qui plus est d’un budget assez confortable aurait pu atteindre une toute autre envergure si elle avait disposée de disons, au moins deux saisons supplémentaires. Et là nous aurions peut-être été en face d’un objet télévisuel aussi pertinent que beau à regarder. En l’état, il faudra se contenter de la deuxième option.

 

 

Scream Queens  saison 2 – 10 épisodes

…et donc continuons un petit peu dans la déception, puisque ici nous n’aurons même pas droit à une troisième saison, et une fois n’étant pas coutume, peut-être même bien par excès de densité. La dernière création de Ryan Murphy, Brad Falchuk et Ian Brennan s’avère sans le moindre doute l’un des plus beaux hommages rendu à la culture slasher, chapeauté qui plus est par une icône du genre (Jamie Lee Curtis) absolument en pleine forme, mais selon les rumeurs ce qui aurait soit-disant dérouté les audiences serait que les showrunners ne se contentent pas d’honorer (pardon d’avance pour le terme) le « folklore » du registre qu’ils abordent, ils en revitalisent également la substance, qui elle, a toujours été foncièrement subversive – et par ce terme, nous n’entendons pas quelques tirades vaguement rageuses sur l’état du monde d’aujourd’hui comme nous avons pu en apercevoir vaguement dans par exemple l’autre série-tv labellée slasher, Scream, le revamp de la saga culte de Wes Craven par MTV Television. On se gargarise un peu trop (enfin je crois) avec l’emploi de certains termes, je ne sais pas si vous avez remarqué, on nous sort du « gros viscéral » un peu à toutes les sauces (et surtout, sans jamais être foutu d’expliquer vraiment en quoi) Murphy et consort nous envoient, eux, du « viscéral » un peu plus serré, du truc un peu plus volté que la norme syndicale habituelle, qui tape là où ça fait mal en osant prendre comme angle thématique quelque chose dont même les médias contemporains n’arrivent même pas à s’emparer complètement – le comportement des élites – et se retrouvent au final, avec pas grand-monde pour les soutenir derrière. Vous avez certainement dû lire au moins une fois cette phrase « les politiques nous pissent dessus et les médias nous disent qu’il pleut » ? Et bien Scream Queens se fait une gageure de dissiper ce malentendu, mais pour une certaine frange de la profession, alors qu’une série tv avait rarement atteinte une telle liberté de ton depuis quelques temps maintenant, cette démarche relèverait du « cynisme facile ».

 

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Relevant plus ou moins d’une structure narrative finalement pas si différente de l’autre création du trio scénaristique infernal, American Horror Story, Scream Queens substitue cependant aux différents archétypes d’un registre un éventail d’éléments propres à chacun des contextes qu’elle aura pris pour cible, laissant surtout au commentaire social (ou plus généralement à la satire) le soin d’occuper tout le devant de la scène. Un peu étrangement donc, parce que ces choses-là n’arrivent pas dans la vraie vie et n’ont de fait bien sûr aucun impact sur la configuration de nos sociétés, le point de départ de chaque intrigue s’avère être toujours une quête vengeresse initiée avant tout par la négligence quelconque d’une élite dérangée dans ses « loisirs », dont le commun des mortels fera donc toujours les frais, en bon élément dispensable qu’il a toujours été bien qu’il aie du mal à se l’avouer complètement à lui-même (d’où son côté un peu rancunier probablement). L’occasion cependant pour les showrunners de passer au crible les vestiaires des institutions (qui donc ne le méritent pas) et de faire un sort aux grandes valeurs humanitaires derrière lesquelles elles ont un peu tendance à dissimuler aussi bien leur linge sale que les cadavres dans les placards. La 1ere saison se déroulait ainsi dans le cadre des fraternités universitaires, la seconde en milieu hospitalier et la 3e, si la série avait été renouvelée, aurait dû prendre place dans les coulisses de la télévision – avec en plus la promesse d’une digression survival exotique probablement en mode télé-réalité bien déjantée par l’intermédiaire des pétulants personnages interprétés par Lea Michele (la formidable « Hannibal Hester ») et John Stamos, quelque chose auquel on peut bien regretter en effet de ne pas avoir eu droit.

 

 

Concrètement toujours, cette saison-ci se révèle tout à fait à la hauteur de la précédente, et ce sur à peu près tous les points, parvenant à se ré-inventer constamment par le biais de quelques très beaux hommages par-ci par-là, ainsi que des tonnes de rebondissements toujours plus foutraques et jubilatoires les uns que les autres, sauvagement incrustés à leur thématique avec la hargne sans appel d’un chiwawa. Et malgré la présence d’un casting de personnages secondaires au diapason, d’une qualité d’écriture et de réalisation toujours aussi renversante, l’attraction principale du show demeure une fois encore la verve caustique et savamment déhanchée de nos trois anti-héroïnes, les horribles Chanels (éternelles perpétratrices des pires complots carriéristes, éternelles victimes pourchassées, éternelles survivantes inlassablement épargnées) où l’on ne peut que s’agenouiller devant les performances de Billie Lourd et Abigail Breslin, soutenant magnifiquement celle d’Emma Roberts, impératrice de la combustion spontanée, en vrai un appareillage de guerre à elle toute seule. Un projet en forme de gros rendez-vous manqué avec le public donc, qui à défaut de ne pas avoir été reconnu à sa juste valeur aura malgré tout pris le temps de nous faire rêver (sublime, sublime 4e épisode) à ce que donnerait une adaptation-live des Schtroumpfs abordée sous le prisme de nos trois showrunners de l’enfer. Comme quoi ils n’ont peut-être pas tout à fait dit leur dernier mot…

Nonobstant2000

 

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